L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Une Lettre pour Laye

Une Lettre pour Laye

En attendant Ban Ki-Moon

Cher Wambi,

Peut-être l’as-tu déjà appris, le Pays des hommes intègres s’apprête à accueillir, au début de la semaine à venir, un hôte de marque. En tout cas, le Burkina Faso est devenu si incontournable dans la sous-région ouest-africaine, pour bien des raisons, que cette visite n’étonnera personne. Facilitation et médiation du premier des Burkinabè dans les sorties de crises en Côte d’Ivoire, au Togo et j’en oublie. De telles prouesses ne militent-elles pas en faveur d’une visite officielle du Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU) ?

Sauf changement de dernière minute, cher cousin, Ban Ki-Moon, puisque c’est de lui qu’il s’agit, foulera le sol burkinabè le mardi 22 avril pour une visite de 48 heures en compagnie de son épouse. Dans son agenda officiel, on peut noter, entre autres, des audiences dès son arrivée avec le président du Faso, le Premier ministre et le président de l’Assemblée nationale dans la soirée.

Le lendemain, mercredi 23 avril, Ban Ki-Moon rencontrera, à l’hôtel Sofitel Ouaga 2000, l’équipe des responsables pays des Nations unies au Burkina Faso avant des échanges à bâtons rompus avec le personnel de ladite institution au siège même de la représentation. Quant à son épouse, cher Wambi, il est prévu qu’elle soit reçue en audience par la première dame, Chantal Compaoré, et qu’elle aille dire bonjour à nos braves femmes du Centre de formation féminine et artisanale de Gounghin.

Si je te parle si longuement du séjour de Ban Ki-Moon au Faso, c’est qu’ils sont rares, les secrétaires généraux de l’ONU qui y ont effectué une visite officielle. Le premier à le faire est certainement l’Autrichien Kurt Waldheim en février 1974 ; suivi du Péruvien Javier Pérez de Cuellar au début des années 80.

D’autres, comme l’Egyptien Boutros-Boutros Ghali et le Ghanéen Kofi Annan, sont aussi venus au Faso mais uniquement pour des sommets ou des conférences. En tous les cas, cher cousin, la visite du Sud-Coréen Ban Ki-Moon au Faso est à suivre avec un grand intérêt, car tu n’ignores pas la place qu’occupe aujourd’hui notre Burkina au Conseil de sécurité des Nations unies.

Cher Wambi, c’est une tradition maintenant établie depuis une vingtaine d’années au Pays des hommes intègres : le grand sachem n’oublie jamais les siens. Autant il te congédie sans ménagement, autant il te propulse dans le cercle réservé de ses courtisans et de ses bien-aimés au moment où l’on s’y attend le moins.

Comme qui dirait, ils sont en tout cas nombreux qui, au détour d’un remaniement ou d’un réaménagement ministériel, demeurent en réserve pour la République. En attendant, cher cousin, le dernier Conseil des ministres, tenu le mercredi 16 avril, est venu confirmer ce qui se susurrait déjà et ce que je disais tantôt.

Ainsi donc Moumouni Fabré a été nommé ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Burkina Faso auprès de la République d’Afrique du Sud ; Monique Ilboudo, elle, est nommée ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Burkina Faso auprès du Royaume du Danemark ;

Hippolyte Ouédraogo, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Burkina Faso auprès de la République du Sénégal ; Enfin, Prosper Vokouma, lui, est nommé ambassadeur auprès de la Confédération helvétique, représentant permanent auprès de l’Office des Nations unies et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à Genève. Bien d’autres nominations pourraient survenir d’un jour à l’autre, cher cousin, telle celle de Luc Adolphe Tiao au 159, Boulevard Haussman à Paris, qui n’est plus un secret pour personne.

Pour être une première dans l’histoire de la Loterie nationale burkinabè (LONAB), c’en est vraiment une, cher cousin. Tu te souviens encore de la nomination, en Conseil des ministres, d’Adama Pagnan Kaboré à la tête de la nationale de la chance il y a une dizaine d’années ?

Après sa riche épopée, lui aussi fut contraint de céder son fauteuil sur décision du même Conseil des ministres. Ça fait déjà des années, cher Wambi, mais c’est un épisode qui reste d’actualité. Car il me revient qu’Adama Pagnan Kaboré, toujours offusqué de sa mise à l’écart, aurait intenté un procès en justice contre la LONAB pour licenciement abusif et réclamerait la rondelette somme de 180 millions de nos francs.

Ayant perdu en première instance, il aurait évidemment fait appel. Une affaire dont j’ai hâte de connaître l’issue, car, ainsi que nous l’ont enseigné nos aînés, cher cousin, à force de remuer les immondices, on finit par réveiller les scorpions. En attendant donc, la fortune en fin de course, les lots aux heureux gagnants et les bénéfices à la Nation entière.

Pour n’avoir pas été du gala du 40e anniversaire de la carrière musicale de Georges Ouédraogo, le Gandaogo national, tu es en droit de te morfondre, cher cousin. Peut-être devrais-tu attendre que Tandaogo vous réserve votre part du plaisir à Laye les jours à venir ! A 62 ans bien sonnés, Georges, qui donne envie de vieillir, a prouvé samedi dernier, au SIAO, qu’il avait plusieurs cordes à son arc, et surtout beaucoup de ressources.

Aïcha Koné, Bailly Spinto, Daouda Koné, descendus tous de la Côte d’Ivoire, et Amy Koïta, débarquée du Mali, pour soutenir l’enfant terrible de Goby ont tout simplement prouvé que sa voix tonne et s’impose toujours au-delà de nos frontières. Peuvent en témoigner, cher Wambi, tant d’or et tant de diamant à lui offerts en reconnaissance pour la voie qu’il a su tracer pour la valorisation de la culture africaine à travers la musique.

Il n’est pas jusqu’à Laurent Gbagbo qui n’ait pas mis la main à la poche. Georges Ouédraogo a en effet reçu du président ivoirien une enveloppe de 2 millions F CFA. A ce qu’on dit, ce sont de vieux potes qui se connaissent depuis l’épopée du Bozambo.

N’empêche, c’est un défi que les autorités burkinabè n’ont pas tardé à relever, en gratifiant le Gandaogo de la médaille d’officier et de la coquette somme de 3 millions de F CFA. Ne dit-on pas que quand la chèvre mord l’étranger, c’est au chien qu’elle a mis la honte ? Sur tous, en tout cas, Georges ne tarit point d’éloges et promet encore davantage. Car il semble encore bien loin, le temps de la retraite.

Tipoko l’Intrigante, dont je t’ouvre à présent le carnet secret, n’en dirait pas le contraire :

 Les refondateurs, un mot devenu coutumier tant dans les milieux politiques que dans la société civile. Un regroupement d’hommes et de mouvements associatifs dont le credo est la refondation, cette notion qui voudrait que les uns et les autres acceptent de faire une lecture profonde de soi et des autres afin d’amorcer une démarche constructive durable pour la société.

C’est dans cette perspective que des rencontres sont menées, depuis quelques mois, par des "pionniers". Au nombre de celles-ci : des audiences auprès des représentations diplomatiques au Burkina, des anciens chefs d’Etat de notre pays, à savoir Leurs Excellences Saye Zerbo et Jean-Baptiste Ouédraogo (le 17 avril 2008 avec ce dernier), des personnes-ressources et des communautés religieuses, dont le cheick Doukouré et la Fédération des missions évangéliques. Le tout dernier adhérent à ce mouvement, nous apprend-on, c’est la Ligue citoyenne des bâtisseurs du Dr Jean-Marie Sanou.

 Le président du Conseil économique et social (CES), Thomas Sanou, aurait piqué une crise au cours d’une mission en Belgique. Si ses jours ne sont pas comptés, puisqu’en repos actuellement en France, il semble par contre qu’un de ses fils aurait, lui, trouvé la mort, toujours en Belgique, dans des circonstances non encore élucidées. Peut-être en saurons-nous davantage dans les jours à venir !

 Ambiance et affluence garanties ce week-end dans la cité de Yorgo, à quelques encablûres du "Pays des cailloux blancs", entendez Koupéla. C’est, en effet, ces samedi 19 et dimanche 20 avril 2008 qu’auront lieu dans ladite localité les funérailles chrétiennes de feu Polycarpe Naré, ancien administrateur des services fiscaux, figure tutélaire parmi d’autres de l’intelligentsia koupélienne, décédé le 28 septembre 2006.

Premier directeur autochtone des domaines, il a occupé avant et après ce poste d’autres responsabilités tant dans le public que dans le privé. Mais ce que peu savent, c’est qu’il a aussi tâté du journalisme en tant que rédacteur en chef du journal "Volta Presse l’Incorruptible" du Dr Joseph Conombo à la fin des années 50. Les cérémonies du souvenir débutent samedi à 20h 00 par une veillée à l’église Saint-Jean de Yorgo.

 Ambiance d’une autre gamme ce week-end aux portes de la capitale. Le traditionnel pèlerinage de Balkoui, à la faveur du "basga" de Naaba Sonré, a lieu ce dimanche, 20 avril 2008. Rendez-vous à 16h en sa résidence donc pour les hostilités.

Tipoko l’Intrigante n’apprend rien d’elle-même, elle n’invente jamais rien. Tipoko l’Intrigante est un non-être. Elle n’est ni bonne en elle-même, ni mauvaise en elle-même. Elle fonctionne par intuition, car "l’intuition c’est la faculté qu’a une femme d’être sûre d’une chose sans en avoir la certitude..."

Ainsi va la vie.

Au revoir.

Ton cousin

Passek Taalé

L’Observateur Paalga 18 avril 2008



18/04/2008
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