29 condamnés, 124 relaxés (Procès des émeutiers de Bobo)
Procès des émeutiers de Bobo
29 condamnés, 124 relaxés
De huit heures trente à deux heures vingt-cinq du matin. C'est le temps qu'aura duré ce procès, qui a débuté dans un climat d'incertitude et de peur pour de nombreux prévenus, mais aussi pour des parents, amis et connaissances, venus les assister dans cette épreuve. Un soutien moral indispensable pour des accusés qui découvraient le palais de justice de Bobo-Dioulasso et qui, de surcroît, étaient appelés à comparaître devant le tribunal. Car en plus des gros poissons pêchés par les forces de l'ordre au cours de ces manifestations, il y avait de nombreux mineurs (14 à 17 ans), qui étaient pratiquement au bord des larmes devant les juges et qui n'avaient que pour seul souci la clémence du tribunal. Des 153 accusés de manifestation illicite sur la voie publique, certainss avaient encore à répondre de vol et de destruction de biens publics et privés. Et c'est par vagues successives que les prévenus feront leur comparution devant les jurés pour leur propre défense après avoir naturellement pris connaissance des motifs pour lesquels ils étaient poursuivis. Les débats étaient bien loin d'être passionnants vu que tous les prévenus avaient été déjà auditionnés après leur interpellation. Les rapports d'enquête établis à cet effet et mis à la disposition du procureur du Faso ont été déterminants au cours de ce procès, où bon nombre d'inculpés semblaient nier les faits à eux reprochés, avançant des versions différentes de celles données au cours de leur interrogatoire par la police et la gendarmerie. En effet, de nombreuses incohérences ont été relevées entre les procès-verbaux établis par les forces de l'ordre et les déclarations desdits prévenus devant le tribunal. Ce qui a souvent prolongé inutilement les débats au cours de l'audience, où certains accusés étaient visiblement à court d'arguments pour se disculper dans cette affaire. Ils ont été pour la plupart interpellés au niveau des stations-service, des boutiques ou de la mairie de Dô, qui étaient les cibles principales des manifestants. C'est par exemple le cas de Souhabo Amado, soudeur à Colma, qui a été pris en possession d'un engin volé à la mairie de Dô ce 20 février 2008. Il a écopé de la plus lourde peine, à savoir trois ans d'emprisonnement ferme. Si la grande majorité des prévenus ont été relaxés à l'issue de ce procès, faute de preuves suffisantes selon le tribunal, il n'en était pas de même pour Dao Soumaila, Samandoulougou Karim, Tuina Moussa ou encore Sanou Sibiri, Zango Aboubacar et bien d'autres encore. Ils ont été interpellés avec en leur possession divers objets volés comme des téléviseurs, des ordinateurs, des boules de savon, de la pâte alimentaire, des bouteilles de gaz, etc. Par conséquent, ils ont été reconnus coupables de vol à la faveur des manifestations et condamnés de ce fait à des peines d'emprisonnement allant de 24 mois ferme à six mois avec sursis. Il est à noter au nombre des relaxés, des élèves, de petits commerçants ambulants, des particuliers ou encore cette gérante de télécentre du nom de Ouédraogo Mariam, âgée de 15 ans et qui était la seule fille parmi les 153 personnes appelées à comparaître devant le tribunal.
Jonas Apollinaire Kaboré
L’Observateur Paalga du 3 mars 2008
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