Burkina : Quand des diplomates protestent dans la rue
MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES
Quand des diplomates protestent dans la rue
Animation particulière devant le ministère des Affaires étrangères dans la matinée du 10 avril. A l’appel du Syndicat autonome des agents de ce département ministériel (SAMAE), les travailleurs ont organisé une marche de protestation et remis une déclaration revendicative au secrétaire général du ministère.
A 10h, le 10 avril 2007, une foule de travailleurs du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération régionale sort des locaux à coups de sifflets, de tam-tam et de slogans ravageurs. C’est le début d’une marche organisée par le SAMAE, pour réclamer des indemnités sur le salaire des agents du département.
Les diplomates ont pour une fois abandonné leur discrétion légendaire et les salons feutrés pour battre le pavé entre le rond-point de la paix et celui de la radio nationale. Les vestes, les cravates et les souliers bien cirés ont fait place à des tenues plus détendues. Au bout de la marche, le secrétaire général, Alain Francis G. Ilboudo reçoit les marcheurs devant l’entrée du ministère. Ceux-ci lui remettent un pli contenant le motif de leur démarche. Ce dernier promet de le transmettre à qui de droit pour traitement
Le motif de la grève est lié à une revendication des travailleurs du ministère qui demandent qu’il leur soit servi des indemnités. En dehors de leur salaire, soutient un marcheur, ils n’ont rien. Le syndicat exige donc un traitement indemnitaire et un statut particulier pour le corps de diplomates et d’interprètes-traducteurs. Le message adressé au ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères annonce des actions plus déterminantes si rien n’est fait. Une première date butoir avait été arrêtée au 27 mars dernier. Face au "silence" des autorités, le syndicat a décidé de sortir et de manifester de cette façon. Pour le secrétaire général du SAMAE, Désiré Boniface Somé, la question des indemnités doit être traitée sans délai.
Autre grief du syndicat, "que l’on laisse la diplomatie aux diplomates". Pour les travailleurs, il n’y a que 6% de diplomates dans les représentations à l’étranger. Le taux serait de 75% au Bénin et un peu plus au Mali et au Sénégal. Le Syndicat dit cependant ne pas être contre le recours à d’autres compétences. Ici, c’est la proportion qui inquiète le syndicat, alors que des écoles comme l’ENAM et l’IDRI forment des agents spécialisés pour ce corps.
Sur cette question, le secrétaire général du ministère, estime que ceux qui sont affectés dans ces postes-là sont des Burkinabè et ils y sont parce qu’on a besoin d’eux. Il se dit ouvert au dialogue pour trouver des solutions. Pour lui, la concertation a déjà commencé avec le syndicat. Et c’est ensemble, selon lui, que les problèmes vont être réglés.
Abdoulaye TAO
Le Pays du 11 avril 2007
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