L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

L'Heure     du     Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

Communes rurales : Les cas de Faramana et de Toussiana

Province du Houet

Les cas de Faramana et de Toussiana

Les élections municipales du 23 avril 2006 ont consacré la communalisation intégrale du territoire burkinabè, avec en toile de fond, l’avènement des communes rurales. Mais comment s’en sortent-ils, ces bourgmestres pionniers des communes rurales ? Quelles difficultés rencontrent-ils dans la gouvernance de leurs communes dont certaines sont presque sans ressources ? Y a-t-il de radieuses perspectives à l’horizon ? Quelques maires de communes rurales apportent des réponses. Coup de projecteur sur le fonctionnement des communes rurales de Faramana et de Toussiana dans la province du Houet.

Depuis qu’il a été officiellement installé dans ses fonctions, le mercredi 31 mai 2006, Moussa Zan Ouattara, maire élu de la commune rurale de Toussiana, travaille dans les locaux de la préfecture du département, en même temps que le préfet. A l’entrée de la pièce qui fait office de bureau pour le maire, on lit plutôt la mention "service militaire". Lorsque nous lui rendons visite le lundi 25 juin dernier autour de 11h, M. Ouattara, le tout premier maire de la commune de Toussiana, est en pleine séance de travail avec Zoumana Ouattara, son premier adjoint. Avec les 26 autres conseillers municipaux (dont 13 femmes), ils ont désormais en charge le bien-être économique et social de 14 846 habitants répartis dans les 14 villages et 19 hameaux de culture constituant cette commune qui s’étale à cheval sur Bobo Dioulasso et Banfora.

A la date du 25 juin 2007, les conseillers municipaux de Toussiana dont la quasi-totalité (sauf un) est issue du parti majoritaire, le CDP, s’étaient déjà réunis au moins 5 fois en session de conseil municipal – dont une extraordinaire – . A cette même date, et selon le maire Moussa Z. Ouattara, l’essentiel du travail jusque-là abattu par son conseil municipal aurait consisté en la préparation de ce qu’il appelle le "fichier du contribuable". Et cette tâche qui n’est d’ailleurs pas encore finalisée, a été précédée d’une vaste campagne d’information et de sensibilisation des populations sur la nécessité de s’acquitter des différentes taxes (taxe de jouissance, taxe d’occupation du domaine public, taxe sur l’enlèvement des agrégats, taxe sur la dégradation, etc.) et à l’utilisation qui sera faite de l’argent ainsi collecté. La nouvelle équipe municipale de Toussiana, aurait aussi travaillé à instaurer un climat de confiance réciproque au sein du conseil municipal, et à promouvoir la cohésion de l’ensemble des acteurs de la commune. Plusieurs rencontres avec la société civile auraient été organisées à cet effet.

La commune rurale de Faramana qui se situe à l’autre bout de la province du Houet, à la frontière avec le Mali, fonctionne, elle aussi , depuis plus d’une année. Outre la préfecture et la mairie, Faramana, distant de 125 km de Bobo Dioulasso, abrite une brigade de gendarmerie, un poste de police et de douane frontalière, un CSPS et bien d’autres services déconcentrés de l’administration. Sa population est estimée à une vingtaine de milliers d’habitants. La commune fonctionne avec ses difficultés selon le maire Seydou Traoré qui parle déjà d’une dette auprès d’une imprimerie qui a fourni les carnets de quittance pour la collecte des taxes.

A Faramana, tout comme ce fut le cas à Toussiana, c’est l’enveloppe financière allouée par l’Etat, à titre de subvention, qui a autorisé un démarrage véritable des activités. La somme de 2.713.667 F CFA accordée par l’Etat à la commune rurale de Toussiana comme "dotation de fonctionnement" aurait servi, a expliqué le maire Ouattara, à l’achat des fournitures de bureau et du matériel minimum pour fonctionner.

Conformément à l’esprit de la décentralisation, les communes rurales se doivent de mobiliser elles-mêmes l’essentiel des ressources nécessaires à la mise en oeuvre de leurs plans d’action. C’est pourquoi, l’un des points d’achoppement des premières sessions du conseil municipal a été l’élaboration des budgets communaux. A ce sujet, le conseil municipal de Toussiana, lors de sa session du 13 novembre 2006, a adopté un budget primitif 2007 à hauteur de 20 040 119 F CFA, un compte administratif et de gestion de 13 390 951 F CFA. Le budget 2007, selon un plan d’actions prioritaires présenté par le maire et son premier adjoint, ira à l’équipement, aux frais d’étude des microprojets, au mobilier, aux carrières et à bien d’autres travaux dits des collectivités (électrification du secteur 3, éclairage public, ouverture des voies, aménagement des périmètres, équipement du lycée départemental, etc.). Pour ce qui est de la construction d’un hôtel de ville pour la commune et dont le coût est estimé à environ 35 millions de F CFA, la mairie dit compter sur l’Etat qui en aurait d’ailleurs fait la promesse, selon Moussa Zan Ouattara.

A Faramana, le conseil municipal, au terme de sa session du 14 juin 2007, a statué sur un budget revu à hauteur de 17 422 280 F CFA. Cette somme qui devrait être complètement acquise avec la perception des différentes taxes, est destinée à des investissements similaires à ceux retenus par la commune de Toussiana (équipements, frais d’études des microprojets, aménagement de routes et de bas-fonds, etc.). Toutefois, à la différence de Toussiana, la commune rurale de Faramana devrait incessamment libérer les locaux de la préfecture pour aménager dans ses locaux neufs déjà construits par l’Etat, dans le cadre du projet de réalisation d’une soixantaine de mairies au profit surtout des communes frontalières.

A Faramana, comme à Toussiana, les nouvelles communes entretiennent de très bonnes relations de collaboration avec les préfectures, à en croire leurs maires respectifs. Aucun conflit de compétence à redouter. "Depuis la prise de fonction du conseil municipal, le préfet nous a toujours assistés dans l’exécution de nos différentes activités et il y a même une certaine fraternité, une parfaite harmonie qui s’est instaurée entre la mairie et la préfecture", a indiqué le maire Seydou Traoré de la commune rurale de Faramana. Même son de cloche à Toussiana où le préfet, Mme Coulibaly née Traoré Thérèse, parle aussi d’une parfaite harmonie, voire une complicité entre elle et le conseil municipal. Les deux parties partagent en effet les mêmes locaux et le même personnel.

En termes de difficultés, le maire de Toussiana a indiqué que la principale difficulté de sa commune reste la masse salariale des agents permanents (secrétaire, comptable, matrone, gardien), ainsi que des "gens de maison" du haut-commissariat du Houet qui, selon le maire Ouattara, "émargent désormais sur le budget de sa commune".

Les maires des communes rurales de Faramana et de Toussiana ont tous les deux jugé satisfaisant le bilan de la mise en oeuvre de la décentralisation. Tout en se réjouissant des différentes formations sur le renforcement des capacités des élus locaux à l’initiative du ministère de l’Administration, ils ont souhaité toujours bénéficier d’un appui institutionnel dans le cadre de la mise en oeuvre de leurs différents plans de développement communal.

Par Paul-Miki ROAMBA

Le Pays du 14 septembre 2007



13/09/2007
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 1007 autres membres