L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Un orpailleur meurt dans un éboulement au site aurifère de Kyon

Site aurifère de Kyon

Un orpailleur meurt dans un éboulement

 

Un éboulement s’est produit le jeudi 31 janvier 2008 au site aurifère de Kyon, localité située à plus de 30 km de Koudougou. Un orpailleur de 26 ans y a perdu la vie.

 

Un éboulement s’est produit le jeudi 31 janvier 2008 au site aurifère de Kyon, localité située à plus de 30 km de Koudougou. Un orpailleur de 26 ans y a perdu la vie.

Les orpailleurs du site aurifère de Kyon dans la province du Sanguié ont vécu des nuits cauchemardesques ces derniers jours. En effet, un des orpailleurs a été englouti par la terre dans la matinée du jeudi 31 janvier 2008 suite à un éboulement. A notre arrivée sur les lieux le vendredi 1er février aux environs de 16 heures, les sapeurs-pompiers s'affairaient pour dégager le corps enseveli sous les décombres. Selon le chef du centre de la 3e compagnie des sapeurs-pompiers de Koudougou, l’adjudant-chef Moussa Kaboré que nous avons trouvé sur les lieux, c’est aux environs de 8 heures 20 mn que la 3e compagnie a été alertée qu’un éboulement s’est produit dans l’un des sites aurifères de Kyon.

L’informateur aurait dit que plus de 5 personnes étaient restées sous les décombres. Mais les renseignements pris sur place à notre arrivée ont permis de savoir qu’il s’agissait plutôt de 3 personnes dont deux avaient réussi à se dégager, a t-il dit. Ces dernières qui seraient venues de Ouaga auraient aussitôt quitté les lieux sans doute à cause de la peur. Les sapeurs-pompiers ont donc entamé les recherches pour retrouver l’unique victime, la moins chanceuse. De l’avis de l’adjudant-chef Kaboré, la victime a été localisée et les éléments de la 3e compagnie de Koudougou, appuyés par la population de Kyon, la gendarmerie de Réo, et de Koudougou, œuvrent inlassablement pour faire sortir le corps du gouffre. Le commandant Doumadji Karambiri de la BNSP venu de Ouaga pour superviser l’opération, a fait savoir qu’une partie du corps de la victime était déjà visible grâce à un travail de fourmi. Vu le courage et la détermination des 13 sapeurs-pompiers mobilisés à cet effet, il espère que l’opération sera un succès.

 

Risques d'éboulement permanents


Selon le directeur des opérations, il n’y a pas de signe de vie au niveau des membres qu’ils ont découverts à savoir le bras et l'épaule. C’est dire que ces orpailleurs ne verront plus leur camarade dont le commandant s’est gardé de donner le nom étant donné que le corps n’a pas encore été examiné. Il a par ailleurs demandé aux orpailleurs d’écouter les conseils des autorités et d’observer un minimum de règles de sécurité pendant le travail car, a-t-il dit, les risques d’éboulement sont permanents parce qu’il n’y a pas de mesures de sécurité. Tout en remerciant la presse pour son déplacement sur les lieux, le directeur des opérations a invité les journalistes à aider les autorités à sensibiliser ces orpailleurs afin d’éviter de tels drames. Selon le témoignage de Dassotouma Bationo, l’un des orpailleurs, c’est aux environs de 8 h que le drame s’est produit. L’ensemble des exploitants du site se seraient mobilisés pour secourir leurs camarades. Mais ne sachant pas où le trouver exactement, ils dégageaient les trous par-ci par-là jusqu’aux environs de 18 h sans succès. C’est ainsi qu’ils ont donc décidé le lendemain d’alerter les sapeurs-pompiers qui se sont rendus aussitôt sur les lieux. Pour le sieur Bationo, les mesures de sécurité sont des cales qu’ils placent à l’intérieur des trous pour éviter les éboulements. Selon certains, cet éboulement serait consécutive à une cale qui a cédé. Bien que l’on puisse lire la peur sur les visages, M. Bationo affirme n’avoir pas peur de reprendre son activité. Selon Larba Sandiwidi, un des vétérans des sites d’or, ce sont au total 3 trous qui ont été débouchés le 1er jour de l’accident dans l’espoir de retrouver le disparu. Ce dernier dit avoir vu de drames pareils qui ont coûté la vie à une quinzaine de personnes. La cale n’est pas fiable comme moyen de sécurité, dit-il, car la moindre secousse peut la faire tomber. Pour M. Larba, l’activité n’est pas si rentable mais il s'y adonne par manque d’emploi. Le maire de la commune rurale de Kyon, Joseph B. Bationo, a déploré cette situation dramatique. Il fallait prendre certaines mesures préliminaires, dit-il, pour éviter un tel drame. Selon l’édile, les trous sont plus ou moins rapprochés, ce qui ne garantit pas de bonnes mesures de sécurité. Il a invité l’ensemble des exploitants du site à observer des mesures de prudence. Déboussolé, Jean Romain Bationo, affirme que la victime est son neveu du nom de Franck Bationo âgé d’environ 26 ans. L’espoir de trouver son neveu vivant n’est plus permis pour ce dernier car, dit-il, on ne peut pas survivre sous des décombres de ce genre durant tout ce temps. Le seul vœu qu’il a formulé, c’est de trouver le corps de son neveu et l’enterrer comme il se doit.

Le commandant de la brigade territoriale de la gendarmerie de Réo l’adjudant-chef-major G. Joachim Koumbem, a déploré ce triste accident. Il a aussi déploré le fait qu’ils n’ont pas été saisis à temps car c’est le 2e jour qu’ils ont été informés l'éboulement. Ce qui, a t-il dit, traduit le manque de collaboration. C'est dans ce sens qu’il faut saluer l’initiative du gouvernement pour la création de la police de proximité dont les hommes doivent, a-t-il dit, se départir des mauvais préjugés sur les hommes de sécurité qui sont au service de tout le monde. Il a par ailleurs invité la population à collaborer étroitement avec les forces de sécurité car il y va de l’intérêt de tous. En dehors de ce triste événement, un autre fait a attiré notre attention. Il s’agit de l’état de santé des orpailleurs. La plupart d’entre eux toussaient à plusieurs reprises. Ce qui signifie que cette activité détériore la santé des populations. Au moment où nous quittions le site aux environs de 18 h, les sapeurs-pompiers oeuvraient à faire sortir le corps du jeune Franck. Aux dernières nouvelles, le corps de la victime a été dégagé sans vie aux environs de minuit.

 

Dabadi ZOUMBARA

Le Pays du 4 février 2008

 

Encadré

Chapeau aux forces de sécurité

 

Mention spéciale aux forces de sécurité. Certaines photos ont pu être prises grâce à leur soutien. Un des sapeurs n’a pas hésité à descendre dans le trou pour réaliser des photos. Le reporter a été également escorté pour lui permettre de traverser la zone dangereuse. Car point n'est besoin de souligner que ce lieu représente un terrain d’insécurité.



04/02/2008
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