L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Ce fut un vrai dassandaga à Kienfangué !

Kienfangué

Ce fut un vrai dassandaga !

A Kienfangué, dans une ambiance de fête au village, se sont éteints les lampions sur les manifestations commémoratives du 35e anniversaire de l’Observateur Paalga.

Le lancement officiel du prix roman Paalga, l’avalanche d’hommages au directeur de publication du journal, Edouard Ouédraogo, élevé à l’occasion au grade d’officier de l’Ordre du mérite national et surtout le dassandaga qui a drainé grand monde jamais connu de mémoire de ressortissant du village ont particulièrement marqué ce bouquet final riche en émotions et en couleurs. Zapping sur les temps forts de la cérémonie digne d’une apothéose.

Rideau ! Allumés à Laye, village situé à 35 kilomètres de Ouagadougou, le samedi 31 mai 2008, les lampions sur le 35e anniversaire de l’Observateur Paalga se sont éteints, une semaine après, à Kienfangué, localité nichée dans la commune rurale de Komsilga, à 15 bornes de la capitale. Bouquet final de la série de manifestations commémoratives du jubilée de cristal du premier quotidien privé illustré de l’Afrique de l’Ouest, le tant attendu Dassandaga de Kienfagué aura tenu toutes ses promesses : retrouvailles, convivialité, ambiance champêtre, mangeaille, beuverie et bal poussière. C’est sûr, ce 31 mai 2008 fera date à Kienfangué.

En tout cas dans la mémoire de Souleymane Démé, qui a réussi à vendre une fournée de six carcasses de bœufs peu avant 15 heures. Egalement dans celle des rôtisseurs qui, malgré le nombre très impressionnant de poulets abattus, n’ont pu satisfaire une clientèle sans cesse grandissante. Quant à la viande de chien, spécialité gastronomique du bled, elle a manqué de créer l’émeute tant ses inconditionnels se massaient, claquant du bec devant les étals.

A Kienfangué, ce fut un vrai dassandaga. Pas de doute, le lieu n’a pas été choisi au hasard. Village réputé pour ses foires bucoliques, la petite bourgade attire chaque week-end de nombreux citadins en quête de divertissements. Histoire, bien sûr, de se requinquer après plusieurs journées de travail à Ouaga la stressante. Une raison, si ce n’est la raison, qui a poussé les endurants organisateurs de ce 35e anniversaire à prendre quartier dans ce bled : « Il s’agira plus de s’amuser que de parler. Depuis 6 mois, nous sommes sur la brèche. Alors nous sommes ici pour nous oxygéner, pour nous défouler », a brièvement expliqué le président du comité d’organisation, Ousséini Ilboudo, visiblement essoré par plusieurs jours de besogne sans relâche. Il a dit de s’amuser ? Alors, il allait voir ce qu’il allait voir.

Sur le podium de l’orchestre national, se succèdent des artistes de la musique moderne et traditionnelle. Lorsque Bamogo Jean Claude dit man, Georges Ouédraogo, le Gandaogo national ou Cissé Abdoulaye, l’homme à la guitare prestent, le banc des officiels fredonne. Souvenir, souvenir. Quand la cantatrice Nana Bibata entonne sa chanson, l’émotion est à son paroxysme. Quand arrive le tour de Nama Jacky, Adji, Floby et Yoni, les jeunes défaillent. Que dire des mouvements d’ensemble savamment exécutés par les majorettes et des sons des trompettes et des tambours de la fanfare de la commune de Ouagadougou ? Impeccables. Au point que le maire de la jeune commune rurale de Komsilga, Julien Nonguierma, groggy d’émotions en vient à perdre son latin, au moment de son speech.

Malgré la canicule, la foule grossit. Les gens continuent d’arriver de toutes parts, à bord de véhicules, au moyen d’engins à deux roues et mêmes à pied pour ceux qui résident dans les parages. Plusieurs autres actes majeurs ont marqué la cérémonie de Kienfangué. Arrêts sur trois d’entre eux.

Acte I : remise d’une attestation au DP de l’Obs. Au nom de son institution, le Conseil supérieur de la communication (CSC), le conseiller Victor Sanou a remis au pionnier de la presse privée burkinabé, Edouard Ouédraogo, une attestation d’excellence. Une distinction accompagnée d’une lettre de félicitations du président du CSC, Luc Adolphe Tiao, absent, dont teneur suit : « La contribution de l’Observateur Paalga à l’élargissement de la liberté d’expression a été fondamentale. Les grandes qualités humaines et professionnelles de son directeur sont indéniables ».

Vêtu d’une tenue traditionnelle joliment assortie d’un bonnet richement brodé, celui dont le professionnalisme et l’humanisme font l’unanimité auprès de tous, ne déroge pas à sa solide réputation d’homme de modestie. Un sentiment de peur l’assaille : « De peur que ce que je vais dire ne soit pas à la hauteur de cette marque de reconnaissance, je vais éviter de parler ». Il n’en dira pas plus. La foule l’acclame. Un confrère regrette : « J’ai toujours éprouvé du grand plaisir à l’écouter ».

Acte II : lancement du prix roman paalga Initiative personnelle du directeur de publication, l’institution de ce prix vise à promouvoir la créativité littéraire au Burkina Faso. Pour illustrer le sens de cette main tendue aux écrivains en herbe dont les talents restent en friche faute de tribune d’expression, le secrétaire général de la commission nationale de la Francophonie, Dramane Konaté, a rappelé comment André Malraux a sauvé un aveugle de l’indifférence coupable des Français : « En portant l’écriteau suivant « Le printemps arrive et moi je ne le verrai pas » devant la sébile de l’indigent, l’écrivain Malraux a déclenché un élan de solidarité envers l’indigent ».

Acte III : décoration du « doyen de la presse » C’est le visage impassible sous le crépitement des flashs, que celui qu’on appelle affectueusement « doyen de la presse » a reçu des mains du ministre de la Culture, des Arts et de la Communication, Filippe Sawadogo, la médaille d’officier de l’Ordre national du mérite des Arts et des Lettres avec agrafe presse écrite, radio, télévision. « Une distinction qui couronne la carrière d’un homme éclectique qui a réussi à faire de l’Observateur un titre lu et respecté partout dans le monde ». Commentaire du ministre. Le récipiendaire, lui, reste peu loquace : « J’ai l’impression de vivre l’apothéose ». La peur l’habite toujours. Il songe un instant à la retraite : « Je me demande si je ne vais pas arrêter ma carrière, de peur de redescendre après avoir été élevé si haut ». Mais c’est plus fort que lui, comme qui dirait : « Mais je vais m’efforcer de rester quelque temps pour épauler la jeune génération que je suis en train de préparer à la relève », s’est-il ravisé plus tard, entouré de jeunes journalistes qui l’interviewaient, peu après la fin de la cérémonie.

Alain Saint Robespierre

D. Evariste Ouédraogo

L’Observateur Paalga du 2 juin 2008



02/06/2008
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