L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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16 milliards pour sauver le lac Bam à Kongoussi

Kongoussi

16 milliards pour sauver le lac Bam

 

Le lac Bam, on ne le dira jamais assez, est menacé de disparition sous l’effet conjugué de l’ensablement et de la dégradation continue de son environnement naturel. Après plusieurs années de recherche de solutions, enfin un plan de sauvetage, bâti au terme d’une étude amendée au cours d’un atelier de restitution le mardi 29 juillet 2008. L’espoir renaît. Reste maintenant la mobilisation des 16 milliards de francs CFA nécessaires à la mise en œuvre du projet.

 

«Il faut sauver le lac Bam». C’est sous titre évocateur que l’Observateur Paalga, dans son édition du jeudi 6 mars 2008, a publié un grand reportage sur le risque de disparition du plus grand réservoir naturel d’eau de notre pays. Un péril écologique, il faut le rappeler, dû à l’ensablement du fond et à la dégradation continue de l’environnement du lac conjugués.

A l’époque, aucun plan de sauvetage définitif de Wendkuni (don de Dieu en langue mooré), ainsi que l’on appelle affectivement le plan d’eau à Kongoussi, n’était à l’ordre du jour. Aujourd’hui, une embellie semble se profiler à l’horizon pour cette étendue d’eau de plus de 41 millions de m3.

En effet, au terme d’une étude, conduite par le cabinet CINTECH dans le cadre d’un projet de restauration, de protection et de valorisation du lac Bam, trois principales options ont été retenues pour sauver, c’est le cas de le dire, le lac  : un rehaussement de 30cm, en d’autres termes, une augmentation, dans la même proportion, de la digue ; la réalisation d’actions de protection de l’environnement immédiat du plan d’eau et  l’exécution d’activités de revalorisation, comme l’accroissement des productions végétale et animale, la construction d’hôtels et la conduite de travaux d'aménagements divers. Ecarté donc le curage, une option jugée onéreuse (100 milliards), complexe et risquée (probable dégradation des couches imperméables).

Soumise à l’amendement des participants audit atelier, venus aussi bien de Ouagadougou que de Kongoussi pour son éventuelle validation, l’étude suscite déjà optimisme et joie de toute une population : «Ah bon ! C’est une bonne nouvelle», s’est écrié Abdou Karim Sawadogo, ressortissant de la province du Bam à Ouaga, dès qu’il a appris les mesures de réhabilitation. «Quand on compare l’état actuel du lac ces dix dernières années  à ce qu’il était avant, on ne peut que se réjouir de cette initiative des autorités».

Sur les résultats escomptés du projet, le ministre de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques, Laurent Sedego, a inondé l’assistance de bonnes nouvelles : «Il est envisagé une plus grande valorisation du lac : l’amélioration et la préservation des potentialités ; la valorisation économique, sociale, environnementale et touristique du lac et des investissements qui permettront de sécuriser une population bénéficiaire de plus de 100 000 personnes, de promouvoir la pêche et l’agriculture, qui redonneront à ce lac son leadership international d’antan de producteur de haricot vert». 

Si le schéma de sauvetage est tracé, reste maintenant sa mise à exécution, qui requiert la bagatelle de 16 milliards de francs CFA. Et déjà, les regards ou, plutôt, les mains sont tendues vers les partenaires extérieurs. A entendre le directeur général du Génie rural, Ambroise Ouédraogo, tout pousse à l’optimisme : «Si l’étude est bien ficelée, on trouvera des partenaires pour le financement», a-t-il dit, positif.

 

Alain Saint Robespierre

L’Observateur Paalga du 31 juillet 2008



30/07/2008
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