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Délocation du PARIS-DAKAR : Le prétexte du terrorisme

Délocation du PARIS-DAKAR

Le prétexte du terrorisme

 

Le divorce est donc visiblement consommé entre le rallye Paris-Dakar et l'Afrique, après des amours de 30 ans. Peut-être qu'un jour les deux divorcés retourneront-ils encore sous le même toit, selon les géniteurs du fabuleux rallye-raid. Mais en attendant, c'est en Amérique du Sud, notamment en Argentine et en Chili que les grosses machines feront vrombir leurs chevaux, rivalisant de puissance, pour se faire plaisir. Cette nouvelle situation fait suite aux menaces terroristes en Mauritanie qui ont conduit à l'annulation du rallye de 2008. Toutefois, la rapidité avec laquelle, le Paris-Dakar tourne le dos à l'Afrique laisse songeur.

Il y avait sans doute des velléités de délocalisation guidées entre autres par le désir de vivre d'autres sensations exotiques. L'Afrique, on verra après ! En tout cas, l'alibi du terrorisme ne saurait à lui seul justifier le déménagement du Paris-Dakar vu que la nébuleuse Al Qaïda est présente partout. Pire, l'Afrique est encore presqu'un terrain vierge en matière d'attentats terroristes contrairement à ces terres d'Amérique du Sud où les prises d'otages occidentaux sont légion. D'ailleurs, la Colombie et les FARC, ce n'est pas très loin. Al Qaïda et toutes ces rebellions dont les organisateurs du Paris-Dakar disent avoir la phobie, se nourrissent des injustices d'origine politique et économique, du déséquilibre mondial savamment entretenu par les puissances occidentales, etc.

C'est donc sur cette corde qu'il faut agir pour que le rallye qui, du reste, profite davantage aux organisateurs qu'aux pays africains, retrouve sa quiétude.

Au fait, que gagnait véritablement l'Afrique en abritant le Paris-Dakar ? Ce que les pays traversés par l'épreuve sportive gagnent, compense-t-il ce qu'ils perdent ?

Une chose est certaine, en dehors des bolides qui impressionnent les villageois et les enfants, les images que draine le Paris-Dakar sont celles d'enfants mortellement fauchés, et la pollution conséquente de l'environnement. Hormis quelques actions humanitaires qui viennent soulager quelque peu les Africains des campagnes, cette délocalisation ne fait pas perdre grand-chose à l'Afrique.

 

Morin YAMONGBE

 

Le Pays du 13 février 2008



13/02/2008
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