L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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"95% des Burkinabè ne mangent pas à leur faim"

LETTRE OUVERTE A BLAISE COMPAORE

"95% des Burkinabè ne mangent pas à leur faim"

 

La question de la vie chère est sous les feux de l'actualité, et chacun y va de ses remèdes pour diminuer la galère des consommateurs. Ce "citoyen modèle" apporte, ici, sa contribution, à travers une lettre ouverte au président du Faso Blaise Compaoré.

 

"Depuis un certain temps, la vie chère bat son plein au Pays des hommes dits intègres. En effet, le régime de la 4e République ne fait rien pour soulager la douleur du peuple (...).

La vie chère est l'une des conséquences de la mauvaise gouvernance dans notre pays, dite de démocratie et de libéralisme sauvage.

Quand l'Etat démissionne, il ne contrôle plus rien si ce n'est que l'enrichissement illicite. L'argent qui a servi le régime pour la célébration des 20 ans de pouvoir et dite de renaissance démocratique, aurait pu désamorcer cette bombe de la vie chère au Faso. Si on prévoyait ainsi les causes et les conséquences de la mauvaise pluviométrie et la mauvaise récolte qui s'en sont suivis, nous n'en serions plus là à pourchasser des casseurs affamés.

L'argent gaspillé pour la célébration des 20 ans pouvait servir à éviter ces images terribles de guerre sans merci qui nous parviennent de Bobo, Banfora, Ouahigouya...

Monsieur le Président, gouverner, c'est aussi prévoir, alors je vous demande d'écouter la voix du peuple qui est vraie, et non celle de ces gens qui rôdent autour de vous 24h sur 24.

Pour organiser de grandes manifestations, le pouvoir de la 4e République trouve de l'argent, comme s'il disposait d'une usine de fabrique de billets de banque. Quand il s'agit d'une situation comme la vie chère et autres, rien du tout. C'est partout dans le monde, alors que le Burkinabè moyen vit avec un dollar ou moins dans sa poche.

Monsieur le Président, la vie chère va casser des foyers, car le mari qui avait l'habitude de laisser comme argent de "nasongo" 500 F, est obligé de rectifier le tir.

Le Burkinabè dans sa nature veut des dirigeants qui se préoccupent aussi de sa vie, le peuple veut se loger, se soigner, manger à sa faim, travailler et, enfin, contribuer au développement de ce pays qui ne cesse de se localiser au plus bas du tableau mondial.

N'oubliez pas que quand les autres organisent la bamboula dans l'impunité totale, le peuple a faim.

Le peuple ne vous demande pas des repas de luxe, mais des repas acceptables.

Suite à tout ce que nous vivons depuis un certain temps, j'aimerais vous dire mon inquiétude face à cette situation. 95% des Burkinabè ne mangent pas à leur faim, et certains se nourrissent même dans les poubelles de certains dignitaires de votre régime ; cela n'est pas normal, M. le Président.

Quand les uns mangent et que les autres regardent, c'est ainsi que naissent les révolutions.

Le président Thomas Sankara, dans l'un de ses discours populaires, disait ceci au peuple : "Les Burkinabè doivent bien manger des œufs, de la viande, du poisson, fruits et autres." Enfin, il ajoute que "le Burkinabè qui mange mal sera puni" (rire)

Aujourd'hui, le "manger bien" des Burkinabè n'est plus une préoccupation de la 4e République qui ne cesse de rendre la vie déjà dure au peuple honnête et courageux.

Dieu pourvoira toujours pour son peuple qui le craint, parce qu'il pourvoit même pour les oiseaux du ciel, à plus forte raison, nous qui sommes sa créature merveilleuse.

Monsieur le Président, subventionnez les denrées de première nécessité telles que l'huile, le savon, le sucre, le riz et le maïs, ainsi vous soulagerez un tant soit peu la souffrance de votre peuple. Je vous demande de le faire parce que je suis avec le peuple, et ça ne va pas du tout.

M. le Président, votre entourage vous cache la réalité du peuple, alors que vous- même ne sortez pas de votre palais si ce n'est pour faire la campagne, et c'est tout. Sortez et partez souvent à la rencontre du vrai peuple et vous verrez les vrais visages de ceux que vous croyez fidèles.

M. le Président, si je tenais à vous dire cela, c'est ma façon de vous dire que le peuple a faim et veut aussi un peu. Face à cette situation de vie chère, le peuple ne pourra plus supporter indéfiniment, alors faites quelque chose pendant que c'est toujours faisable ...

Merci pour votre bonne compréhension."

Un citoyen modèle

 

Le Pays du 3 mars 2008



03/03/2008
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