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Assassinats de journalistes : Et la série noire continue de plus belle

Assassinats de journalistes

Et la série noire continue de plus belle

 

C'est inquiétant, voire angoissant : les assassinats de journalistes sont en constante augmentation. En effet, en 2006, plus de 150 journalistes et techniciens de médias ont été tués ou retrouvés morts sans qu'on ne sache comment et pourquoi. Ce funeste décompte semble se poursuivre cette année, car, selon des chiffres récents de l'UNESCO, 50 professionnels de la presse ont déjà disparu dans l'exercice de leur fonction. Et la liste vient de s'allonger le 9 août 2007 avec l'assassinat par des hommes armés non identifiés du journaliste congolais Patrick Kikuku dans la ville de Goma, à l'est de la République démocratique du Congo (RDC).

Face à un tel meurtre, le suspect n°1 est tout désigné,  et c'est le régime en place, qui n'a pas intérêt à ce que des hommes de médias révèlent des dossiers sensibles ou diffusent des informations classées top secret et pouvant lui porter préjudice.

En l'espace de deux ans, quatre reporters ont été froidement abattus en RDC. Il nous est loisible de penser à des crimes d'Etat, surtout que ces dernières semaines, on assiste à des assassinats de notables, de responsables politiques et économiques, bref à des tueries en grandeur nature.

On le sait, le pouvoir de Joseph Kabila, issu d'élections marquées par des troubles et des violences, est en réalité un pouvoir militaire et ce, d'autant plus qu'il fait face à des oppositions et groupes armés qui foisonnent dans le pays.  C'est dire que la démocratie vraie est le dernier souci de Kabila et de ses hommes. Certes dans ce climat de ni guerre, ni paix, il ne faut pas tout de suite jeter la pierre à Kabila même si on n'ignore pas qu'il n'est pas un poussin d'hivernage.

La menace contre les journalistes pourrait venir de partout, surtout que Kinshasha a plus besoin de rassurer les partenaires techniques et financiers quant au respect de la liberté de la presse et des droits humains  pour bénéficier de leur soutien que de se livrer à la chasse aux hommes de médias.

Ce crime ne lui profite pas, et l'on peut se demander alors si cette tuerie organisée n'est pas l'œuvre d'adversaires politiques pour jeter le discrédit sur le régime. La série noire s'est poursuivie dans le monde des médias avec l'assassinat à Mogadiscio, en Somalie, de deux directeurs de radio : Mahard Ahmed Elmi et Ali Iman Sharmarke, le second ayant trouvé la mort à la suite de l'explosion d'un engin dans son véhicule alors qu'il revenait de l'enterrement du premier cité.

S'il ne faut pas tout de suite accuser les hommes forts du pays du défunt Siad Baré d'en être les auteurs, il faut reconnaître que ces derniers ne brillent pas par leur innocence en œuvrant pour faire jaillir la lumière sur ces assassinats alors qu'ils disposent de tous les moyens matériels et humains pour le faire. Et c'est dommage de tirer sur des journalistes comme sur des lopins. Se sont-ils demandé un seul instant ce que serait ce monde sans journaliste ?

 

Extraits des «Billets craquants» in L’Observateur Paalga du 13 août 2007



13/08/2007
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