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Fédération burkinabè de football : Chronique d’une démission réclamée

Ligne de touche

Chronique d’une démission réclamée

 

Avant que nous recevions ce communiqué de presse de la FBF datée du 29 juin 2007, l’information nous avait été donnée par un coup de fil après 17 heures le même jour par Alpha Barry, le secrétaire général à la communication.

Ce communiqué, il faut le dire, est laconique et quand on le relit, on est enclin à penser qu’il y a des non-dits. Pour une surprise, c’en est vraiment une puisque cette démission intervient 6 jours seulement après l’assemblée générale extraordinaire au cours de laquelle les ligues et districts (14 représentants), les clubs de D2 (13 représentants), le football féminin (12 représentants) et les clubs de D1 (36 représentants) avaient donné quitus à la FBF d’aller jusqu’au bout de son mandat. Mais depuis le vendredi dernier, comme on le constate, les choses ont fondamentalement changé. Le bureau exécutif, dirigé par Diakité, a donc décidé de rendre le tablier. Qu’est-ce qui a bien pu se passer entre-temps ?

La FBF, avant de faire connaître sa décision par voie de presse, s’était réunie au centre technique national sur convocation de son président. A l’ordre du jour, il y avait un seul point : le climat après l’AG du 23 juin. On a fait une analyse minutieuse de la situation qui est devenue de plus en plus malsaine. Ne pouvant plus supporter les critiques, parfois acerbes, les membres du comité exécutif ont unanimement pensé que l’heure est venue de rester sur la touche.

La pression était devenue de plus en plus en forte et il fallait partir pour que le climat ne se détériore pas davantage.

C’est peut-être mieux ainsi pour ne pas donner l’impression de s’accrocher. Que n’a-t-on pas entendu après les défaites des Etalons contre respectivement les Mambas du Mozambique et les Taïfa stars de la Tanzanie, l’élimination de l’équipe olympique sur tapis vert, la valse des entraîneurs et l’affaire Saboteur/ FBF ?

Quand on pénètre dans le secret des consciences, les uns et les autres n’admettent pas l’absence consécutive du Burkina Faso à la Coupe d’Afrique des nations de football (2006 et 2008). C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Dans notre Commentons l’événement du lundi 18 juin 2007, nous avions parlé de la démission de la Fédé en ces termes : «… Après avoir fait tourner l’équipe  et valser les entraîneurs, peut-être faut-il, si on ne devait pas aller à Ghana 2008, se résoudre à ce qu’on n’a pas encore essayé : renvoyer Diakité et son équipe à leurs chères études footballistiques, car ils sont aussi comptables des contre-performances des Etalons ».

Avec l’âge, il faut se faire une raison et il faut y voir là le sentiment de l’honneur : un rappel à l’ordre de la nature.

Dans ce pays, le sort de la Fédération est lié aux sabots des Etalons : les résultats, rien que les résultats.  Le développement du football, l’infrastructure sportive sont des choses secondaires. Quand ça ne marche pas sur le rectangle vert, il faut subir les vicissitudes du sport-roi. C’est comme ça ici puisque c’est le milieu footballistique qui l’exige.

L’autre difficulté rencontrée sur le terrain est la mésentente entre le ministère des Sports et des Loisirs et la FBF. L’organisation des matches internationaux étant désormais l’affaire du département des sports, cette immixtion a aussi contribué à pourrir la situation. Nulle part au monde, on n’a vu un ministère des Sports s’arroger un tel droit. Sa mission, c’est la mise en place d’une politique sportive réelle et non la vente des tickets au stade. Evitons l’amalgame pour que les choses aillent dans le sens que tout le monde souhaite.

L’affaire des 171 millions de FCFA n’est toujours pas clarifiée, la FBF demandant un audit puisque le budget initial était de 98 millions. Pour avoir reçu 44 millions pour le déplacement à Harare et à Maputo, elle ne comprend pas pourquoi ce budget a été gonflé. Un autre sujet qui alimente la conversation.

La FBF, cette fois-ci, n’a pas jugé nécessaire de consulter ceux qui les avaient élus, le 11 mai 2002. Cela se passe de commentaires. Mais la question qu’on se pose est de savoir si cette démission est vraiment venue du comité exécutif.

Au Pays des hommes intègres, le sport a pris une autre dimension quand on sait que le politique a souvent un droit de regard, surtout sur le football qui est un domaine de passion par excellence. Doit-on alors insinuer que l’ordre est venu d’en haut pour mettre fin à la tension d’esprit ?

Maintenant que la FBF a, en toute sportivité, décidé de partir, le premier courrier que le ministre Palm lira ce lundi 2 juillet, c’est sans aucun doute la lettre de démission de la structure fédérale. C’est sûr qu’il prendra note et à ce qu’il nous a dit au téléphone, le vendredi dernier dans la soirée, il rendra compte à qui de droit.

Que va-t-il se passer après le vide du côté du palais de Kosyam ? En la matière, comme après le départ du colonel Honoré Nabéré Traoré et ses hommes en 2002, on mettra un nouveau bureau provisoire en place pour gérer les affaires jusqu’en décembre 2008, où il est prévu le renouvellement de toutes les structures sportives.

En attendant, qui sera l’homme providentiel pour succéder à Diakité ? C’est ce qui taraude actuellement les esprits et il est certain que les candidats ne manqueront pas.

Les districts, les ligues et les clubs seront-ils consultés le moment venu, ou va-t-on imposer quelqu’un à la tête de la Fédération ? En tout cas, beaucoup de gens penchent pour la deuxième hypothèse surtout que le politique y tient comme à la prunelle de ses yeux.

Les prochains jours nous situeront davantage et une surprise n’est peut-être  pas à exclure.

 

Justin Daboné

L'Observateur Paalga du 2 juillet 2007



02/07/2007
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