L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Ambassades des Etats-Unis : Un sit-in pour des droits de licenciement

Ambassades des Etats-Unis

Un sit-in pour des droits de licenciement

Cinq mois après leur licenciement jugé abusif, dont nous nous sommes fait l'échos dans l'une de nos précédentes éditions, Jonas Korgho et Thomas Kiemdé, tous deux anciens vigiles de l'ambassade des Etats-Unis au Burkina Faso, ont été convoqués par leur ancien employeur pour rentrer en possession de leurs droits le mardi 23 octobre dernier. Finalement, suite à un désaccord sur le montant desdits droits, c'est la police qui serait intervenue pour évacuer manu militari les deux compagnons en fin d'après-midi, sans qu'il n'aient obtenu leurs droits.

Licenciés de l'ambassade des Etats-Unis depuis le 25 mai 2007, pendant qu'ils étaient dans l'attente de la suite de l'action en justice qu'ils ont intentée contre leur ancien employeur pour licenciement abusif, Jonas Korgho et Thomas Kiemdé disent avoir été contactés le 15 octobre dernier, par un coup de fil de l'ambassade, les invitant à passer chercher leurs droits de licenciement contre restitution de tout matériel qu'ils détiendraient par-devers eux. Se présentant à l'ambassade le mardi 23 octobre 2007 à cet effet, les compagnons, après avoir restitué ce qu'il détenaient toujours de celle-ci, à savoir un sifflet et un képi, se verront réclamer d'autres matériels. Selon eux, ce matériel supplémentaire réclamé est resté au sein de l'ambassade au moment de leur licenciement. Ils auraient, en son temps, demandé à le prendre, mais on leur aurait refusé l'accès à l'ambassade au motif qu'ils étaient licenciés et n'avaient, de ce fait, plus le droit d'accéder aux locaux. Cinq mois après, on leur demande de ramener ce matériel pour avoir la totalité de leur droits. Faute de quoi, une retenue d'environ 35 000 F CFA serait appliquée à chacun d'eux. Jugeant cela arbitraire, ils ont tout simplement refusé de prendre ce qu'on leur destinait. Un sit-in fut alors improvisé par les deux compagnons qui resteront assis de 9h jusqu'à 16h dans l'enceinte de l'ambassade américaine de Ouagadougou.

En y arrivant aux environs de 15h, ce sont deux protestataires visiblement épuisés par de longues heures d'immobilité, mais déterminés à rentrer en possession de leur dû que nous avons trouvés. Imperturbables face aux menaces et autres intimidations, ils étaient assis, un seul objectif en tête, leurs droits. Notre arrivée sur les lieux ne manquera pas d'irriter certains esprits qui tenteront de nous divertir. Nous demandons à voir les deux protestataires mais un niet catégorique nous sera opposé. Ensuite, nous demandons le chargé de communication, mais, là aussi, "on n'a pas besoin de la presse ici; on ne vous a pas appelés; lorsqu'on aura besoin de vous, on vous fera appel", nous rétorque-t-on. Face à notre insistance, le chargé de communication finira par sortir. Après moult tractations et atermoiements, on finira par nous annoncer que le premier conseiller est disposé à nous rencontrer. Finalement, ce sera la directrice du centre culturel américain, Joann Lockard, qui nous recevra. Pendant que nous nous attendions à mieux comprendre ce qui se passait, celle-ci nous indiquera que les lois américaines ne l'autorisent pas à parler des cas spécifiques des employés de l'ambassade.

En ressortant, nous ne retrouverons plus les deux ex-agents à leur lieu de sit-in. Entre-temps, trois éléments de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) les ont évacués autour de 16h. La directrice locale des ressources humaines de l'ambassade, Maïmouna Tapsoba, leur aurait fait savoir qu'ils auraient leurs chèques par courrier. Les deux agents restent tout de même perplexes et se posent des questions : un courrier postal ? Quel sera le montant des droits ? Comment se fera la décharge ?

Par Ladji BAMA

Le Pays du 24 octobre 2007

 

 



24/10/2007
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