L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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‘’Foyandizé’’ …

L’air du temps

‘’Foyandizé’’ …

 

Passer une journée ensemble en amies pour échanger, s’égayer, manger à satiété et, pour joindre l’utile à l’agréable, encaisser de l’argent de la tontine à tour de rôle. Quoi de plus adéquat pour consolider les valeurs de fraternité et de solidarité chères à notre société,  dans le contexte de cette vie citadine où plane le spectre de l’individualisme et du repli sur soi ? Autant le dire tout de suite : au commencement, l’idée pour les femmes d’initier des parties de ‘’foyandi’’ ne présentait rein de préjudiciable en soi.

Mais, aujourd’hui, tout il a suffi que certaines femmes s’en mêlent pour que ces cercles d’affinité, conçus pour être un cadre idéal de causerie et de solidarité agissante entre les membres, s’en trouvent complètement dénaturés et, par voie de conséquence, décriés par certains hommes. Pour vous faire une idée précise du degré du désenchantement ressenti par les hommes par rapport à ce phénomène de ‘’foyandi’, écoutez un peu la nouvelle chanson que Abdoulsalam Adam a récemment dédiée au ‘’foyandi’’ et aux ‘’foyandizé’’, autrement dit les plus chevronnées affiliées de ces cercles de retrouvailles. Une chanson ? En fait, une vraie satire contre le phénomène ‘’foyandi’’ et ses adeptes !

Tous les maux que les hommes reprochent aux habituées du ‘’foyandi’’ y sont dépeints et dénoncés. Ainsi, comme beaucoup d’autres observateurs, le chanteur a surtout mis l’accent sur la ‘’voracité financière’’ des ‘’foyandizé’’. Il semble que pour trouver le versement hebdomadaire qui leur est réclamé, les irréductibles des parties de ‘’foyandi’’ ne reculent devant rien. Si du côté des femmes mariées, c’est généralement le mari qui est sollicité pour endosser indéfiniment les charges induites, avec toutes les tensions que cela pourrait impliquer au sein du foyer, chez les filles et autres ‘’gabdi’’ aguerries, les pourvoyeurs de fonds se comptent à la pelle, ces dernières ayant la réputation de réunir toute une liste de prétendants adulés et ‘’élus’’ de leur seul et unique cœur.

Là-dessus, si les dames pouvaient faire leur ‘’foyandi’’ sans trop abandonner leur mari et leurs enfants ; si les filles pouvaient parler moins argent et un effort de fidélité vis-à-vis de ceux qui les aiment, et surtout, si le vocable ‘’foyandi’’ rimait moins avec zizanie et autres incongruités, le monde se portera un tant soit peu bien.

Assane Soumana

Extrait de «L’air du temps» in Sahel Dimanche (Niger)



21/04/2007
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