L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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36 mois ferme pour Nana Tibo (Procès des casseurs de Ouaga )

Procès des casseurs de Ouaga

36 mois ferme pour Nana Tibo

36 mois ferme pour Nana Tibo ; 12 mois pour 44 autres prévenus ; 15 sursitaires et 109 relaxe. C’est le verdict rendu hier, 11 mars 2008, peu avant 11 heures, par la Chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouagadougou, qui a jugé le célèbre Nana Tibo et 168 autres prévenus, poursuivis pour manifestations illicites sur la voie publique et destruction de biens meubles ou immeubles, publics et privés lors des mouvements contre la vie chère dans la capitale burkinabè le 28 février dernier.

Ce procès aura duré près de 40 heures. Tout le monde, à commencer par les prévenus, était éreinté. La fatigue se lisait sur le visage des membres du tribunal, des agents des forces de l’ordre, des parents et autres badauds mais aussi des journalistes qui ont tenu à suivre de bout en bout ce procès marathon qui restera dans le livre local guiness des records à l’échelle du Tribunal de grande instance de Ouagadougou (TGI).

Las de suivre une audience interminable, épuisante, chacun, finalement, ne se posait plus que cette question : « quand est-ce que ça va finir ? ». Mais stoïque, chacun tenait à aller jusqu’au bout.

Débuté le vendredi 7 mars, ce long chemin de croix a enfin pris fin mardi en milieu de matinée. En effet, c’est exactement à 10h30 que le tribunal, présidée par la juge Fatimata Toé/Lori a fait son entrée dans la salle d’audience pour donner son verdict.

Un moment particulièrement grave et angoissant pour les prévenus et leurs familles. A ce stade, nul ne sait s’il élira domicile à la Maison d’arrêt et de correction (MACO) pour un temps ou si au contraire, par bonheur, il parviendrait à sauver sa tête en quittant la MACO. Suspense dans la salle. Le sort des uns et des autres était pourtant déjà scellé.

Pour donner le verdict, la présidente s’est servie de la formule usuelle consacrée : « le tribunal, statuant publiquement, contradictoirement en matière correctionnelle et en premier ressort… » Puis, elle a commencé à égrener les différentes peines infligées aux uns et aux autres.

Elle a d’abord annoncé les relaxes prononcées par le tribunal. Ainsi, nous avons appris que 17 prévenus en ont bénéficié pour l’excuse de minorité (il s’agit des enfants mineurs). La même mesure s’applique à 9 autres prévenus pour infractions non constituées. 83 autres ont été purement et simplement relaxés au bénéfice du doute.

Lorsque la traductrice a repris cette information en mooré pour les prévenus, ceux-ci ont commencé à applaudir. La présidente est vite intervenue pour remettre de l’ordre dans la salle. « Nous ne sommes pas à un meeting. Attendez d’être dehors pour manifester votre joie ».

Poursuivant la lecture du verdict, Fatimata Toé/Lori a annoncé que le tribunal a déclaré coupable pour les faits qui lui sont reprochés, Nana Tibo, celui-là que la justice considère comme l’instigateur de la violente manifestation. Il a écopé alors d’une peine de prison de 36 mois (3 ans) ferme. 44 autres prévenus ont été condamnés à 12 mois. Au niveau des peines de prison avec sursis, un prévenu a écopé de 24 mois, 7 autres de 12 et enfin 7 autres encore de 6 mois.

La partie civile (tous ceux qui ont subi des préjudices lors des casses) n’ayant pas donné l’état de leurs dommages, la présidente a déclaré que « le tribunal réserve les intérêts civils et met les dépens à la charge des prévenus condamnés ».

En clair, il faut comprendre qu’un autre jugement sera rendu plus tard pour prononcer les peines pécuniaires à infliger aux prévenus reconnus coupables dans le but de réparer (dédommager) les victimes des casses. Pour ce qui est des charges du procès qui vient de finir, elles seront payer par tous les condamnés à savoir tous ceux qui ont écopé d’une peine de prison ferme ou avec sursis.

Comme beaucoup le pensaient, la justice a eu la main lourde pour Nana Tibo. On imagine déjà qu’il va sûrement interjeter appel. Les autres condamnés peuvent également faire appel.

Il faut rappeler que sur le théâtre des casses du 28 février, la police avait appréhendé 183 manifestants. Par la suite, elle a arrêté Nana Tibo, portant le nombre des interpellés à 184. Avant le procès, une quinzaine de prévenus, notamment les scolaires, ont été élargis. C’est la raison pour laquelle 169 prévenus ont été présentés à la barre de la Chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouagadougou.

San Evariste Barro

L'Observateur Paalga du 12 mars 2008



12/03/2008
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