L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Vingt ans après : "Le laisser-aller comme principe de gouvernance"

Vingt ans après

"Le laisser-aller comme principe de gouvernance"

 

Ce 15 octobre 2007 se présente au pays des hommes intègres sous deux angles de vision assez distants. En effet, certains célèbrent à l'occasion le 20e anniversaire de l'accession au pouvoir du président Blaise Compaoré dont la longévité au pouvoir jamais égalée est marquée du sceau de l'ouverture à la gouvernance démocratique.

Dans le même temps, d'autres commémorent le 20e anniversaire de la disparition brutale, douloureuse et tragique de celui qui, au fil des années, apparaît comme un visionnaire, un mal compris de son époque. Il s'agit de Feu le Président Thomas Sankara dont la vision politique est, depuis quelques années, revendiquée par des partis politiques dénommés «partis sankaristes». Pour un pays qui a du mal à sortir du sous-développement, que peuvent espérer les hommes intègres du panorama politique que cette date du 15 octobre met sous les feux de projecteurs ? Notre propos n'a aucunement la prétention de passer pour une leçon, mais se veut une analyse objective de la vie sociopolitique nationale dans la mesure où nous sommes tous et toutes parties prenantes. Vingt années au pouvoir est un record de longévité au pouvoir au pays des hommes intègres. Mais que pouvons-nous retenir de notre mémoire de jeune de ces vingt ans de pouvoir. D'abord, il faut reconnaître qu'après le putsch du 15 octobre 1987, l'incertitude était totale quant à la marche politique qui succédera à la période révolutionnaire. Les balbutiements politiques sous le couvert de la rectification ont vite fait place à l'ouverture démocratique à la faveur de la chute du mur de Berlin au début de la décennie 90. Dès lors, les institutions de la République démocratique sont mises en place et les échéances électorales ont connu leur cours sans discontinuer, même si l'alternance au pouvoir est restée une vaine expression.

 

Chômage : mode d'emploi

 

Si, sur le plan politique tout semble aller malgré les vagues de contestations à l'occasion de chaque échéance électorale, c'est loin d'être le cas sur le plan socioéconomique. Avec le laisser-aller comme principe de gouvernance sous cette ère de gouvernance démocratique, la vie au Faso est chaque jour et au fil des années devenue très chère. Le chômage est devenu un mode d'emploi car la majeure partie des diplômés s'y retrouvent. L'existentiel est devenu le nerf de la guerre au "Pays des hommes intègres" et tous les moyens sont bons pour surmonter cela. Conséquence, l'incivisme gagne du terrain, l'éthique bat de l'aile puisque de nos jours la formule qui régit la vie sociopolitique est «pas de règle». La preuve, on se demande même qu'elle est l'utilité de certaines institutions de la République. L'Assemblée nationale passe pour être une institution qui absorbe des fonds importants à travers la rémunération des parlementaires ; et la justice, quant à elle, s'apparente à l'injustice surtout que l'impunité semble tolérée. En effet, tandis que certains luttent pour l'existentiel, d'autres se la coulent douce alors que le salaire normal d'un fonctionnaire de dernier échelon (c'est-à-dire l'échelon le plus élevé) de ce pays ne peut lui permettre certaines habitudes. Le taux de nouveaux riches se fait de plus en plus croissant alors que le pays ne jouit d'aucune richesse naturelle dont pourrait se vanter ces derniers d'en être des propriétaires. Si en dépit de tout cela, certains y voient une raison de célébrer, quoi de plus normal quand on est au pays des célébrations. Dans ce pays on fête plus qu'on ne travaille. L'exemple patent à été la célébration de la journée internationale de la jeunesse du 12 août où la jeunesse a été assimilée au chômage à travers les gigaconcerts qui se sont déroulés aux premières heures d'un jour ouvrable (environ 23h 30 dimanche 12 jusqu'aux environs de 4h 30 du matin du lundi 13 août). Bref, tout n'a pas été négatif ces 20 ans durant et nous pensons qu'on peut toujours mieux faire. Pour cela, nous demandons plus de communication et d'informations sur les orientations politiques des partis politiques qui travaillent à la destinée de ce pays et de ces hommes. Les slogans tels que «le progrès continu pour une société d'espérance» sont beaux mais nous ignorons leur contenu et chaque jour qui passe nous motive à penser à prendre le chemin de l'exil. Pour ce qui est du mouvement des partis sankaristes, il faut certes le reconnaître, il a fait du chemin mais il n'a toujours pas apporté de réponses à bon nombre de questions d'importance. En effet, pour un mouvement dont les partis aspirent à présider à la destinée de ce pays et son peuple, il y a de quoi s'interroger.

 

L'idéal sankariste n'est référencé nulle part

 

A l'origine, les partis sankaristes sont apparus comme un cheveu dans la soupe mais la dernière élection présidentielle a démontré que certains de ces partis ont de la côte au sein de l'opinion nationale. Néanmoins, il est difficile de dire de nos jours ce qui les fonde précisément (idéologie, vision d'avenir, programme de société...). Presque tous les discours font référence à l'idéal sankariste et pas plus, alors que cet idéal n'est référencé nulle part pour que l'on puisse en prendre connaissance. Déjà, il y a un problème de surcroît qu'il faut que les sankaristes élucident. La communication au pays des hommes intègres passe pour un tabou dans l'ensemble et les partis politiques, particulièrement, traînent une tare qui est de penser que c'est l'opinion qui doit aller vers eux alors que c'est le contraire qui est recommandé. Il faut aller vers l'opinion et lui donner l'information juste afin que l'on puisse suivre et savoir à quelle sauce l'on sera mangé si toutefois l'on venait à prendre fait et cause pour un ou quelques partis sankaristes. Hormis cela, la multitude de partis sankaristes nous soutient dans notre préoccupation car cet état des faits pourrait signifier qu'au sein du mouvement sankariste l'on ne partage pas le même entendement de l'idéal sankariste. D'aucuns diront que ce nombre assez important de partis de ce mouvement est justifié car il témoigne de la richesse des philosophies qui le fondent. Si tel était le cas, on n'assisterait pas aux dissensions que connaît le mouvement et qui l'amène à aller en rang dispersé lors des échéances électorales. Une chose est de célébrer la disparition de celui dont on partage une vision de la société, une autre est d'en être digne et savoir de quoi on se réclame et nous espérons que, ce soit (les sympathisants du président actuel ou ceux des sankaristes), ce 20e anniversaire servira à un mea culpa car nous vivons dans une fragile stabilité que soutient une politique du laisser-aller qui peut nous réserver des jours plus pénibles que ceux des 20 et 21 décembre 2006. Notre ambition est de jouer un rôle de catalyseur pour impulser un nouvel élan politique pour une société d'avenir et pour cela nous invitons les jeunes à songer à une participation politique conséquente pour préserver notre pays des ventres mous des conflits qui se passent à travers le continent.

Bonne journée- anniversaire et bon mea culpa.

 

Pour le Club initiatives citoyennes (CIC)

Le Président

Zongo Issiaka

L’Observateur Paalga du 16 octobre 2007



16/10/2007
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