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District sanitaire de Mangodara : La commune de Sidéradougou divisée en deux

District sanitaire de Mangodara

La commune de Sidéradougou divisée en deux

La commune rurale de Mangodara, une localité située à 95 kilomètres au sud-est de Banfora, est devenue, par un décret gouvernemental, un siège de district sanitaire. Ce nouveau statut devrait susciter des sentiments de joie, mais, à Sidéradougou, une autre commune rurale située à 65 kilomètres à l’est de Banfora, la nouvelle semble créer un désarroi au sein d’une partie de la population qui voit sa commune rattachée contre son gré à Mangodara, où elle devra se référer pour ses besoins en matière de santé.

Les communes rurales de Mangodara et de Sidéradougou se positionnent au plan provincial, dans la Comoé, et même national, comme étant les plus grandes. Sidéradougou, par exemple, couvre une superficie de 359 km2, compte une quarantaine de villages et 76 210 habitants. La distance qui sépare ces deux localités est d’une trentaine de kilomètres, mais, en raison de l’absence d’une route appropriée, le citoyen de Sidéradougou qui désire se rendre à Mangodara est obligé de parcourir les distances Sidéradougou - Banfora, longue de 65 km, et Banfora – Mangodara, qui est de 92 km. Et vice versa. L'autre possibilité qui se présente est de passer par Kouèrè (40 km de Sidéradougou) pour emprunter une bretelle que les habitants de Sidéradougou trouve impraticable, longue, elle, de 100 km. Cette difficulté d’accès, un manque d’information de la population et des querelles politiques semblent être à l'origine de la division de la population de Sidéradougou en deux. Une partie de la population n'est pas contente à l’idée que leur village sur le plan sanitaire sera sous les compétences du médecin-chef de district qui sera nommé à Mangodara. Pour faire le point de la situation que connaît Sidéradougou, nous avons successivement rencontré Hamadou Ouattara, conseiller municipal RDB, et qui a nourrit en son temps l’ambition d’être le maire de Sidéradougou, et Daouda Sanogo du CDP, premier adjoint au maire de Sidéradougou.

Daouda Sanogo, premier adjoint au maire de Sidéradougou : "De prime abord, sachez qu’au niveau de la mairie de Sidéradougou, nous n’avons reçu aucun acte administratif qui dit que Mangodara serait un district et que notre commune devra s’en référer sur le plan sanitaire. Je sais que tout est parti d’une rumeur. Un infirmier qui serait parti à Banfora en mission est revenu dire au CSPS (centre de santé) que Mangodara serait érigé en district et que nous y serions rattachés. C’est alors que le RDB à travers l’un de ses conseillers, Mamadou Ouattara, qui, par ailleurs, est le président du comité de gestion du CSPS, a initié une campagne qui met une partie de la population dominée par leurs militants en colère. Selon eux, Benoît Ouattara, devenu député, fait tout pour son village Mangodara, au détriment de Sidéradougou. Et c’est pour cela que lors des élections municipales, il ne fallait pas permettre au CDP de remporter la mairie. Toujours est-il que j’ai rendu compte aux autorités administratives à Banfora, ainsi qu’à la gendarmerie, des actions qui se passent de nos jours à Sidéradougou et qui divisent le village en deux, même si nous, autorités communales ne sommes pas directement concernées par les mesures qu’il faille prendre."

Le lundi 17 septembre 2007, une délégation venue de Sidéradougou, conduite par Hamadou Ouattara, a rencontré le haut-commissaire à ce sujet. Elle était composée du chef coutumier Djina Ouattara, du chef de terre Kouwari Ouattara, de l’imam Soumaïla Sawadogo, et d’un représentant du village de Ouo. Nous avons saisi l’occasion pour échanger avec Hamadou Ouattara.

Hamadou Ouattara : "Concernant la création du CMA de Mangodara, nous avons appris que les communes de Sidéradougou et de Ouo sont rattachées à Mangodara. Si on ne peut pas nous donner un CMA à Sidéradougou, il est préférable, vu les difficiles conditions d’accès de Mangodara, de nous maintenir rattachés à Banfora. En tant que président du COGES de Sidéradougou, je rencontre beaucoup de problèmes avec les malades. Par exemple, pour une évacuation de Sidéradougou à Banfora, le malade doit débourser 15 000 F CFA pour son transport. Ils sont nombreux à ne pas pouvoir honorer cela. Imaginez s’il faut aller à Mangodara ; ça va chercher dans les 40 000 F. Si déjà ils ne peuvent pas payer 15 000 F pour qu’on les amène à Banfora, pourront-ils payer le transport sur Mangodara ? Vraiment, c’est difficile. Nous avons vu l’arrêté, et il est clairement dit dedans que Sidéradougou et Ouo sont rattachées à Mangodara. Vu la distance qui nous sépare de Mangodara, nous avons demandé au haut-commissaire de transmettre nos inquiétudes aux plus hautes autorités afin que nous restions rattachés au district de Banfora. Nous ne sommes pas contre l’érection de Mangodara en district, mais les réalités sont là. Si administrativement nous dépendons de Mangodara, cela veut dire que nous commanderons nos produits là-bas, nos infirmiers seront obligés de s’y rendre pour leurs rencontres périodiques, et plus tard nos malades y seront référés. Imaginez que le plateau technique du CMA de Mangodara se révèle insuffisant devant le cas d’un malade. Celui-ci devra se rabattre sur Banfora. Si là aussi la prise en charge s’avère impossible, il faut se rendre à Bobo Dioulasso. Le malade a le temps de mourir. Notre réaction n’a aucune coloration politique, et je peux même dire que c’est toute la population qui refuse le rattachement à Mangodara. Nous avons tenu des rencontres avec les autorités communales à cet effet."

Si pour Hamadou Ouattara, la distance et les conditions difficiles d’accès sont les principales causes du refus, certains membres de la délégation brandissent des causes historiques. En ce sens que dans un passé relativement court, la commune de Mangodara dépendait de Sidéradougou tant sur le plan administratif que culturel.

Le problème de Sidéradougou, né de la création du district de Mangodara, auquel il est rattaché est préoccupant. Il importe donc que les autorités du département de la santé s'y penchent.

Le Pays du 19 septembre 2007



19/09/2007
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