L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Flambée des prix : "Une conséquence des choix politiques du gouvernement"

Flambée des prix des produits de grande consommation

"Une conséquence des choix politiques du gouvernement"

 

Pour les centrales syndicales et les syndicats autonomes du Burkina Faso, les choix politiques du gouvernement ne sont pas étrangers au calvaire des populations des villes et des campagnes en ces temps de libéralisation tous azimuts.

D'où cet appel aux diverses organisations pour des initiatives communes face à la flambée des prix des produits de grande consommation,  la vie chère.

On lira par ailleurs une humeur du député Mahama Sawadogo y relative.

 

Sur instruction de Son Excellence monsieur le Premier ministre, une délégation gouvernementale a rencontré les organisations syndicales le mardi 12 février 2008. L’objet de la rencontre  était de livrer aux responsables syndicaux des informations relatives à la flambée des prix. La délégation gouvernementale a en substance communiqué aux délégués syndicaux son intention de prendre des mesures dérogatoires à la liberté des prix pour «soulager les consommateurs».

Tout en remerciant le gouvernement pour son initiative de communication, les secrétaires généraux des centrales syndicales et des syndicats autonomes, dans une correspondance en date du jeudi 14 février adressée au ministre du Travail, ont fait observer au gouvernement que :

• les états généraux du syndicalisme burkinabè tenus en 1991 ont rejeté les privatisations et, depuis lors, les organisations syndicales ont sans cesse dénoncé la libéralisation tous azimuts qui a conduit, entre autres, à la liquidation de Faso Yaar, de la CGP, de la Caisse de stabilisation des prix des produits agricoles, à la suppression du contrôle des prix et conséquemment au démantèlement des services de contrôle ;

• la réponse du gouvernement à ces dénonciations a été de déclarer que les privatisations sont un «choix politique» du gouvernement (Cf. Réponses du gouvernement aux cahiers de doléances 2004) ;

• ce qui importe pour les travailleurs, ce n’est pas tant les mesures qui seront prises mais bien leurs effets attendus, c’est-à-dire que les prix des produits baissent et qu’ils puissent avoir accès aux biens et services dont ils ont besoin ;

• avant même les hausses répétées de ces derniers mois (que le gouvernement lui-même a situé entre 10 et 67% !), le pouvoir d’achat des travailleurs était déjà fortement érodé, d’où la revendication d’une hausse des salaires et pensions de 25% en faveur de tous les travailleurs pour compter de janvier 2001 ;

• cette revendication est plus que jamais d’actualité, d’autant qu’aux dernières négociations, le gouvernement n’avait rien pu proposer dans ce sens et avait renvoyé la question en 2008.

Pour terminer, nos organisations ont interpellé le gouvernement pour des réponses urgentes aux préoccupations des travailleurs, qui n’en peuvent plus et n’attendront pas davantage des solutions qui n’ont que trop tardé.

 

Camarades militantes et militants,

Camarades travailleuses et travailleurs,

 

La lutte contre  la cherté de la vie dépend essentiellement de la mobilisation et de la détermination des travailleurs et de toutes les couches populaires. Il ne s’agit pas de se demander ce que font les syndicats et d’attendre la solution des autres, mais bien de s’interroger sur ses responsabilités propres dans la survenue et dans la résolution des problèmes qui nous assaillent.

En tout état de cause, nos organisations syndicales, comme à leur habitude, travaillent inlassablement et sereinement à une mobilisation massive des travailleurs pour des luttes déterminées et fructueuses.

A l’adresse des responsables de nos structures de base aux niveaux géographique et professionnel, nous réitérons notre appel contenu dans la circulaire unitaire de décembre 2007 pour l’organisation, au niveau des différentes localités, des entreprises et des services, d’assemblées générales d’information et de sensibilisation des travailleurs pour les luttes que nous engagerons prochainement autour de nos préoccupations.

Dans le même sens, nous lançons  un appel aux autres organisations (des élèves et étudiants, des consommateurs, des droits humains, des femmes, des jeunes,…) pour des initiatives communes autour de la lutte contre la vie chère.

 

Non à la vie chère !

 

En avant pour la diminution des prix des produits de grande  consommation et pour l’augmentation des salaires !

 

 

Ont signé :

 

Pour les Centrales syndicales :

CGT-B

Tolé Sagnon

Secrétaire général

 

CNTB

Laurent Ouédraogo

Secrétaire général

 

CSB

Jean Mathias Liliou

Secrétaire général

 

FO/UNSL

Joseph Tiendrébéogo

Secrétaire général

 

ONSL

Paul Kaboré

Secrétaire général

 

USTB

El hadj Mamadou Nama

Secrétaire général

 

Pour les Syndicats autonomes :

Le Président du mois

Victor S. Hien

Secrétaire général du SYNTAS

 

L’Observateur Paalga du 18 février 2008

 

Humeur

 

La lutte contre la vie chère

L'Etat a un grand rôle à jouer mais...

 

Dans le contexte de libéralisation économique, la bataille contre l'envolée des prix constitue sans nul doute la dimension essentielle de la lutte contre la vie chère. Sans une stabilité relative des prix, notamment ceux des produits de première nécessité, la vie ne cessera jamais de renchérir.

De ce point de vue, il est évident que l'Etat a un grand rôle à jouer dans la maîtrise des prix et cela à travers son rôle de régulateur de la vie socio-économique. En la matière, l'expérience enseigne et certaines pratiques du gouvernement et de la communauté internationale confirment que la réglementation et la répression de la non- observation de cette réglementation ne sont pas suffisantes pour obtenir le résultat escompté. A preuve, les interventions du gouvernement pour stabiliser les prix locaux des céréales à travers les actions de la SONAGESS et celles de la communauté internationale venant en appui à l'action gouvernementale dans ce domaine constituent des méthodes de régulation qui complètent la réglementation.

La réalité de cette intervention de l'Etat dans le domaine économique (intervention appuyée par la communauté internationale) appelle les observations suivantes :

• un minimum d'intervention étatique est possible et souhaitable dans un contexte de libéralisation économique ;

• dans notre pays où la sécurité alimentaire est tributaire des conditions d'hivernage, il est préférable que la SONAGESS recouvre les compétences de son ancêtre, l'OFNACER ;

• il est pertinent que l'intervention étatique prenne aussi en compte la commercialisation des produits de première nécessité : eau, huile, riz, lait, sucre, savon, électricité, carburant... et cela, avec comme objectif la stabilisation relative des prix de ces produits.

 

Mahama Sawadogo

Député

L’Observateur Paalga du 18 février 2008



18/02/2008
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