L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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A quoi servent ces casques bleus en RD Congo ?

RD Congo 

A quoi servent ces casques bleus ?

 

Il y a des moments où on se demande si la République Démocratique du Congo retrouvera un jour une paix véritable pour l’amorce de son développement. Après l’élection présidentielle du 29 octobre 2006, qui a vu la victoire de Joseph Kabila au second tour avec 58, 05% des suffrages exprimés, la réconciliation semble être un vain mot dans ce pays. On se rappelle que lorsque la Cour suprême de justice (CJS), chargée du contentieux électoral, a confirmé les résultats, son adversaire le plus farouche, le vice-président Jean-Pierre Bemba,  avec 41,95%, avait crié à un hold-up électoral. La suite, on la connaît : la capitale fut sous le choc d’affrontements à l’arme lourde entre troupes des deux candidats avec des violences meurtrières qui ont fait des morts aux abords de la résidence officielle du vice-président. Depuis quelques mois, le leader du Mouvement de libération du Congo (MLC) a pris le chemin de l’exil notamment au Portugal pour traiter, dit-on, une ancienne fracture à la jambe dans ce pays où il dispose d’une résidence. Aujourd’hui, il fait l’objet d’une information judiciaire pour haute trahison. C’est la deuxième fois dans sa tumultueuse vie politique que le leader du MLC est contraint à l’exil. Il y avait déjà été forcé le 17 mai 1997 après le renversement du  régime du président Mobutu, grâce auquel son père, l’homme d’affaire Jeannot Bemba Saolona, a fait fortune. Un an plus tard, le chef du MLC s’engagera dans la rébellion contre Kabila père, soutenu par l’Ouganda.

 Le souhait de tous était que le départ de Jean-Pierre Bemba permette à l’opposition congolaise de s’organiser et de jouer sa partition dans la nouvelle RDC. Mais les démons de la division sont encore de retour, puisque le général déchu de Kabila, depuis quelque temps, sème la terreur à l’est de la RD Congo. Malgré l’ultimatum du gouvernement et un semblant de demande de dialogue de Nkunda, la situation n’a fait qu’empirer. Des combats ayant opposé des soldats gouvernementaux à des dissidents ralliés au général tutsi sur plusieurs fronts, les pertes en vie humaines n’ont cessé de croître et la région, du coup, s’est embrasée. Depuis quelques jours, on assiste à un exode massif de la population de Sake, une cité de près de 30 000 habitants située à 30 km au nord-ouest de sa capitale provinciale, Goma. Ça fait pitié de voir ces femmes, ces enfants, ces vieillards errer sur les routes, ne sachant où aller. Le manque d’eau, d’hébergement et de nourriture constitueront sans aucun doute un réel problème pour eux. Les Nkundistes, les Maï-Maï d’un côté et les forces congolaises de l’autre se livrant à une véritable guerre. C’est donc dans le désarroi que les villageois fuient tous  le danger et se regroupent pour la plupart aux côtés des blindés protecteurs de la MONUC. Ce regain de violence a provoqué  le déplacement de presque 700 000 personnes, et il semble qu’elles battent un record détenu jusque-là par  ceux qui sont au Darfour, un autre lieu chaud du continent africain.

Face à ce qu’on peut désormais appeler une situation invivable, il est temps que la MONUC (Mission des Nations-unies en république du Congo) prenne le problème congolais à bras le corps. La tragédie n’a que trop duré. C’est en novembre 1999 que le Conseil de sécurité a créé la Monuc avec pour mission de maintenir une liaison sur le terrain avec toutes les parties à l’accord d’un

 cessez-le-feu et de s’acquitter de plusieurs autres tâches. Mais depuis son arrivée dans le pays de Kabila, rien ne semble bouger et les va-t-en guerre continue de faire ce qu’ils veulent.

L’ONU, qui est le parrain du processus de paix, doit s’engager à fond en rappelant à tous les belligérants leur devoir de respecter la loi humanitaire internationale ainsi que les droits de l’homme et de s’abstenir de toute action pouvant mettre en danger la population, y compris et en particulier, les groupes vulnérables.

« Brassage », voilà est un mot utilisé par les autorités de la RDC pour nommer le processus d'intégration des diverses troupes des anciens belligérants des guerres du Congo, destiné à créer une nouvelle armée nationale. Selon les termes des accords ayant mis fin à la guerre en République Démocratique du Congo (RDC), tous les belligérants (armée, factions rebelles, milices, groupes des seigneurs de guerre, etc.) doivent fournir des troupes pour la reconstruction d'une armée nationale, les Forces Armées de la RDC (FARDC).

Les anciens combattants, dont certains se sont battus les uns contre les autres, sont rassemblés dans des camps spécifiques pour y être « brassés » afin de ne plus constituer de groupes homogènes, en fonction de leur appartenance, ethnique, politique, régionale, antérieure et d'y recevoir un entraînement commun dispensé par des personnels militaires de plusieurs pays (Afrique du Sud, Belgique, France, Angola, etc.). Selon ce processus, qui est encore en cours, ces troupes sont alors affectées, en tant que « brigades intégrées », à travers tout le pays mais non dans leurs régions d'origine. La Force de la MONUC n'opère qu'avec les « brigades intégrées » des FARDC, à qui elle dispense une formation complémentaire, donc pas avec les « brigades non-intégrées » qui ne sont pas encore passées par le processus du « brassage ».

Doit-on aujourd’hui dire que tout cela a été pris en compte ? Assurément pas. Alors, le moment est venu pour la MONUC de désarmer les combattants et de nettoyer toute la région. Il y a longtemps que ses hommes sont sur le terrain,  espérons qu’ils ne sont pas là-bas pour admirer les Congolaises et passer leur temps à boire frais.

 

Justin Daboné

L’Observateur Paalga du 23 octobre 2007



23/10/2007
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