L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Ambassades Etats-Unis au Burkina : Grosse polémique autour de licenciements

Ambassades Etats-Unis au Burkina

Grosse polémique autour de licenciements


Suite à leur licenciement, le 25 mai 2007, des rangs des employés de l'ambassade des Etats-Unis à Ouagadougou, des éléments de la sécurité de cette institution ont rendu visite à notre rédaction le 5 juin dernier. Les ayant écoutés sur cette sanction qu'ils jugent abusive, et dans un souci de mieux cerner cette situation, nous avons donné la parole à cette institution, ainsi qu'à certains agents toujours en poste qui ont bien voulu s'exprimer dans l'anonymat. Lucarne sur une affaire qui pourrait faire couler beaucoup d'encre et de salive dans les jours à venir.

En se rendant aux Editions "Le Pays" le mardi 5 juin dernier dans l'après-midi, Jonas Korgho, Thomas Kiemdé et Louis Sankara en avaient gros sur le coeur. Ils tenaient, ont-ils dit, à partager avec leurs compatriotes et surtout avec les autorités compétentes, la situation qu'ils vivent avec leur employeur, l'ambassade des Etats-Unis à Ouagadougou. "Le 25 mai 2007, nous avons été convoqués le matin à 7h au bureau de la Sécurité pour nous voir exposer des griefs qui nous sont reprochés et nous voir signifier des décisions de licenciement", a expliqué Jonas Korgho. "Cette procédure, a-t-il poursuivi, est d'autant plus arbitraire que jamais au préalable, inous n'avions eu connaissance des griefs égrénés ce matin-là pour justifier cette décision extrême. Cela au grand dam des règles en la matière, qui prévoient que chaque fois qu'une sanction est prise à l'encontre d'un employé cela soit porté à la connaissance de ce dernier par écrit". De l'avis de ces compagnons d'infortune, ni l'avertissement, ni le blâme, ni la mise à pied, prévus par les textes avant le licenciement comme sanction ultime, n'a été prononcé au préalable à leur encontre. Si fait qu'il n'arrivent pas à s'expliquer cette sanction qu'ils sont tentés d'assimiler à "un règlement de comptes". En effet, ont-ils remarqué, Jonas Korgho et Thomas Kiemdé étaient des délégués qui représentaient et défendaient les intérêts de leurs collègues agents de sécurité auprès des responsables. "Lorsque un de nos camarades était victime d'une injustice, c'est nous qui nous chargeons d'interpeller la hiérarchie pour que justice soit faite.

 

Réglement de compte ?

 

Certainement cette position qui nous mettait en situation conflictuelle de façon permanente avec les responsables, est la meilleure explication de notre licenciement", pensent-ils. Aussi, poursuivent-ils, le fait qui a dû précipiter cette décision est sans doute, cette pétition qu'ils auraient initiée et qui avait été signée à plus de 90% pour demander le départ d'un superviseur qui faisait dans l'arbitraire.

Ce qui finit de convaincre Jonas Korgho et ses camarades de ce que cette sanction est un règlement de comptes, "c'est le caractère hâtif de cette décision suite au départ définitif de la directrice administrative, Judith Dulisse pour raison de santé. En effet, contrairement aux autres documents officiels de l'Ambassade qui portent toujours les insignes de l'institution, à savoir une entête et un cachet, les lettres de licenciement de Jonas Korgho et Thomas Kiemdé sont juste signées du chargé de Sécurité."

Selon les plaignants, eux ne sont qu'un cas parmi "une si longue liste d'éléments arbitrairement licenciés par l'ambassade depuis quelques temps. Pour n'avoir pas été disponible son jour de repos pour servir, Louis Sankara a été licencié un certain 2 février 2006". Se justifiant d'un déficit budgétaire, l'ambassade aurait procédé à un tirage au sort pour se débarrasser de 12 agents en 2004. Un rapport de la SONAR faisant état de ce que certains employés abuseraient de leur contrat d'assurance, aurait suffi pour mettre 6 personnes à la porte. Autant de cas cités par nos visiteurs d'un après-midi pour montrer à quel point "l'arbitraire est érigé en règle de gestion dans la représentation diplomatique des Etats-Unis au Burkina Faso". En tous les cas, les concernés n'entendent pas se laisser compter. Tous les recours en leur disposition seront exploités pour se rendre justice, ont-ils averti. Du côté de l'ambassade, à qui nous nous sommes adressés pour en savoir plus sur cette affaire, l'on s'est barricadé derrière des lois américaines. Arguant que celles-ci n'autoriseraient pas que l'on expose les cas spécifiques du personnel, Joann Lockard, directrice du Centre culturel américain, qui nous a reçu dans son bureau le jeudi 7 dernier, dit ne pas pouvoir se prononcer sur de tels cas. "Les lois des Etats-Unis concernant le privé sont telles que nous ne pouvons pas discuter les aspects spécifiques des cas du personnel.

 

"Nous respectons nos employés"

 

C'est complètement protégé par la loi...", s'est-elle contentée de dire. "Mais je vous assure que nous respectons tous les employés de l'Ambassade, sans l'aide de qui nous ne pouvons pas fonctionner", a-t-elle poursuivi. En tout état de cause, Joann Lockard pense que le travail au sein de l'Ambassade est régi par des règles clairement établies que nul ne peut outrepasser. Sans toutefois le dire, ces propos laisse croire que si des gens sont exclus de l'Ambassade, c'est que cela s'est passé dans le respect des règles en la matière. Ce que dénient Jonas Korgho et ses compagnons. Pour mieux nous situer dans une telle situation, la parole a été donnée à des agents de sécurité toujours en poste à la représentation diplomatique de l'avenue John F. Kennedy. Même si certains ont religieusement décliné notre sollicitation, parce que redoutant les conséquences d'une telle entreprise sur leur carrière à eux aussi, d'autres ont bien voulu s'exprimer non sans requérir l'anonymat. De l'avis général, les "Guards", tels qu'on appelle les agents de sécurité de ce côté-là, ne sont pas satisfaits de leurs conditions de travail. Selon l'un de nos interlocuteurs, contrairement à ce que les gens pensent de l'extérieur, le traitement à eux réservé au sein de l'ambassade est aux antipodes des idéaux de la démocratie dont les Etats-Unis se veulent le chantre dans le monde. En attendant d'autres développements de cette affaire, il reste, sans doute, à souhaiter que les uns et les autres privilégient les voies du dialogue afin qu'une issue honorable pour tous soit trouvée pour le bonheur de tous.

Ladji BAMA

Le Pays du 14 juin 2007



14/06/2007
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