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Bobo : Un réseau international de pickpockets démantelé

Bobo-Dioulasso

Un réseau international de pickpockets démantelé

Le Service régional de la police judiciaire (SRPJ) de Bobo Dioulasso a mis la main, le 25 mars dernier, sur un réseau de délinquants composé d’un Malien, d’un Nigérian et d’un Burkinabè qui, depuis début 2006 opéraient de façon assez atypique et à bord de taxis. Ils ont été présentés à la presse hier en fin de matinée dans les locaux du commissariat de SRPJ, à Lafiabougou.

Les délinquants ainsi mis aux arrêts, selon le commissaire Franck Elvis Compaoré du Service régional de la police judiciaire (SRPJ) de Bobo, sont des voleurs d’un type particulier. Il s’agit de Daouda Coulibaly, du Malien Younoussa El Hadj Smaguel Maïga et du Nigérian Georges Okeke. Un quatrième, de nom inconnu mais de nationalité togolaise, selon ses acolytes, est passé entre les mailles du filet de la police et serait en cavale en direction de son pays. Le réseau de pickpockets dont ils sont le noyau a fait de nombreuses victimes depuis le début de l'année 2006 dans les villes de Ouagadougou, Bobo Dioulasso, Lomé et Bamako, selon la police.

Deux modes opératoires, qui sont des techniques assez novatrices, étaient utilisés par ces escrocs de grandes villes. La première, celle dite du "Sosso ou kaba" (haricot ou maïs en langue dioula), consistait, pour un des acolytes, à transporter du haricot ou du maïs sur les épaules et dans un sac expressément troué, de sorte à déverser à la traînée des grains de la céréale transportée, en feignant de ne pas s’en rendre compte. Et comme cela se faisait dans des lieux publics, comme les gares routières, il y avait, naturellement, des gens qui jouaient les bons samaritains en venant en aide au transporteur de sac. Ainsi, ce dernier et ses complices, feingnant de lui venir en aide, coinçaient la ou les victime(s) qu’ils dépouillaient de son (leur) argent et autres objets de valeur. La seconde technique utilisée par la même bande d’escrocs était celle baptisée "ça descend !". Elle consistait, pour eux, à louer un taxi avec ou sans la complicité du taximan, au motif de vouloir faire des courses personnelles. Ils occupaient généralement le taxi à trois : un sur le siège avant à côté du conducteur, et les deux autres occupaient la banquette arrière. Il y avait toujours un troisième acolyte qui suivait le taxi sur une moto et à distance respectueuse. Sur accord des délinquants, le taximan pouvait prendre un client. Et ce client était choisi par eux parmi ceux supposés garder par-devers eux une certaine somme d’argent. Ledit client était alors invité à s’installer au milieu, sur la banquette arrière, sous prétexte qu'un des occupants du véhicule "descendait à côté". Ainsi pris en sandwich entre deux voleurs, le véritable client était dépouillé de son argent. Et une fois le tour joué, l’un des pickpockets s'écriait : "ça descend !" et s'échappait ainsi du taxi pour prendre place derrière le 4e acolyte qui suivait à moto. A deux ils poursuivaient le taxi jusqu'à la descente de la victime. Et le manège reprenait. Les éléments de la police judiciaire de Bobo Dioulasso qui étaient à la recherche de ces délinquants suite aux nombreuses plaintes des victimes ont finalement réussi à mettre le grappin sur cette nouvelle race d'escrots le 25 mars dernier, aux environs de 9 h et demie, après une partie de course-poursuite. Ils ont été surpris à la "gare de Dandé", sur la route de Faramana, à bord d’un taxi dont le conducteur, selon le commissaire Compaoré, a affirmé ne pas être au courant de la combine de ces voleurs. L’un d’entre eux, le Togolais, a réussi à s'échapper et les trois autres sont encore en détention dans les locaux du SRPJ à Lafiabougou.

Paul-Miki Romba

Le Pays du 30 mars 2007



30/03/2007
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