L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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"Etre dans un parti, ce n'est pas être dans une cellule"

Marc Yao, vice-président du CDP

"Etre dans un parti, ce n'est pas être dans une cellule"

Pendant que les observateurs étaient rivés sur la naissance du FEDAP/BC perçue comme l'arête fatale que la famille présidentielle a logé dans la gorge du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP, parti au pouvoir), voici qu'une brèche s'ouvre à nouveau au sein du parti au pouvoir. Est-ce une manigance de plus destinée à lui donner le coup de grâce ? Beaucoup le pensent. En provoquant le débat sur la question du fonctionnement du parti, les ex-CNPPistes ont mis la direction du parti dans l'embarras. Dans leur ligne de mire, même s'ils ne le disent pas ouvertement, il y a le président du parti, Roch Marc Christian Kaboré et Salif Diallo, le responsable à l'orientation politique. Ce sont, à leurs yeux, les artisans de l'élimination de l'aile cnppiste du CDP. La querelle est donc ouverte. Mais le CDP pourra-t-il supporter un débat de fond à un moment où le grand sachem, Blaise Compaoré lui-même travaille à s'en débarrasser ? Roch Kaboré a, pour l'heure, adressé une réponse administrative aux plaignants, en attendant le grand débat s'il a lieu. Avec Marc Oubkiri Yao, 2è vice-président du parti et signataire du pamphlet, nous avons essayé d'obtenir un éclairage sur les griefs qui sont faits à la direction du CDP.

Pourquoi avoir adressé une lettre au Président du parti alors que vous siégez côte à côte au niveau des instances décisionnelles, ne serait-ce que pendant les assises ? Comment en êtes-vous arrivés là ?

Nous siégeons effectivement au niveau des instances dirigeantes, particulièrement le bureau exécutif national. Mais tous les signataires ne sont pas à ce niveau. Certains sont membres du bureau politique et pas membres du bureau exécutif. Ensuite, tous les signataires ne sont pas membres de l'ancienne CNPP-PSD. Vous avez l'exemple d'Emile Kaboré et de bien d'autres. On dit que les paroles s'envolent, les écrits restent. Nous voulions vraiment marquer notre position sur la situation de notre parti mais de manière significative. Nous avons tenu à attirer réellement l'attention du président sur une situation qui risquait de porter préjudice à l'unité de notre parti.

Il y'a un problème parce que le document est sorti dans un contexte de crise à propos de la vie chère d'une part et d'autre part, on note des signes d'effritement de la position du parti sur le plan national. Le moment était-il opportun pour ouvrir une telle brèche ?

Non, ce n'est pas une brèche mais un débat. Quand on est en période de crise, ce qui est nécessaire, c'est justement le débat franc et ouvert. Si malgré le fait que nous soyons frustrés, nous nous taisons, alors qu'il y a effectivement crise, c'est comme si nous étions indifférents. Telle n'est pas notre position. Nous sommes membres du parti, nous sommes même membres des instances dirigeantes du parti. Ce combat engagé pour trouver des solutions aux problèmes fondamentaux que la nation rencontre actuellement, dont le problème de la vie chère, nous interpelle. Cela n'a rien à voir avec le fonctionnement du parti. La lettre concerne le fonctionnement interne du parti. C'est vrai que c'est une coïncidence assez surprenante parce que cela tombe avec la mise en place de la FEDAP-BC. Aurions- nous donc l'intention d'affaiblir le parti ? Non. Nous avons bien souligné que nous sommes membres du parti jusqu'à demain. Et avant les élections, j'ai eu à appeler les militants à voter toujours CDP. Vous voyez que s'il n'y avait pas eu en quelque sorte une fuite pour que l'écrit se retrouve dans la presse, ce serait considéré comme une situation tout à fait normal au sein d'un parti.

Vous avez parlé de crise. Justement, venons-en au fond de la question. Vous parlez "d'abandon du dialogue au profit d'une dérive autoritaire et sectaire". Que voulez- vous dire exactement ? Quels sont les éléments qui vous poussent à tenir de tels propos ?

Nous avons pris l'exemple de l'établissement des listes des candidats aux élections législatives. Est-ce que cela a été sérieusement débattu ? On se retrouve et lorsque nous faisons la projection, on ne retrouve pas un seul militant de l'ancienne CNPP qui soit au gouvernement. Cela ne cause pas tellement de problème parce que c'est surtout l'affaire du Président et du Premier ministre. Mais pour l'établissement des listes électorales, tous les anciens de la CNPP ont été marginalisés. Le premier sur la liste nationale, c'est moi-même en 7è position. Alors que dans la hiérarchie du parti, je suis 3è. Et en plus, je suis le responsable de la plus grande région du Burkina, la Boucle du Mouhoun dont je suis le commissaire politique régional. Et c'est pour cela que je demande si j'ai démérité quelque part. Autant que je me souvienne, on n'apprécie un responsable politique que sur la base de ses résultats sur le terrain. Les derniers résultats que nous avons sont ceux des municipales de 2006. Il y avait 47 communes en jeu au niveau de la boucle du Mouhoun et le CDP en a remporté 44. Pour les élections législatives qui ont suivi, j'avais prédit que nous aurions eu au moins 8 sièges sur les 11 en jeu. C'est ce qui s'est réalisé. Qu'est-ce qui justifie alors le fait que je me retrouve en 7è position, que Pierre Tapsoba soit classé à la 9è place et que Boly Moussa se retrouve suppléant ? Dans la constitution du CDP, les composantes essentielles c'était l'ODP-MT et la CNPP. Comment se fait-il alors qu'on aboutisse à une telle marginalisation ? Voici un exemple de sectarisme. On constate qu'on se retrouve entre copains pour régler la question des positionnements sur les listes électorales.

Vous évoquez également la peur, le manque de courage des militants dans l'expression de leurs idées. Vous dites notamment qu'à force de se voir imposer les décisions, ils ont renoncé maintenant au débat. Pensez-vous que c'est cette situation qui a entraîné la léthargie au sein du parti ?

Oui. Lorsqu'il n'y a pas de débat démocratique dans une organisation, celle-ci perd forcement son dynamisme parce que les militants qui se retrouvent dans un tel parti où il n'y a ni débat ni dialogue démocratique ont tendance à se taire et à laisser les dirigeants assumer leurs décisions. Ce fut le cas lors d'une réunion du bureau politique où il n'y a eu aucune intervention de militant. En son temps, ce débat aurait pris des heures.

Pourquoi n'avez-vous pas saisi l'organe de contrôle ? Vous aviez cependant des instruments à cet effet.

L'organe de contrôle n'est pas fonctionnel.

Mais qui pouvait le faire fonctionner ?

C'est le président du parti.

L'avez-vous saisi ?

Oui. Les questions ont été soulevées. Mais elles sont restées sans réponse.

Nous vous reproduisons une phrase en raison de sa similitude avec un débat dont certains disaient qu'il avait été inspiré par Salif Diallo. Vous dites notamment : "la non -reconnaissance du mérite militant à force de faire la promotion par copinage de gens inconnus comme militants au détriment de ceux qui se battent au quotidien sur le terrain politique…" Vous vous inscrivez dans cette mouvance-là ou bien vous tenez à vous en démarquer ?

La fraction de Salif Diallo avait moins à se plaindre que nous parce que Salif Diallo était quand même un grand ministre d'Etat. En ce qui me concerne, je ne vois pas d'ancien militant de la CNPP qui occupe un poste de responsabilité aujourd'hui. Cela, que ce soit au niveau du gouvernement, des institutions, au niveau même de l'Assemblée Nationale puisque cela a été une sorte de situation humiliante que nous avons dû refuser. C'est dire que nous nous retrouvons dans un cas de figure où l'une des principales composantes du parti au pouvoir se retrouve complètement éliminée. Bien qu'étant commissaire politique régional, je me suis vu moi-même imposer des listes de gens que je ne connaissais même pas comme militants du parti. Mais on m'a fait savoir qu'ils ont été sélectionnés par une commission et sur la base des notations reçues par la province. Comment un commissaire politique régional peut voir bien placé sur une liste de candidature un militant dont il ignorait d'ailleurs l'appartenance au parti ? Il y a eu de nombreux cas de ce genre. Et c'est cela le problème. Comment vous pouvez responsabiliser les gens par région et au moment de constituer les listes, vous ne demandez pas leurs avis ?

On a du mal à le comprendre d'autant plus que vous êtes le numéro 3. Comment fonctionne ce parti où le numéro 3 n'est pas associé aux décisions importantes ?

C'est ce que nous voulons justement comprendre. C'est pour cette raison que je demande qu'on me dise si j'ai démérité quelque part. Je suis un être humain et cela peut bien arriver. Au cas où j'aurais démérité, je ferai tout pour remériter la confiance placée en moi. Faute d'une telle clarification, j'ai l'impression que la démarche actuelle vise à éliminer des gens auxquels on s'est peut-être associés à son corps défendant.

On pourrait aussi penser que cela relève d'une volonté de rajeunissement ou de renouvellement au sein du parti.

Il n'y a absolument aucun problème. Si de manière tout à fait normale, entre camarades, on venait me faire cas du désir de rajeunissement, je ne m'y opposerais pas. Mais encore faudrait-il commencer à responsabiliser des plus jeunes qui feraient leurs preuves. Ce dont nous parlons s'est passé en 2007 pour la préparation des législatives. Le congrès du parti venait de se tenir en 2006. En me mettant vice- président du parti ou commissaire politique régional, on ne connaissait pas mon âge ? J'aurais mieux compris si on m'avait dit, qu'il serait préférable, compte tenu de mon âge et de la dimension de la région, qu'on mette quelqu'un d'autre à ma place. Même au niveau du bureau exécutif, je n'ai appris mon positionnement que dans la salle du congrès.

Regrettez-vous aujourd'hui la fusion après tout ce que vous subissez comme déboires ?

Non. Je ne regrette pas parce que nous ne sommes pas tellement intéressés par les questions de positionnement. Seulement, nous trouvons que le mode de fonctionnement actuel risque de conduire notre parti dans l'impasse. Nous préférons donc tirer sur la sonnette d'alarme. Sinon, depuis cette fusion, notre pays jouit d'une stabilité politique assez remarquable et avance quand même, quoiqu'on dise. L'une des raisons qui m'ont également motivées à accepter cette fusion s'explique par le fait qu'étant diplomate et politologue, j'ai fait le constat que le président, quoique nous disions, avait une certaine envergure qui ne peut vraiment être visible que s'il jouit de la stabilité à l'intérieur du pays. Donc en fusionnant, nous lui assurerons cette stabilité qui lui permettrait de déployer ses talents politiques. Et lorsque vous êtes un parti politique et que vous voulez en combattre un autre, c'est généralement sur la base des options politico-idéologiques. J'ai fait cinq ans comme ambassadeur en Union Soviétique et je sais ce que c'est que le communisme. Lorsque je viens chez moi pour trouver que ce sont de petits groupes communistes qui tentent d'occuper l'espace politique, je suis obligé de réagir si je peux. Nous avons donc constitué, dès que l'ouverture politique a eu lieu, le CDP en disant que c'était un parti social-démocrate. Et en face de nous, il y avait des partis qui se réclamaient du marxisme-léninisme. Le fait d'avoir réussi à créer ce parti avec d'autres formations d'obédience marxiste-léniniste, et d'en faire un parti social-démocrate, nous pensons que c'est-là notre principale victoire. A l'époque, on traitait la social-démocratie d'option politique réformiste, réactionnaire, etc. Ce n'était donc pas évident. C'est donc cette conviction que notre pays aurait un rayonnement particulier, si on lui assurait la stabilité et la perspective de voir triompher notre option idéologique qui nous ont motivé à accepter la fusion.

Dans votre document, vous avez évoqué de façon allusive les émeutes de la vie chère et le départ de Salif Diallo du gouvernement. Quelle est votre analyse sur ces deux évènements ?

Marc Yao en tant que diplomate vous dira que la vie chère est un phénomène mondial. Maintenant au niveau de chaque pays, il faut rechercher des solutions. Au Burkina Faso, 80% de la population est du monde rural. Normalement, une augmentation des prix de leurs productions devrait être un bienfait pour nous puisque cela va avantager 80% de la population. Malheureusement, on se rend compte que ce supplément de prix ne va pas dans la poche du paysan mais d'intermédiaires. C'est là où nous disons que le gouvernement a un rôle à jouer pour trouver une solution afin que même si la vie chère devrait profiter à des gens, que ce soit aux paysans. Maintenant, il faut qu'on prenne des mesures comme la détaxation sur certains produits. Mais ce sont des mesures à court terme. A long terme, c'est vraiment de donner un coup de pouce décisif aux producteurs. C'est prouvé que nous avons d'énormes potentialités. C'est parce que notre agriculture est toujours une agriculture pluviale qu'il y a des difficultés. Si nous pouvons investir dans les retenues d'eau et encadrer les paysans de telle sorte à avoir au moins deux récoltes par an, on ferait des progrès. Aujourd'hui, nous sommes dans un monde libéral où c'est l'offre et la demande qui déterminent tout. Dans ce cas là, nous devons absolument augmenter l'offre si nous voulons une diminution des prix. Le problème aussi, c'est que la plupart des zones productives sont enclavées. Dédougou est par exemple le seul chef-lieu de région qui n'est pas lié à Ouagadougou par une voix bitumée. Toute la zone du Sourou qui produit jusqu'au blé n'a pas de route bitumée.

Le départ de Salif Diallo a donné lieu à de nombreux commentaires. Comment Marc Yao réagit-il par rapport à cette question ?

Personnellement, je n'en ai pas une réaction spéciale. Pour moi, un homme n'est pas fait pour être ministre à vie. Le remaniement du gouvernement relève de la compétence du Président et du Premier ministre. En tant que militant du parti au pouvoir et considérant que Salif Diallo en est le numéro 2, j'aurai préféré que son départ intervienne dans un remaniement plus général. Au lieu que cela se limite à sa seule personne. Car lorsque vous limitez un acte à une seule personne, cela ressemble plutôt à une sanction. Et c'est ça qui est déplorable.

C'est une sanction ou cela y ressemble ?

Je n'en sais rien. Cela relève du Premier ministre et du Président du Faso. Mais seulement, ce que je constate, c'est que chacun lui a rendu hommage. Cela veut donc dire qu'il n'a pas démérité personnellement. Mais cela peut aussi dire que sa présence au sein du gouvernement pose d'autres problèmes qui ne sont pas liés à ses capacités personnelles.

Quelle analyse faites-vous de la célébration des 20 ans de la "renaissance démocratique avec Blaise Compaoré " au regard de la polémique qui l'a entourée. Apparemment là aussi, le parti semble avoir été marginalisé par rapport à un évènement aussi important.

Le 15 Octobre 1987 a effectivement marqué un tournant. On peut en avoir une interprétation personnelle. Pendant que certains, dont les membres de notre parti, parlaient de renaissance démocratique, d'autres le contestaient. Cela peut effectivement se discuter. Le parti a décidé majoritairement que la renaissance démocratique, c'était en 1987. Mais je pense personnellement, en tant qu'individu, que ce n'est pas exact. Il y a un grain qui avait été semé en 1987. Personne ne savait ce qui en sortirait parce qu'à l'époque, c'était pour rectifier ou approfondir la révolution… A partir de 1987, je suis resté licencié jusqu'en 1992. Il n'y avait donc pas les bases d'une renaissance démocratique. A l'époque, il y avait même une branche qui est aujourd'hui au CDP qui refusait absolument la démocratie multi partite. On nous a même reproché d'opter pour une telle orientation politique puisque on nous disait que le multipartisme était une option réactionnaire, source de désunion du peuple. Donc, ce n'était pas évident en 1987, que nous avions pris le chemin de la démocratisation. Mais on se rend compte aussi que sans le 15 Octobre, on n'aurait peut-être pas pu aboutir au système démocratique. Les deux positions se défendent.

Apparemment, cet évènement n'a pas été préparé par le parti puisqu'il ne figurait pas sur son agenda ?

L'organisation de la manifestation a été faite au niveau du parti. C'est le camarade Jean-Léonard Compaoré qui est chargé de l'organisation des grands évènements au sein du CDP qui s'en est chargé.

Mais 20 ans de renaissance, cela ne se décide pas dans l'année.

Là je suis d'accord avec vous. C'est pour cela que je dis qu'il faut plus de débats démocratiques au sein du parti.

La création de la FEDAP-BC est un évènement important dans la mesure où ses initiateurs veulent soutenir les actions de Blaise Compaoré. Apparemment, cela s'est fait en tenant le parti à distance. Comment vous réagissez face à cette situation ?

Cela ne m'a pas fait réagir spécialement parce que les organisateurs ont dit que leur fédération est apolitique.

Mais ce sont des militants du CDP

Disons des militants de base. Mais vous ne trouverez pas des dirigeants du CDP là-bas.

Mais une organisation de masse qui est mise en place par les membres d'un parti en tenant ce parti à distance pose tout de même un problème.

Vous pouvez y trouver des gens qui ne sont pas CDP.

Mais quand on parle d'un groupe comme cela, ce sont les initiateurs. Ceux qui viennent après, c'est autre chose. Il se trouve ici que les initiateurs sont tous du CDP.

C'est peut-être pour permettre que le soutien dépasse le cadre du CDP. Vous avez par exemple le cas de l'ADF/RDA qui soutient le Président sans être d'accord avec le CDP. De même au plan individuel, vous pouvez avoir des gens qui soutiennent le président mais qui ne veulent militer ni au CDP ni à l'ADF/RDA.

On a l'impression qu'au CDP, ce qui vous unit, ce ne sont pas les idées mais un homme : Blaise Compaoré.

Je vous ai dit tout à l'heure que l'envergure de Blaise Compaoré nous a motivé pour la fusion. Je dois le reconnaître honnêtement. Il joue effectivement un rôle important dans cette vision. Cela est normal. En politique, si vous voulez avoir une structure unie, il est mieux d'avoir non seulement une idéologie commune mais aussi un leader que vous estimez être celui qu'il vous faut pour vous guider. C'est ce qui se passe actuellement. Mais je dois dire qu'en ce qui nous concerne, nous avions conditionné la fusion à une seule condition : que le parti qui doit en sortir soit social-démocrate. Si ce n'était pas le cas, nous n'avions rien à faire ensemble. Maintenant dans son fonctionnement, chaque parti rencontre des difficultés. Chacun a sa conception. C'est là où il faut une discussion démocratique à l'intérieur. Nous voulons donc que le CDP respecte les règles de la social-démocratie et qu'il ne revienne pas à la manière dont certains partis communistes qui composaient l'ODP/MT fonctionnaient.

Avec la sortie de votre document, peut-on dire qu'on assiste-là à la naissance d'un courant ? Jusqu'où êtes-vous prêt à aller ?

Nous l'avons dit dans notre déclaration. Ce sera notre ligne de conduite pour le combat à l'intérieur du parti. Pas pour faire éclater le parti. Donc nous sommes prêts à mener le débat démocratique.

Et si le débat n'est pas possible. Si malgré tout, les choses ne bougeaient pas fondamentalement. Qu'envisageriez-vous ?

Si elles ne changent pas, si on veut fouler aux pieds tous les principes d'un parti réellement démocrate, alors au sein de notre groupe, chacun avisera. Etre dans un parti, ce n'est pas être dans une cellule. Lorsque vous avez des convictions politiques, il faut les accompagner de courage politique pour défendre vos positions jusqu'au bout. Sinon notre option, c'est de rester une tendance au sein du CDP. Il n' y a pas de parti sans tendance. Nous déplorons le fait qu'au Burkina, il y ait automatiquement création de parti chaque fois que des tendances n'arrivent pas à concilier leurs positions. Si nous voyons vraiment qu'il n'y a pas de place pour nous au CDP, nous aviserons. Nous sommes en démocratie. Chacun peut aller militer là où il estime que ses conceptions politico-idéologiques peuvent s'épanouir n

Interview réalisée par

Germain B. Nama et Arsène Flavien Bationo

L’Evénement du 10 mai 2008



19/05/2008
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