L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Des centaines de Touaregs affolés au Burkina

Rébellion au nord Mali

Des centaines de Touaregs affolés au Burkina

 

Effrayés par la rébellion au nord du Mali, un millier de Touregs ont trouvé refuge au Burkina. Le stade du 4-Août, à Ouagadougou, accueille plus de 300 d’entre eux depuis quelque deux semaines.

 

Le Burkina Faso, comme dans les années 90, sert de pays d’asile à des Touaregs maliens en détresse. Ils ont, témoignent certains d’entre eux, franchi la frontière qui, à dos-d’âne qui, à pied ou en véhicule. Pour Ag Agalass, de Tirwal au Mali, leur porte-parole, présent au Burkina depuis 2007, les réfugiés sont venus au Burkina, non pas parce qu’ils ont été attaqués. Ils n’ont également pas de problèmes, a-t-il ajouté, avec les autorités maliennes. Toutefois, eu égard aux évènements similaires des années 90, où des campements ont été détruits, la prudence est mère de sûreté, comme le dit l’adage. Selon ses dires, d’aucuns ont déménagé avec leur troupeau et d’autres en ont vendu ou l’ont abandonné carrément pour leur sécurité. Ag Agalass a dit être reconnaissant aux autorités burkinabè qui, à travers la Commission nationale pour les réfugiés (CONAREF) et la Croix-rouge burkinabè, les ont bien accueillis et hébergés  dans de bonnes conditions au stade du 4-Août. Nombre d’entre d’eux, nous a-t-il confié, ont été convoyés depuis la frontière jusqu’à Ouagadougou. Ils seraient au total 329 hommes, femmes et enfants à avoir été enregistrés dans la capitale burkinabè, mais 600 d’entre eux sont restés à Djibo. Ceux-ci ne souhaitent que l’Armée malienne et la faction rebelle fument le calumet de la paix pour retourner au bercail.

En tout cas au stade du 4-Août, à notre passage hier 4 juin 2008 dans la matinée, l’ambiance semblait bonne. Surtout du côté des femmes, dont certaines vaquaient à leurs occupations traditionnelles, notamment l’artisanat (porte-clefs, coussins en cuir et autres objets décoratifs) et bien sûr les enfants, qui s’amusaient non loin de leurs parents.  C’est le cas de Mme Walet Mississa, qui ne se plaint pas des conditions d’accueil. Sauf, a-t-elle relevé, que les enfants, habitués au lait, ont des problèmes d’adaptation à la nourriture (riz et spaghettis). Avec trois repas par jour, Ag Agalass se dit satisfait. Selon ce dernier, depuis qu’ils sont là, 8 personnes ont déjà été envoyés en consultation dont malheureusement une est décédée (un enfant). Une femme, nous a-t-il dit sans précision, vient récupérer les ordonnances et leur ramène les produits pharmaceutiques. Un autre réfugié, qui parle passablement français, nous a avancé le nom du CREDO, une organisation humanitaire chrétienne basée au Burkina.

 

Hamidou Ouédraogo

L’Observateur Paalga du 5 juin 2008



04/06/2008
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