L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Coupe du Faso : Dame Coupe ne séduit plus grand-monde

Dame Coupe ne séduit plus grand-monde 

 

Qu’elle est loin l’époque où la Coupe du Faso suscitait l’enthousiasme.

Quand, à la faveur de la Révolution d’août, la Haute-Volta est devenue Burkina Faso, la Coupe du Faso, dès sa première édition en 1987 jusqu’à une certaine date, était une véritable fête sportive. C’était un peu comme la Coupe des leaders. Mais aujourd’hui, dame Coupe ne séduisant plus grand-monde, les choses ont changé et il n’y a pas de quoi en être fier. En effet, ces dernières années, il y a un certain désintérêt pour cette coupe nationale. La preuve : lors de la finale de la 21e édition de la Coupe du Faso qui s’est jouée le dimanche 5 août 2007, c’est (presque) devant des gradins vides que le Racing club de Bobo s’est adjugé le trophée face à l’Union sportive de Ouagadougou. Et pourtant, sur le plan du jeu, il n’y avait rien à dire puisque les deux finalistes ont lutté jusqu’au bout et multiplié les enchaînements offensifs. Si à l’USO, on a la certitude d’être passés près de la réussite, au RCB par contre, on est satisfaits d’être parvenus à mettre davantage de rythme et plus de pression pour provoquer la chance.

Sur le contenu, disons-nous, il y a eu de bonnes séquences de jeu et il ne fallait pas douter de la capacité des deux forces en présence. Le clou de cette finale, c’était la cérémonie de remise des prix qui s’est déroulée comme si on était dans un cimetière : aucune sono pour coordonner les choses. Un après-midi morne même si les joueurs du RCB jubilaient de temps en temps pour détendre l’atmosphère.

Le gros point noir de cette Coupe du Faso, c’est l’absence de ceux qui font partie du Tout-Ouaga. C’est vrai qu’il y avait une belle brochette de personnalités au premier rang de la tribune d’honneur, mais ce n’est pas arrivé, comme on le dit. Quand on n’a pas vu le tapis rouge à l’entrée du stade du 4-Août, on a  tout de suite compris que le premier ministre, Tertius Zongo, ne serait pas là. C’est à quelques minutes du coup d’envoi de la finale qu’on a su que c’est le président du CES, Thomas Sanon, qui le remplaçait pour la circonstance. Tertius, qui avait l’occasion d’aller vivre sa première Coupe du Faso en tant que premier ministre, est parti, dit-on, en voyage. Ce n’est donc que partie remise puisqu’il a encore le temps de rester à la Primature. A Bobo, cela a donné lieu à des interprétations de toutes sortes. Dieu faisant bien les choses, c’est un fils de Sya qui a remis le trophée au RCB. C’est tout un symbole.

La finale de la Coupe du Faso, comme on le sait, a coïncidé avec les phases finales de la Coupe du parc animalier. Le donateur n’est autre que l’empereur de Ziniaré ou, si vous préférez, le président du Faso. Pendant trois jours, il n’a pas quitté sa résidence secondaire où les sports de main ont attiré un monde fou.

Le principe de la souveraineté réside dans le peuple, notamment la jeunesse, et le maître de céans n’a pas caché sa satisfaction de voir les jeunes gens s’amuser. Une contribution inestimable pour rendre visibles les sports de main en attendant les sports de combat.

A Ziniaré, tout le gratin de la capitale était aux côtés de l’empereur pour soutenir son action. On a sorti des billets de banque pour récompenser les équipes les plus méritantes. Le tournoi ayant pris fin la veille de la finale de la Coupe du Faso, on n’a pas vu ce gratin dans le temple du football burkinabè. Est-ce parce que le premier magistrat du pays n’y était pas ? D’ailleurs, il y a longtemps que celui-ci n’assiste plus à une Coupe du Faso alors qu’il est le premier supporter des Etalons du Burkina. On connaît sa passion pour le football, et on se demande pourquoi il boude cette coupe prestigieuse. Blaise est-il déçu des résultats du onze national au point d’ignorer où se trouve le stade du 4-Août ? On peut comprendre qu’il soit gagné par le découragement, mais ce n’est pas une raison pour rester chez lui et suivre, peut-être comme d’autres personnes, le match sur le petit écran. C’est même un devoir pour lui d’être là. Dans l’Hexagone, la Coupe de France a toujours été l’affaire du Tout-Etat. Jacques Chirac, sauf erreur ou omission, a toujours inscrit la Coupe de France dans son calendrier. Ce qui ne semble pas être le cas de Blaise qui préfère pour le moment jouer avec ses bêtes et les décorer comme on l’a vu l’autre jour avec ce lionceau.

 

Justin Daboné

L’Observateur Paalga du 8 août 2007



08/08/2007
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