L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Arrestation d’un fou, chef de gang : Western en plein Bobo

Arrestation d'un fou, chef de gang

Western en plein Bobo

 

 

      «Gare à celui qui va m'approcher», semble dire le fou

 

La scène, digne d'un véritable western, s'est déroulée vendredi dernier en fin de matinée sur la rue 8.01, à Sikasso Cira. Une escouade de policiers armés jusqu'aux dents tentaient de déloger un fou délinquant muni d'une machette et d'un poignard. Une arrestation spectaculaire digne d'un film hollywoodien et qui aura duré une bonne heure.

 

Vendredi 23 août 2007. Il était presque onze heures lorsqu'un groupe de policiers investit la rue 8.01, longeant les rails depuis le passage à niveau de la Brakina jusqu'au croisement de la rue Pépin Malherbe. Une zone réputée dangereuse le jour comme la nuit et qui se présente pour de nombreux habitants de la ville de Bobo comme une base arrière de bandits qui s'y réfugient après leurs forfaits ou lorsqu'ils sont activement recherchés par la police. Toujours est-il que la rue 8.01 à Sikasso Cira a connu de par le passé de nombreux cas d'agression qui ont souvent coûté la vie à certaines personnes. Et c'est là que s'est installé depuis quelques mois un homme à la chevelure broussailleuse, le visage aminci avec un regard effroyable.  La cinquantaine environ,  il avait l'apparence d'un fou, qui n'a pas trouvé mieux pour se loger que d'installer ses pénates  devant ce canal d'évacuation des eaux usées  et aux odeurs insupportables. Et même qu'il avait entrepris des travaux champêtres autour de sa demeure, en plein air, nichée au milieu des rôniers qui l'entourent. Rien cependant ne laissait présager d'une quelconque connivence entre cet homme aux allures d'un déréglé mental et des délinquants. C'est pourtant cette triste réalité qu'on a découverte lorsqu'une opération d'investigation sur la rue 8.01 avait permis de mettre le grappin sur des bandits en possession de drogue. Encore un réseau à démanteler par la police qui se voyait sur une piste sérieuse à travers ces premières arrestations. 

 

 

                 Enfin la captivité après une rude bataille

 

L'enquête menée dans ce sens avait donc conduit les bandits appréhendés à révéler leur source d'approvisionnement. Tous les regards étaient désormais tournés vers celui qui se présentait comme un fou, et qui n'était en réalité qu'un chef de gang. C'est là que les choses sérieuses commencèrent pour la police qui sera soumise à une rude épreuve par le "fou". Celui-ci tenait en effet sa machette bien en évidence et ne cessait de proférer des menaces sérieuses contre quiconque se hasarderait à s'introduire dans sa zone. Le danger était alors bien réel pour les policiers qui, en nombre très réduit, n'avaient pas d'autre choix que de tempérer leur ardeur en attendant du renfort.  Seul maître des lieux, le fou alla jusqu'à exiger la libération des autres gangsters pour lesquels la police avait fait une descente sous les rôniers. Mais ceux-ci comprirent par la suite qu'ils n'avaient aucune chance de s'échapper avec les menottes aux poignets. La tension était perceptible et chaque partie veillait au grain. Surtout les policiers qui étaient sur le qui-vive devant ce feu follet dont on dit être muni d'une arme. L'arrivée du renfort va donner une autre tournure à l'événement qui avait déjà mobilisé un grand monde sur les lieux. Toutes les précautions semblaient désormais prises par les éléments de la CRS, qui visiblement ignoraient la force de frappe du fou ; surtout qu'il n'était nullement inquiété par leur présence massive. Toujours est-il qu'un plan d'attaque a été urgemment dressé par les policiers après une concertation à huis clos lors de laquelle ils mesuraient déjà l'ampleur de cette mission périlleuse. Mais cela était bien loin de dissuader le fou qui s'affairait plutôt à ses travaux champêtres. Mais le lieu finira par se transformer subitement en un champ de bataille lorsque les CRS lanceront l'assaut final pour la captivité du fou. Le moins que l'on puisse dire est que la lutte fut très âpre pour les policiers qui ont connu des moments de frayeurs devant ce forcené. Ce dernier aura résisté jusqu'au bout avant de tomber dans les filets après un mouvement d'ensemble des policiers accompagné par des coups de feu à balles blanches. Désormais maîtres des lieux, les CRS pouvaient tranquillement poursuivre leur recherche par une  perquisition sous les rôniers qui servaient de logis au décaler.

 

 

Le logis du fou sous les rôniers où d’importants objets ont été retrouvés par la police

 

Des sachets contenant de la drogue, un amplificateur de sonorisation, des cellulaires, des vêtements et un ensemble d'objets découverts sur place confirment l'appartenance de ce fou à un réseau de malfrats.

 

Jonas Apollinaire Kaboré

L'Observateur Paalga du 27 août 2007



27/08/2007
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