L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Bilan du Hadj 2007 : Une conférence de presse sous haute tension

Bilan du Hadj 2007

Une conférence de presse sous haute tension

 

"Posez toutes les questions que vous voulez, nous sommes à votre disposition pour y répondre", a  déclaré El Hadj Abdoul Rasmané Sana, le président de la Commission technique nationale (CTN) de l'Organisation du pèlerinage 2007 à la Mecque à l'issue de la déclaration liminaire de sa conférence de presse tenue dans l'après-midi du samedi 2 février dans les locaux du consulat du Maroc à Ouagadougou, l'air de quelqu'un qui ne se reproche rien suite à tout ce qui a été dit et écrit sur le Hadj cette année. Mais, il ne tiendra pas parole puisqu'il s'est fâché face à des interrogations de la presse que tout le monde se posait et a tenu des propos qui n'ont pas été du goût de certains journalistes si bien que la rencontre s'est déroulée dans un climat délétère.

 

Comme on le sait, le Hadj 2007 a été parsemé d'imperfections qui ont causé de nombreux désagréments aux pèlerins et à leurs parents. Retard des vols, panne d'avion, conditions de logement désastreuses en Arabie Sadoudite, manque criard de communication, tels sont, entre autres, les griefs formulés contre la Commission technique nationale dont la presse a largement fait échos.

La télévision du Burkina (TNB), par l'entremise de son envoyé spécial, Abdoul Diallo, avait informé l'opinion publique en son temps des difficultés auxquelles sont confrontés les Burkinabè partis en Arabie Saoudite pour accomplir le 5e pilier de l'Islam.

Les propos tenus par notre confrère depuis la Mecque sur la situation n'ont pas été du goût de certains membres de la CTN. Cette conférence de presse était donc l'occasion pour se défendre des "fausses informations".

Abdoul Diallo ou peut-être sa rédaction savait que le sujet serait au menu. Il était donc présent comme reporter et le point de presse a pris l'allure d'un échange houleux entre deux personnes (le président de la commission et le journaliste de la TNB) qui attendaient une opportunité pour se dire les quatre vérités.

Le journaliste sportif qu'on dit être d'un franc parler n'a pas failli à sa réputation et a dénoncé sur place les comportements des organisateurs du hadj 2007 au Burkina qui n'était pas ouverts au dialogue pour livrer des informations.

Par la suite, certaines autres questions ont mis en colère El Hadj Abdoul Rasmané Sana qui, visiblement était sur la défensive. "Certains sont venus ici pour défendre des causes (lesquelles ?). Que les journalistes posent des questions", a-t-il indiqué. Dès lors, il a donné l'impression que des personnes en veulent à la commission par le truchement de certains journalistes. Le climat n'était plus favorable à une écoute naturelle.

Néanmoins, on retiendra que les "problèmes de vols ne sont pas imputables à la Commission mais à STMB-Tours".

Les conditions de logement, seraient-elles liées à un retard dans la réservation. "Il faut disposer de l'argent à temps pour avoir des locaux. Or, la CTN a été mise en place sur le tard et il était difficile de trouver des logements qui satisfont tout le monde". Par ailleurs, la commission a dénoncé le fait que certains pèlerins ont camouflé leur maladie chronique qui s'est déclenchée une fois en Arabie. La plupart des difficultés rencontrées, à écouter les membres de la Commission, sont liées au délai dont ils disposaient pour organiser le Hadj.

Quant à la question de reprise de l'organisation par l'Etat, El Hadj Abdoul Rasmané Sana n'est pas de cet avis. "L'Etat a le dos large. Les gens en profitaient puisqu'il n'y avait pas de bilan. On a déjà eu des impayés de l'ordre de 50 millions en son temps. D'ailleurs, l'Etat est toujours présent parce qu'il y a une cellule d'appui composée de six ministères que la commission rencontrait chaque semaine pour faire le point". Dans tous les cas, le constat est que cette année la CTN n'a pas été à la hauteur de sa mission. Au lieu de s'en prendre aux pauvres journalistes qui n'ont fait que relater ce qu'ils ont vu et entendu et qui s'est révélé vrai, elle doit accepter positivement les critiques pour améliorer les éditions futures.

Personne ne cherche à ternir l'image de la commission. Les faits sont là, têtus.

 

Adama Ouédraogo

Damiss

L’Observateur Paalga du 4 février 2008

 

 

Encadré

 

En attendant le rapport général du Hadj 2007, voici le bilan provisoire fait par la commission technique nationale du Hadj par El hadj Abdoul Rasmané Sana

 

1. Les pèlerins inscrits au compte de la commission technique nationale étaient au nombre de 1962 ;

2. Les départs pour la Mecque ont été effectifs à partir du 11 décembre jusqu'au 15 décembre à raison de 2 vols par jour et les retours ont commencé le 9 janvier et se sont terminés le 21 janvier 2008 avec un vol par jour ;

3. Tous les pèlerins ont pu faire l'étape de Médine avant le Hadj sauf 152 pèlerins du dernier vol qui ont fait leur séjour après le Hadj ;

4. Le Hadj proprement dit a commencé le 17 décembre et les pèlerins devaient se rendre à Mina ce jour, continuer à Arafat le lendemain, passer une nuit à Muzdalifah avant de venir à Mina pour un séjour de 2 ou 3 jours. Telles sont les étapes du Hadj. Tous les pèlerins du BF ont accompli tous les rites ;

5. Nous avons enregistré 7 décès (6 à la Mecque dont un accidenté et 1 à Ouagadougou) et de nombreux malades constitués, pour l'essentiel, de personnes âgées. Plus de la moitié des pèlerins a été consultés. La majorité des cas graves sont venus avec leur maladie. Compte tenu du manque d'ambulance tant au niveau de la commission qu'au niveau du logeur, l'évaluation de nos malades était difficile. Nous avons donc jugé nécessaire d'acheter une ambulance neuve ;

6. Il y a eu des cas de pèlerins égarés mais cela s'explique par le nombre élevé des pèlerins, parce qu'ils ne connaissent pas les différentes villes, par l'éloignement du site d'hébergement par rapport à la sainte mosquée et du fait aussi du non-respect de certaines consignes données par les organisateurs ;

7. Le bilan financier est en préparation. Nous n'avons pas enregistré de déficit budgétaire ;

8. Nous avons déploré l'attitude de certains de nos journalistes qui, sur la base d'informations non vérifiées ont peint en noire toute l'organisation du Hadj comme si les pèlerins burkinabè étaient au bord du gouffre ;

9. Deux pèlerins sont restés à la Mecque : l'un pour raison de santé, il est hospitalisé ; l'autre s'est égaré et a des troubles mentaux. Le 1er vice-président de la commission est resté sur place pour gérer ces derniers cas ;

10. Nous avons tenu une Assemblée générale le dimanche 27 janvier 2008 dernier pour faire un point de l'organisation aux membres des différentes sous-commissions ;

11. Nous voudrons remercier le comité interministériel d'appui au Hadj qui nous a apporté un appui considérable ;

12. La commission technique nationale s'excuse auprès des pèlerins et du reste des musulmans de notre pays pour les insuffisances constatées au cours de l'organisation, car l'œuvre humaine a toujours besoin de perfection. Elle formule le vœu que Dieu agrée le Hadj de nos pèlerins et soutienne davantage l'organisation du Hadj au Burkina.

 

La Commission nationale



04/02/2008
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