L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Conclave musical avec des messagers de Thomas Sankara

20e anniversaire de l’assassinat de Sankara

Conclave musical avec des messagers de Thom

 

Pour clore en beauté la commémoration du 20e anniversaire de l’assassinat du président Thomas Sankara, l’Atelier théâtre burkinabè (ATB) a accueilli le jeudi 18 octobre 2007 un concert de grande envergure. A l’affiche, des artistes musiciens tels que Sam’s K le Jah, Awadi, Smockey, Sana Bob pour ne citer que ceux-ci, messagers de Thom  Sank, qui ont fait énormément bouger un public très enthousiaste, acquis à la cause de l’ancien leader de la Révolution du 4 août 1983.

 

Les reggaemen : Dick Marcus, Foum Mobo, Sam’s K le Jah, Sana Bob et les deux rappeurs burkinabè et sénégalais, Smockey et Awadi ont été l’attraction du jeudi dernier, lors du mégaconcert entrant dans le contexte de la célébration de la disparition de Thomas Sankara dit Thom Sank. Après l’accueil triomphal de l’épouse du défunt, Mariam, suivi de la marée humaine qui a déferlé le 15 octobre 2007 à Dagnoën pour le dépôt de gerbe de fleurs sur la tombe de son héros, c’était donc au tour des musiciens de lui rendre un vibrant hommage.

Ambiance féerique, moments d’intenses émotions, de méditation et également de désapprobation à l’endroit de ceux qui ont abattu ce président «porteur d’espoirs» pour son pays et de l’Afrique. D’autres messages comme le répertoire du «colonel» Dick Marcus, Foum Mobo, Sam’s K le Jah, Sana Bob ont mis un doigt accusateur sur la mal gouvernance, l’injustice, l’impunité, l’incivisme, le chômage. Cette soirée aura été marquée par la sortie fort réussie de Sana Bob qui est parvenu avec ses chansons comme «Mon pays» à faire vibrer le public. Serges Bambara alias Smockey, rappeur burkinabè de renom, n’est pas aussi passé inaperçu et mieux le public l’a accompagné en reprenant le refrain sur un titre consacré à Thom Sank. «A qui profite le crime ? A qui profite…», pouvait-on, en effet, entendre s’élever de la salle de spectacles.

Quant à son collègue rappeur du Sénégal, Awadi, qui a un studio au pays de la Téranga du nom de Sankara, il a été fidèle à sa réputation. D’un ton également engagé, il  a déballé ses vérités sur les nombreuses injustices en Afrique. Standing ovation donc pour ce chanteur qui n’a hésité à dérouler le tapis rouge pour Karim Sama dit Sam’s K le Jah, la vedette de la soirée.

Outre l’album, «Une bougie allumée pour Thom Sank», la côte de sympathie et de popularité de ce dernier a énormément grimpé ces temps-ci, compte tenu des menaces de mort dont il fut victime depuis des mois et l’incendie de son véhicule. A ce propos, un suspect sérieux, en la personne de Tibiafouba Madiéga, est entre les mains de la police burkinabè. Soutenu par le public, l’homme enchaîne des titres sur Sankara et des interrogations sur la mort de ce dernier. Et de scander : «Peut-on tuer son témoin de mariage ?». Les spectateurs répondent par la négative. L’ambiance est à son comble ; les projecteurs de la salle furent éteints pour que les portables, les briquets et les bougies allumés prirent le relais pendant que le reggaeman chante «Sankara du Burkina».

Les points levés, de nombreux mélomanes ne cessaient de manifester leur joie par des cris.

 

Cyr Payim Ouédraogo

L’Observateur Paalga du 23 octobre 2007



23/10/2007
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