L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Un buffle fait des blessés graves au Sanmatenga

Sanmatenga

Un buffle fait des blessés graves

5 personnes blessées, deux ânes tués. C'est le bilan que l'on dresse suite à l'apparition d'un buffle dans la province du Sanmatenga. C'était dans la matinée du 16 septembre dernier dans les villages de Ziib-tenga et de Pibaoré. On compte parmi les victimes évacuées d'urgence au CHR de Kaya, le commandant de Brigade de gendarmerie de Pibaoré.

Les populations de Pibaoré et de Ziib-tenga, dans la province du Sanmatenga, ont vécu le 16 septembre dernier des moments de frayeur et de panique. Et pour cause, la visite d'un buffle en furie dans ces localités. En effet, l'animal, de provenance inconnue, s'est introduit matinalement dans le village de Ziib-tenga, situé à une douzaine de kilomètres du département de Pibaoré. Là-bas, sur son chemin, il a mortellement agressé deux ânes avant de se jeter sur une femme à quelques encablures des lieux de ses premières agressions.

Rimnogdo Ouédraogo, c'est le nom de cette femme, est sortie de cet accrochage avec la bête sauvage avec de graves blessures au menton et au bas-ventre. Décidé à en découdre avec tout ce qu'il rencontre sur son passage, l'hôte indésirable d'une matinée dans cette partie du Sanmatenga allongera la liste de ses victimes en agressant un paysan en route pour le marché du village. Le commandant de Brigade de la gendarmerie de Pibaoré, dans ses efforts d'assurer la sécurité des habitants, n'échappera pas non plus à la colère du buffle. Il eut une fracture à la jambe gauche et des déchirures au pied droit. Le plus atteint par cette catastrophe est Kasingbamba Salfo, plongé depuis plus de 48 h dans un coma profond. Nous avons rendu visite à ces infortunés à qui il est administré des soins intenses au Centre hospitalier régional (CHR) de Kaya. La direction de l'Environnement et du Cadre de vie du Centre-Nord n'est pas restée les bras croisés face à cette tragédie. Selon les témoignages des victimes, elle a financièrement contribué à la prise en charge des frais médicaux, même si cela ne couvre pas toutes les dépenses occasionnées par l'incident.

Des malades qui ne savent pas à quel saint se vouer pour la suite de la prise en charge financière font déjà le compte de leurs dépenses. C'est ainsi que dame Rimnogdo parle de 20 220 F CFA, contre une contribution de 10 000 F CFA par l'Environnement du Centre-Nord. Pasteur Martin Ouédraogo, accompagnant du malade dans le coma, parle, quant à lui, de 65 000 F CFA contre un soutien de 40 000 F CFA de la part des autorités environnementales de la région. Cet incident au Sanmatenga rappelle celui de Tenkodogo, où, il y a deux ans, une lionne avait fait irruption dans un village, faisant aussi des victimes.

Armel ILBOUDO

Le Pays du 21 septembre 2007

Encadré

Témoignages sur le drame

Nous avons recueilli les témoignages des victimes ainsi que ceux des personnes ressources. Si nous avons pu prendre contact avec la hiérarchie de l'adjudant Marcel Compaoré à la demande de celui-ci, nous n'avons pu obtenir, ni de ce dernier ni de ses supérieurs, aucun commentaire relatif à l'événement. Le devoir de réserve exigé de tout homme investi d'une mission de sécurité expliquerait ce silence.

Pasteur Martin Ouédraogo, assistant du malade en coma : C'est dans la matinée du dimanche dernier que cette bête a rencontré mon voisin Kasingbamba. Celui-ci était sorti de chez lui à destination du marché local pour y vendre sa chèvre. C'est dans les environs de l'école primaire du village de Pibaoré que l'incident s'est produit. Accourus, nous avons trouvé sur les lieux l'infortuné dans le coma et sa monture endommagée. Après une tentative vaine de le réanimer, nous avons convenu de le conduire à l'aide d'une charrette au Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) du village. Chemin faisant, et à la hauteur du domicile du commandant de Brigade de gendarmerie de Pibaoré, j'ai jugé opportun d'aller informer le commandant de brigade (CB). Celui-ci, à bord de sa voiture, nous a conduits d'urgence au CSPS. C'est de là-bas qu'il est reparti avec un renfort d'agents de sécurité venus de Kaya pour mettre hors d'état de nuire la bête en furie.

Rimmanegdo Ouédraogo (village de Ziib-tenga : Je me rendais aux champs. Un de mes enfants voulait me suivre. C'était vers 7h du matin. Comme si je pressentais l'incident, j'ai fait repartir l'enfant . A peine ai-je fait quelques pas que je me suis retrouvée nez à nez avec le buffle qui soufflait. Il me chargea et me piétina jusqu'à ce que je perde connaissance. Je ne suis revenue à moi qu'à l'hôpital ici (ndlr CHR de Kaya). En plus de mes blessures au ventre et au menton, je sens actuellement des douleurs au niveau de la clavicule. On me parle de déboîtement de l'os à ce niveau.

Dr Saidou Sawadogo, médecin traitant des malades : En ce qui concerne l'incident, nous avons reçu deux blessés dont un dans un état comateux. Selon les accompagnants des victimes, ces gens ont été agressés par un buffle. Le plus grièvement blessé aurait reçu des coups de tête de l'animal au niveau de sa poitrine. Le patient qui est dans un coma dépassé est en salle de réanimation mais aujourd'hui (ndlr le 18 septembre), il commence à sortir du coma. Sa prise en charge se poursuit et nous notons un progrès significatif. Quant au second malade, il s'agit d'un agent de sécurité appelé par les habitants du village à la rescousse. L'examen médical nous révèle qu'il a gravement été atteint au niveau de l'abdomen et de la jambe où il a une fracture. Le malade est cependant conscient et sa santé s'améliore. Son cas nécessité un bilan pour voir s'il n'y pas d'autres complications. Ce qu'il faut dire en général est que pour des traumatismes du genre, la prudence est de mise pour une appréciation à long terme.



21/09/2007
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