L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Une pagaille qui n'honore pas les organisateurs

Concours directs de la Fonction publique

Une pagaille qui n'honore pas les "organisateurs"

 

Dans notre édition du mardi 07 août 2007, sous le titre "Concours directs de la Fonction publique : un bordel inacceptable", nous faisions cas de la mauvaise organisation desdits concours qui ont débuté le lundi 06 août, et ce, jusqu'au 15 de ce mois.

Arrêt sur un cafouillage qui n'honore pas les organisateurs.

 

Lire aussi l'intervieuw du SG du ministère de la Fonction publique

 

 

 Lundi 6 août 2007, il est 6h30 quand C.S. quitte son "gloglo" de "Katr yaar", à la périphérie est de Ouagadougou. En temps normal, avec la pluie qui menaçait, il aurait joué les prolongations au lit par une grasse matinée, mais il lui fallait s'extirper très vite des profondeurs de la ville avant que la "flotte" ne le cloue dans son bantoustan.

Il devait prendre part à un des concours directs de la Fonction publique, précisément celui du cycle B de l'Ecole nationale  des régies financières (ENAREF). Comme lui, ils sont quelque 300 000 candidats sur l'ensemble du territoire à s'arracher les 8 500 places mises en jeu cette année dans les secteurs de la santé, de l'éducation, des régies financières, etc.

Il est 7 heures quand, ânonnant sur sa P50 sans âge, C.S. arrive au lycée Philippe-Zinda-Kaboré où il doit composer. Telle une fourmilière besogneuse, la cour grouille de monde.

Une ambiance pour le moins inhabituelle en cette période de vacances scolaires.

Pour ces élèves d'un autre genre, commence une dure journée de labeur d'autant plus éprouvante que, telle un moteur diesel, la machine des concours tarde à démarrer.

Les organisateurs courent dans tous les sens. Certains postulants apprennent qu'ils doivent aller composer dans un autre centre. Il faut encore traverser la ville.

A 9 heures, les épreuves n'ont pas encore commencé. 10 h ...., 11 h ...., 12 heures, toujours rien. La lassitude gagne les rangs, la déconcentration aussi, un peu à l'image d'un joueur à qui son entraîneur demande de  revenir sur le banc après qu'il se soit échauffé. La colère commence à gronder.

C'est finalement à 14 heures que les candidats du jury n°1 du Zinda  sont entrés en salle pour subir la première épreuve du concours de l'ENAREF cycle B. Pour des épreuves qui devaient commencer aux environs de 7 h,  pourquoi un tel retard ?

Au secrétariat de ce jury, son président accepte volontiers dans un premier temps d'en donner les raisons, mais suite aux menaces verbales de son supérieur, il s'est tout de suite rétracté. Approché à son tour, ce dernier,  qui n'est rien d'autre que le coordonnateur, a refusé de nous fournir des explications, nous conseillant plutôt d'aller voir le ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l'Etat pour de plus amples informations (1).

Vu ce manque de collaboration et de considération à notre égard, il était donc impossible de recueillir des informations officielles sur le retard consécutif au déroulement des épreuves. A l'école Paspanga,  même son de cloche. Le coordonnateur avait déjà donné des instructions fermes aux membres du jury. C'est motus et bouche cousue.

 

Chemin de croix

 

Du côté des candidats, les langues se sont naturellement déliées sans difficulté même si certains ont préféré s'exprimer sous le couvert de l'anonymat. M.T. explique : "Normalement, je devais composer au Zinda II. Arrivé ce matin, on nous a dit que les salles étaient  utilisées pour les concours du Brevet de techniciens supérieurs (BTS). Et c'est sur place qu'il y a eu d'autres répartitions. Certains sont allés composer aux lycées Bangr-Nooma et d'autres aux écoles Paspanga A et B". La gorge étranglée par la colère, Malgo Lazare nous conte son odyssée : "je suis allé au Zinda, on m'a dit d'aller à Bangré-Nooma. De là-bas on m'a renvoyé jusqu'à Paspanga et c'est vers 10h30 mn que l'appel a été fait. Pour la composition, il nous ont fait attendre jusqu'à 14 h".

Certains postulants ont vraiment effectué un parcours du combattant pour retrouver leurs salles de composition ce lundi matin. Tenez-vous bien, certains avaient été programmés au départ, au lycée Philippe-Zinda-Kaboré. Ils s'y sont rendus et ont trouvé sur place les candidats au BTS. Du Zinda, ils sont partis pour l'Ecole nationale de l'administration et de la magistrature (ENAM) où se déroulait déjà le concours de l'Ecole nationale des élèves du primaire (ENEP). Ils seront finalement déversés à l'Université de Ouagadougou pour y subir les épreuves de niveau et le test psychotechnique, comme ce fut le cas de C.S. qui se souviendra longtemps  de cette journée du lundi 6 août 2007.

Les huit longues heures d'attente ont visiblement marqué les candidats vu l'expression de leur visage. Dans ce "bordel inacceptable" comme l'a titré l'Observateur Paalga dans sa livraison d'hier, "certains, très découragés, sont rentrés chez eux", nous a confié une candidate ; "c'est un problème qui va beaucoup pénaliser les candidats", a renchéri une autre. Le plus déplorable dans cette situation, c'est le manque de communication entre organisateurs et candidats. Ces derniers poireautaient sans savoir exactement ce qui se passait.

En plus du problème des salles et du déplacement de certains jurys, il s'est aussi posé celui de l'insuffisance des surveillants. Au lycée Philippe-Zinda-Kaboré, trois surveillants manquaient à l'appel.

Mais le problème a été résolu, car, le retard aidant, les organisateurs ont eu tout le temps de leur trouver des remplaçants. Ce même phénomène a été observé au lycée Vénégré et au mixte de Gounghin.

Le manque de surveillants est récurrent depuis quelques années lors des concours de la Fonction publique. Un surveillant gagnerait en moyenne 2 000 FCFA par épreuve administrée ; une somme bien sûr dérisoire pour des hommes et des femmes qui doivent se lever très tôt le matin et passer toute la matinée dans des salles de classes. Qui pis est,  ces braves gens poursuivent leurs sous à la fin du concours parfois pendant plus d'un trimestre, et on le leur verse à dose homéopathique. Pendant ce temps, certains organisateurs s'en sortent avec un pactole. Ce traitement "injuste" pourrait expliquer le manque d'engouement des gens à surveiller les concours.

 

La galère continue

 

Mais alors que beaucoup de gens pensaient qu'après le cafouillage du premier jour, les choses s'arrangeraient, hier mardi 7 août au  2e jour, c'était toujours la galère pour les candidats au lycée Nelson Mandela. Présents depuis 6h30, ils attendaient toujours le début des épreuves. Las d'attendre dans les salles, ils étaient assis dehors sous des arbres par petits groupes, les uns révisant tranquillement, les autres devisant pour passer le temps.

Un d'entre eux déclare : "Nous sommes là depuis 07h et l'appel est déjà fait. On attend toujours et on ne sait pas ce qui se passe, ils ne nous ont rien dit".

C'est vers 11h30 que les candidats ont regagné les salles de classes dans l'espoir de décrocher l'entrée au cycle "C" de l'ENAREF. On peut dire qu'ils étaient plus chanceux que leurs camarades d'hier qui ont passé des heures interminables à attendre les épreuves.

Ces problèmes d'organisation qu'ont connu les jurys des centres de Ouagadougou sont d'autant plus regrettables qu'ils touchent l'ensemble des centres du Burkina, les épreuves devant se dérouler le même jour et à la même heure. Et ce sont des situations fâcheuses qui pourraient être à l'origine de multiples fraudes dont le Burkina est habitué depuis quelque temps.

Mais quelles que soient les raisons de ce désordre, il n'honore pas les "organisateurs", et depuis le temps que cette pagaille dure, il faut bien se décider à nettoyer cette ruche bourdonnante de l'organisation où beaucoup font leur miel au grand dam des candidats. Ainsi que nous l'écrivions dans notre précédente édition, on ne peut pas prétendre lutter contre le chômage des jeunes et s'amuser ainsi avec l'avenir des gens.

 

Simplice Hien

Lazare Sanou

(Stagiaires)

L'Observateur Paalga du 8 août 2007



08/08/2007
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