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Banque suisse Où est passé le milliard de Maurice Yaméogo ?

Banque suisse

Où est passé le milliard de Maurice Yaméogo ?

 

«Si vous le souhaitez, je vais vous donner un scoop. C’est la première fois que je parle de cela à la presse», a commencé Me Hermann Yaméogo, son cousin Noël toujours pendu à ses basques. L’affaire, selon notre interlocuteur, commence par une visite de Maurice Yaméogo aux Etats-Unis d’Amérique sous la présidence de Lyndon Baines Johnson (1963-1969). Informés du projet de voyage du chef de l’Etat de la Haute-Volta, Félix Houphouët-Boigny de la Côte d’Ivoire et Amani Diori du Niger en profitent glisser dans les valises du président voltaïque des «mots» dans lesquels ils sollicitent un soutien financier  de leur homologue américain.

De retour, bingo ! Maurice descend avec trois milliards de francs CFA dont un pour lui, et les deux autres pour ses pairs ivoirien et nigérien.

«Sur conseil de Houphouët», Maurice Yaméogo ouvre un compte privé dans une banque suisse, y place la totalité de son argent et prend la précaution de communiquer le numéro dudit compte à son fils aîné qui le consigne dans un de ses carnets. En 1965, le président fait un retrait de cent millions  pour battre la campagne des législatives. 1965, c’est aussi l’année de ses secondes noces avec la métisse ivoiro-voltaïque  Nathalie Adama Monaco.

Un an après, le président est destitué. Ses affaires sont pillées y compris les documents portant le numéro de son compte bancaire suisse. Présent au pays au moment du coup d’Etat de 1966, Hermann Yaméogo n’a pu retourner à Londres où il poursuivait ses études. Le personnel de la représentation diplomatique de la Haute-Volta en Angleterre, avec Gérard Kango Ouédraogo comme ambassadeur, fait rapatrier les affaires du fils du désormais ex-homme fort du pays. Mais le carnet dans lequel était gardé le numéro du compte n’y est pas.

Or sans ce précieux sésame, impossible de retrouver une quelconque trace de la position du compte, crédité de neuf cents millions de francs CFA. «Nous avons tapé à toutes les portes, saisi des avocats, mais en vain. Même le président Blaise Compaoré en a été saisi, mais rien», nous explique, au bord de la résignation, Hermann Yaméogo.

C’est sur ce pactole introuvable que la famille comptait prélever les fonds pour la réhabilitation du palais présidentiel de Koudougou.

 

Alain Saint Robespierre

L'Observateur Paalga du 30 mai 2007



30/05/2007
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