L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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"Campagne morose, étudiants se cherchent d'abord"

Législatives 2007 à l'Université de Ouagadougou

"Campagne morose, étudiants se cherchent d'abord"

Pour la quatrième fois, les burkinabè iront aux urnes le 6 mai prochain pour décider de la nouvelle configuration politique de l'hémicycle. Que représente cette élection législative pour les étudiants ? Les avis divergent sur le campus de Zogona.

Campus de Zogona désert jeudi 19 avril dans la matinée pour cause de grève. Seuls quelques étudiants assis par petits groupes visent leurs cours. D'autres encore regroupés échangent entre eux. La grève de 48 heures lancée par l'Association nationale des étudiants du Burkina (ANEB) vise semble-t-il à revendiquer de meilleures conditions de vie et d'études (qualité de l'enseignement, manque d'amphithéâtre, etc). Mais, dans cette ambiance de protestation que pensent les locataires du temple du savoir de la campagne législative en cours ? Les avis sont partagés. Pour les uns, la politique ne les intéresse pas. "Vraiment, je ne m'intéresse pas à la campagne", affirme Ibrahim Kindo, étudiant en première année sciences juridiques et politiques. "Je ne suis pas concerné par cette élection parce qu'elle est peu représentative", renchérit Mahamadi Kologo, 3e année de droit. Décriant la crédibilité des listes des candidats et leur positionnement, cet étudiant pense que les électeurs élisent des députés qui ne sont pas en réalité de leur choix. Et la présente campagne visiblement brille par un manque d'engouement. En ville comme en milieu rural, c'est la morosité. D'où l'inquiétude de certains étudiants qui estiment que cela pourrait jouer sur le taux de participation. D'autres par contre pensent que le manque d'engouement autour de la campagne est dû à la stagnation des problèmes des électeurs qui ne voient rien changer dans leur quotidien après une élection. "Je constate qu'il y a moins d'affluence autour des meetings. Les gens ne s'engagent pas parce qu'ils ne sont pas satisfaits de l'action politique", explique Kientega Didier, 3e année de droit. Pour lui l'ambiance morose constatée et vécue est la résultante des promesses non tenues. "On est fatigué par les mensonges des politiciens. Je veux qu'on améliore nos conditions d'études, qu'on construise des amphithéâtres", s'insurge Rokiatou, une étudiante de l'UFR/SJP.
Pour la course aux 111 sièges de l'hémicycle, des étudiants seraient en lice sous la bannière de différentes formations politiques. Une situation que ceux-ci saluent certes, mais ils pensent qu'il faudrait instaurer des candidatures indépendantes pour leur permettre d'avoir des représentants à l'Assemblée nationale. "Sur le campus, on vit la campagne à la télévision. On ne sent pas la campagne se battre. Personnellement, je suis contre les projets de pensions et de retraite des députés. Je voudrais qu'on instaure une réglementation pour élever le niveau des débats à l'hémicycle car on voit des députés qui n'ont même pas le BEPC sièger à l'Assemblée", fait remarquer Noëlie Zangré, 4e année à l'UFR/SEG.

S Nadoun COULIBALY

Sidwaya du 20 avril 2007



20/04/2007
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