L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Des révélations de Salif Diallo

Des révélations de Salif Diallo

 

On l'avait prédit, le départ de Salif Diallo après le réajustement gouvernemental "pascal" fera des vagues pendant un bout de temps. On sait que le 23 mars, 2 heures environ avant la lecture du décret présidentiel qui l'a limogé, Salif Diallo était sur le plateau de la télévision nationale. Sur cette prestation, M. Diallo s'explique dans Jeune Afrique du 30 mars au 12 avril : "Compte tenu de l'imminence des changements, nous nous sommes posé la question de ma participation à l'émission. Nous avons finalement décidé de la maintenir, car c'était l'occasion de parler de mon bilan." On sait aussi que l'homme était à l'ENAM où il a présidé des soutenances. On sait aussi que Salif Diallo, selon ceux qui ont pu le joindre, dit être serein. Dans le même Jeune Afrique n°246424465 du 30 mars au 12 avril 2008, l'ex-ministre d'Etat a affirmé : "Voilà plus de dix-huit ans que je suis au gouvernement. Après tout ce temps, le risque de devenir moins efficace est bien réel. En politique, il faut savoir prendre du recul." Selon lui, affirme toujours la même source, ce départ a été décidé "d'un commun accord". Ce qu'on sait moins, c'est pourquoi la passation de service au ministère de l'Agriculture, de l'Hydraulique et des Ressources halieutiques entre Salif Diallo et le ministre entrant Laurent Sédégo, s'est passée presqu'en catimini, à l'insu des médias. C'était le mercredi 26 mars dernier, au lendemain du Conseil des ministres extraordinaire qui a réuni l'équipe Tertius II autour de Blaise Compaoré. En attendant, les rumeurs les plus inimaginables continuent de courir sur le départ de Salif Diallo.

 

Valse de DG et de DAF dans un ministère

 

Un ministère de la place est à son troisième DAF depuis la nomination de son nouveau patron. Le limogeage des proches collaborateurs du chef de département est devenu fréquent, à tel point que les agents du ministère s'en inquiètent . Directeurs centraux et directeurs généraux ne sont pas épargnés. Les cadres dudit ministère parlent d'insécurité à leur poste. Avec une telle épée de Damoclès sur la tête, c'est le rendement qui risque d'en prendre un coup. Le dernier directeur général d'une institution rattachée à ce département ministériel n'a tenu que trois mois à son poste.

 

BCB : un cadre dénonce un licenciement abusif

 

Dominique Marie-André Nana est employé à la Banque commerciale du Burkina en tant que directeur des affaires juridiques chargé du recouvrement et du contentieux. En mai 2006, il a demandé à être affecté à un autre poste. On lui a dit d'attendre, jusqu'au jour où il a été démis de ses fonctions et promis à une affectation. Dès cet instant, il dit avoir été privé des indemnités et avantages liés à la fonction de directeur. Dans la foulée, il dit avoir été privé de l'accès au système d'information de la banque. Conséquence, il n'avait plus accès à ses correspondances. Dominique Marie-André Nana est donc resté sans affectation. Pire, a-t-il souligné, il est simplement commis à des tâches subalternes et ponctuelles. Relevant ces mesures arbitraires prises en dehors de toute légalité, le cadre de la BCB dit avoir épuisé tous les recours et toutes les voies de règlement à l'amiable avec sa direction générale. Il a dû se résigner à demander la rupture de son contrat de travail en offrant à la direction générale l'option de régler les modalités de cette situation hors des prétoires. Mais cette offre, selon lui, a été rejetée par la direction générale qui a considéré la rupture comme une démission. Aujourd'hui sans travail, Dominique Marie-André Nana exige que justice lui soit rendue afin qu'il recouvre ses droits.

 

Manifestations du 28 février: le jeune poignardé quitte l'hôpital

 

Dans la foulée des violentes manifestations du 28 février 2008 contre la vie chère à Ouagadougou, un jeune homme avait reçu un coup de poignard dans l'arrondissement de Nongremasson. La rumeur avait même fait état de son décès, juste après qu'il eut été admis aux urgences de l'hôpital Yalgado. Aujourd'hui, fort heureusement, la victime qui a quitté son lit d'hôpital depuis le 14 mars dernier va beaucoup mieux, selon son infirmier traitant, qui précise toutefois qu'il lui reste encore quelques pansements à faire à domicile.

 

 

Des greffiers attendent de prendre fonction depuis juillet 2007

 

Le 25 juillet 2007, le Conseil des ministres procédait à la nomination de greffiers en chef dans un certain nombre de juridictions. Quatre mois plus tard, soit le 27 novembre, la direction des ressources humaines du ministère de la Justice signait au profit des intéressés un certificat de prise de service collectif. Par la suite, certains sont allés effectivement prendre fonction dans leur juridiction d'affectation. Par contre, et selon des informations qui nous sont parvenues, d'autres n'ont toujours pas pris fonction en ce mois d'avril 2008. S'ils perçoivent leur salaire, ils ne font pas le travail pour lequel ils sont payés. A ce que l'on dit, certains de ceux qu'ils doivent remplacer font des des pieds et des mains pour ne pas bouger de leur poste.

 

Commune de Ziou : des conseillers "bannis" des sessions

 

Une exclusion des sessions du conseil municipal de Ziou (province du Nahouri) qui ne dit pas son nom frappe 5 conseillers de l'ADF-RDA. Selon nos informations, cela fait 9 mois que ces conseillers du parti de l'Eléphant, dont 3 résident à Ziou, ne sont plus convoqués par le maire CDP Talato Karfo pour les sessions. Au cours des 9 mois, 3 sessions se sont tenues uniquement avec les 52 autres conseillers du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP, parti au pouvoir). Pourtant, par le passé, et selon toujours nos sources, les 5 autres conseillers ADF-RDA (4 maintenant après le décès d'un d'entre eux) étaient convoqués en bonne et due forme au même titre que les autres pour les sessions. Les intéressés disent ne pas comprendre ce qui leur arrive vu qu'aucune explication ne leur est fournie par le maire CDP. Après avoir appris comme tout le monde la tenue de la session le 31 mars dernier, l'un des conseillers "bannis" a tenté en vain de joindre le maire sur son téléphone portable pour comprendre la situation. En l'absence de toute explication, les conseillers se demandent tout simplement si ce n'est pas une façon de les empêcher d'utiliser la tribune des sessions pour exprimer leur désaccord par rapport à certains aspects de la gestion du maire.

 

Le Pays du 4 avril 2008



04/04/2008
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