L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Circulation urbaine : Un ado au volant d’un mastodonte

Circulation urbaine

Un ado au volant d'un mastodonte

 

Le petit Joël (à la porte de la remorque) n'était pas conscient du danger qu'il encourait en conduisant un tel véhicule

 

 

Joël Kiétega est un gamin qui n'a pas encore vu passer 18 printemps. Il est apprenti à bord d'un véhicule à remorque immatriculé 20 N 5566, appartenant à Seydou Sankara et habituellement conduit par Nouktara Papou. Voilà que ce lundi soir vers 17 heures, alors que Joël et son patron viennent de décharger leurs marchandises non loin de la MACO, le gamin, à l'insu du chauffeur titulaire, décide de déplacer le camion qui obstruait la voie pour l'emmener au garage.

Joël était habitué à rouler l'engin en province sans qu'aucune autorité policière s'en rende compte, mais ce lundi 9 juillet 2007 fut un jour sombre pour lui. En effet, à la hauteur de Ouagarinter, les agents de la police municipale l'interpellent après avoir constaté les manœuvres approximatives du «conducteur d'un soir», doublées de son non-respect d'un feu tricolore. Pris de panique, Joël éprouve des difficultés à s'immobiliser. Il voulut ensuite emmener le mastodonte en fourrière à la police municipale, mais celui-ci refusera même de poursuivre sa course et s'éteignit juste au niveau du rond-point de la Patte-d'oie, créant un embouteillage à ciel ouvert. Les dernières gouttes de gasoil venaient de s'épuiser.

Lorsque les policiers demandèrent les papiers du véhicule, le chauffeur n'avait rien à présenter. Il ne disposait que de sa CIB. Il est né en 1989, c'est-à-dire qu'il n'a pas 18 ans bien sonnés (car en l'absence du mois, la  référence est le 31 décembre) pour prétendre au permis D (poids lourd) encore moins au permis E  pour les véhicules à remorque.

Le cas du "petit" engage une triple responsabilité, nous a confié l'officier Lasmané Frank Guegma de la police municipale, car cela démontre que le propriétaire n'a pas un droit de regard sur son véhicule, que le chauffeur n'est pas soucieux de l'exposition de son apprenti au danger et que l'apprenti n'est pas conscient des risques encourus.

Et l'officier de police de se demander comment des parents peuvent ainsi dangereusement laisser leurs enfants au volant d'un tel mastodonte. «Ils compromettent non seulement la vie de leur enfant, mais aussi celle des usagers, car un accident est vite arrivé», a déploré M. Guegma.

En attendant de répondre des faits qui lui sont reprochés (non-respect du feu tricolore, refus d'obtempérer, obstruction de la voie publique), Joël médite sur ses actes pendant sa garde à vue à la mairie de Bogodogo.

Le cas de Joël Kiétega doit interpeller tous les chauffeurs et les proprios de véhicules à remorque qui, une fois fatigués, laissent le volant à leurs apprentis, minimisant les dangers d'un tel laisser-aller. Heureusement que les enfants de Simon ont eu le bon flair ce lundi.

 

K. T.

L'Observateur Paalga du 10 juillet 2007



10/07/2007
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