L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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François Compaoré et la retraite des soldats (Lire une Lettre pour Laye)

Une Lettre pour Laye du 16/11/2007

 

Cher Wambi,

 

Rassure-toi, j'ai bien reçu ta lettre du 13 novembre 2007 dans laquelle tu manifestais ton agacement face à la prise en otage de la rue par la grande muette ces temps-ci.

Que ceux censés garantir la paix et la sécurité à nos populations en viennent à déserter les casernes pour revendiquer donne effectivement à méditer.

Qu'en diront alors les civils, qui, eux, n'ont pour arme de pression que le verbe ?

Les dieux du Faso soient loués, le pire ne s'est pas produit, mais pendant combien de temps encore seront-ils au chevet de ce Burkina qui pue la misère et la contestation ?

En tout cas, dans la capitale comme au village, cher cousin, nous avons tous les yeux tournés vers l'autorité, qui n'a que trop tardé pour en tirer les conséquences.

Oui, c'est exact, les militaires proches de la retraite ou qui   sont déjà à la retraite ont reporté leur marche du lundi 12 novembre, au motif que "la sagesse est revenue au sein de leurs supérieurs hiérarchiques".

Selon leur porte-parole, Clément Ouédraogo, qui s'exprimait la veille à la maison du Combattant, ce serait le fruit d'une tractation, au cours de laquelle "il a été promis que notre problème serait résolu. Le vendredi 16 prochain, le comité ad hoc nous présentera les nouvelles propositions du ministre. Si nous les apprécions, elles seront transmises au Conseil des ministres pour accord".

Eh bien, cher cousin, c'est aujourd'hui le vendredi 16 novembre et j'ai hâte de prendre connaissance des propositions faites à ces militaires frondeurs.

Car, avaient-ils averti, "nous sommes des adultes. Si la hiérarchie espère gagner du temps en nous invitant à la table des négociations, c'est peine perdue. Dès le 17 (c'est-à-dire ce samedi), nous tiendrons une assemblée générale ici même à la maison du Combattant pour décider de la conduite à tenir".

L'adage le dit si bien, cher cousin, un homme prévenu en vaut deux.

Mais, est-ce vrai que, dans cette affaire, François Compaoré, le petit frère et conseiller du président du Faso, a tenté de jouer au pompier, en passant par un intermédiaire pour contacter les manifestants en treillis, ainsi que l'avait affirmé le même Clément Ouédraogo le 28 octobre 2007 ? (cf. L'Observateur paalga n° 7000 du 29 octobre 2007).

Difficile d'y répondre quand on n'est pas dans les secrets des dieux, mais de source proche de l'intéressé, j'apprends que François Compaoré dément catégoriquement s'être intéressé de loin ou de près à cette affaire.

 

En attendant, cher cousin, ce sont les policiers mécontents dont tu as sans doute déjà eu vent des revendications, par mes soins, qui reviennent à la charge.

Et cette fois-ci encore, c'est au Premier ministre qu'ils s'adressent, avec l'ultime espoir d'être enfin entendus. Mais Tertius Zongo leur donnera-t-ils tort ?

Voici en tout cas ce qu'ils disent : en complément à notre écrit "Le mal de la Police nationale est dans la police", adressé à votre Excellence, nous précisons certains maux réels de la Police nationale.

L'application du décret signé depuis le 4/08/2006 souffre énormément dans les tiroirs des uns et des autres. Et pour cause, les assistants de police en service à la Direction des personnels, chargés du suivi des carrières des éléments de toute la Police nationale, à force de travailler avec les éléments du ministère de la Fonction publique et de la Réforme de l'Etat, chargés du département de la Police nationale, connaissent les avantages que peuvent avoir les agents de police avec le reclassement dans le corps des assistants de police.

Le contact permanent avec les agents de la Fonction publique, le DRH et le SG du ministère de la Sécurité a fait naître une familiarité spéciale entre les assistants de police chargés du suivi de la carrière des éléments de la Police nationale et ceux-ci. Ils sont désormais les amis du SG et du DRH. En complicité avec les agents du ministère de la Fonction publique chargés du département de la Police nationale et de concert avec le SG et le DRH, trente-cinq (35) agents de police sont mis à la retraite pour compter de janvier 2008. Ces trente-cinq agents de police sont écartés du reclassement tant attendu. La cause de l'écartement de ces trente-cinq agents de Police est que, une fois reclassés, ces trente-cinq agents de Police, pour leur ancienneté dans le corps de la Police nationale, auront leurs salaires supérieurs aux salaires de ce tronçon d'assistants de police qui n'a pas cette ancienneté. C'est cette jalousie qui fait que jusque-là le décret n'est pas mis en application, puisqu'il n'apporte aucun bénéfice à ces assistants de police sus-cités. Compte tenu du fait qu'ils sont protégés et écoutés par leurs amis de la Fonction publique, le SG et le DRH du ministère de la Sécurité, ensemble  font de la Police nationale  leur champ personnel.

Nous précisons que ces assistants de Police, très sûrs d'eux-mêmes, ont dit haut et fort dans les bureaux, les couloirs de la Direction générale de la Police nationale, en présence de plusieurs témoins oculaires, que si ce reclassement se concrétise, les plus anciens seront supérieurs à eux en indexant ceux de leur promotion et leur dernier échelon.

C'est pour cette raison que le communiqué annonçant le déroulement du test a été annulé.

Ces plus anciens sont les trente-cinq agents qu'ils ont écartés pour les mettre à la retraite et ensuite procéder au reclassement de ceux qui ne seront pas supérieurs à eux. C'est ce que ça veut dire.

Excellence Monsieur le Premier ministre, recevez toutes nos félicitations et nos encouragements pour l'ardeur avec laquelle vous êtes en train de travailler.

Nous vous invitons, Excellence Monsieur le Premier ministre, à venir au secours de tous les agents de la Police nationale afin de mette fin à cette discrimination".

 

Un groupe de policiers mécontents

 

Cher Wambi, la tempête annoncée à Léo, capitale provinciale de la Sissili, le week-end dernier n'a pas eu lieu. Contre les manifestants, qui entendaient réclamer au bourgmestre leurs parcelles ou leurs cotisations pour le lotissement de la "cité des ignames", l'autorité a déployé pandores, kodos et flics municipaux. Mais loin de s'avouer vaincues, les populations projetteraient désormais un sit-in devant le haut-commissariat de la Sissili pour que justice leur soit rendue.

Veuilles donc rester à l'écoute si jamais tu devrais y prendre part.

 

Du côté de Kindi, dans la province du Boulkiemdé, c'est le maire Thomas Baguemzanré qui réplique aux coutumiers, qui, dans ma dernière lettre, se plaignaient aussi de l'opération de lotissement à répétition de la ville. En tout cas, Thomas Baguemzanré prévient : "Ce n'est pas la voix discordante de quelques sirènes, mues par des intérêts égoïstes, qui nous fera faiblir".

Lis plutôt cher cousin :

"Monsieur le directeur, dans la rubrique "une lettre pour Laye" du vendredi 09 novembre dernier, nous avons été interpellé sur la question du lotissement dans la commune rurale de Kindi.

Je voudrais, avant d'apporter un éclairage à l'opinion publique, remercier une fois de plus votre journal, qui a toujours accompagné l'action du Conseil municipal de Kindi depuis que nous sommes à la tête de la mairie.

Après l'installation officielle du Conseil municipal, nous avons initié des cadres de concertation avec les différentes couches socioprofessionnelles, lesquels ont débouché sur l'élaboration d'un plan du développement communal. Nous avons adopté cette démarche parce que convaincus que le dialogue et l'écoute sont des moyens privilégiés de réalisation des aspirations légitimes des populations au développement. Au nombre des préoccupations exprimées figurait la nécessité de redimentionner le premier lotissement, intervenu en 1995 uniquement au "centre ville", et d'envisager le lotissement dans certains villages relevant de notre territoire communal. C'est ainsi que le point du premier lotissement a été fait avec, en sus, le tracé des voies à l'intérieur de la commune. Et le Conseil municipal a invité les attributaires à s'acquitter, au service des domaines de Koudougou, des taxes de jouissance et à investir dans la mesure de leurs possibilités. Il est heureux de constater que le visage de notre commune a commencé à changer et les conseillers ne manquent pas l'occasion d'exhorter les uns et les autres à poursuivre cette dynamique.

Le besoin du second lotissement a bel et bien été exprimé et c'est par délibération n°2007-016/PRES/PM/MATD/RCO/PB/CK du 11/06/2007 que le conseil a pris la décision. Du reste, ladite délibération peut être consultée par toute personne qui le souhaite.

 Il convient, en outre, de souligner que le conseil a permis aux populations de suivre les débats menés lors des sessions. C'est seulement lorsqu'il y a des votes que nous les invitons à se retirer. Nous n'avons cessé d'affirmer que l'action du conseil municipal est la traduction des préoccupations des populations et qu'il reste ouvert à toutes les suggestions et critiques constructives.

 Il est alors déplorable que le sieur Albert T. Zoundi, conseiller ADDP, qui a bénéficié à l'époque, à lui tout seul, d'une vingtaine de parcelles, dans des conditions sur lesquelles il n'est pas nécessaire de revenir ici, veuille ramer à contre- courant de la volonté des populations, alors que  par ailleurs il n'assiste pas aux sessions du conseil.

Cependant, il a toute latitude d'évoquer toutes questions en conseil !

Nous voudrions profiter de l'occasion pour saluer, une fois de plus, l'action souvent discrète mais concrète de nombreux fils et filles de notre commune, qui ne ménagent aucun effort pour apporter des soutiens multiformes aux activités du Conseil municipal. Nous voulons particulièrement les remercier pour leurs critiques et suggestions constructives, que le conseil a toujours accueillies et surtout intégrées.

Le Conseil poursuivra avec sérénité et en toute transparence l'exécution du plan du développement communal. Et ce n'est pas la voix discordante de quelques sirènes, mues par des intérêts égoïstes, qui nous fera faiblir. Bien au contraire, et nous sommes heureux de constater que beaucoup d'hommes et de femmes de Kindi ont refusé l'instrumentalisation et la ségrégation.

Aussi appelons-nous, une fois de plus, les fils et les filles de Kindi à se donner la main pour bâtir leur village, qui fait partie des premiers départements du Boulkiemdé. Nous sommes convaincus que nous parviendrons à vaincre le signe indien.

Déjà, nous pouvons tirer, contrairement à ce qui a été écrit, des motifs de satisfaction de ce qui concerne le processus de modernisation de notre marché. L'heure n'est pas encore au bilan, mais à tout moment, le maire et l'ensemble des membres du conseil sont disponibles pour répondre aux éventuelles interrogations des populations sur toute question liée au développement de la commune".

 

WAÏ TID BAO BEOGO NEERE

 

Le maire

Président du Conseil municipal

Thomas Baguemzanré

Chevalier de l'Ordre national

 

 "Il s'apprêterait à quitter le pays pour aller vivre ailleurs" ou encore "il aménagera bientôt dans son fief de Koudougou", etc. Ces intentions sont prêtées à Me Hermann Yaméogo ces derniers jours. Tout cela est parti d'une somme de 100 000 francs que le président de l'Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD) a remise aux journalistes exerçant dans sa ville natale pour leur permettre de se retrouver autour d'un pot. Ce geste est devenu traditionnel pour lui depuis quelques années. A la seule différence que, les autres fois, il était physiquement présent à la cérémonie, contrairement à cette fois où, empêché, il a fait parvenir la commission par tierce personne à qui de droit. Il n'en fallait pas plus pour que les supputations aillent bon train, encouragées en cela par les travaux de réfection que le chantre du "Tékré" a entrepris à sa résidence koudougoulaise. Approché pour en savoir davantage, l'intéressé dit qu'en fait il n'en est rien et que le moment n'est pas encore venu pour lui de se retirer dans le Boulkiemdé (même si en une heure il peut rallier la capitale en cas de besoin), encore moins de s'exiler. Et  rassure tous ceux-là qui, depuis, ne cessent de lui téléphoner : "Soyez tranquilles ! Ce n'est que de la rumeur !".

 

Hélas, cher cousin, peut-on encore rêver d'une intégration sous-régionale ou africaine quand ses chantres sont les premiers à en couper les racines ?

C'est un fait, ainsi que je te l'apprenais dans ma dernière lettre, Madagascar a décidé depuis le 25 octobre 2007 de divorcer d'avec l'Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA), au motif que le budget à lui alloué était insuffisant.

Au même moment presque, il se sussurait du côté de la Mauritanie et du Congo aussi l'intention de prendre le large.

Alors que le concert d'indignations et de désapprobations ne fait que commencer en Afrique et ailleurs dans le monde, c'est le Sénégal de Wade, ce pays siège de l'ASECNA, et où d'ailleurs fut signée la fameuse convention de 1959, qui décide à son tour de claquer la porte.

Dommage ! C'est vrai qu'Air Afrique n'est point l'ASECNA, mais personne n'a su tirer leçon de sa mise à mort.

Avais-je prêché dans le désert quand je m'évertuais à chanter que seule l'union pourrait faire notre force ?

En tout cas, si la décision sénégalaise venait à se concrétiser, il ne resterait qu'à désespérer de ces aventuriers politiques qui ne jurent que par leurs intérêts égoïstes.

Prions Dieu et les ancêtres pour que certains pays, à l'exemple du Sénégal, n'en viennent pas à faire leurs adieux à des institutions comme... l'UEMOA. Car, sait-on jamais !

 

Mais n'osons pas y rêver, courrons vite voir ce que nous réserve le carnet secret de Tipoko l'Intrigante :

 

Cela fera bientôt un an que le vieux Samo auteur de la célébrissime phrase "Nan Lara an sara" s'en est allé.

Ce vieux Samo, c'est le professeur Joseph Ki-Zerbo, qui a rejoint ses ancêtres le 4 décembre 2006.

Pour le repos de l'âme de ce fétiche du "pays réel", une neuvaine de messes est dite en l'église du Sacré-Cœur de Toma depuis le jeudi 14 novembre 2007 en prélude à ses funérailles chrétiennes.

Dans l'intervalle, la bénédiction de la tombe de l'illustre disparu aura lieu le vendredi 23 novembre à son domicile de Toma à 7h00, suivie d'une veillée de prières de 21 h à 23h.

Mais assurément, c'est le samedi 24 novembre que le "gnontoro" va couler à flots, à l'issue de la messe qui sera dite à partir de 10h00 en l'église du Sacré-Cœur de Toma.

Fêter deux Noël dans l'année, ce n'est pas un Samo qui s'en plaindra.

Joyeuse fête donc !

 

C'est un secret de polichinelle, cette année, le 11-Décembre sera fêté avec faste comme jadis, au rythme de la fanfare.

C'est ce 11 décembre également que le prestigieux palais des sports de Ouaga 2000 ouvrira enfin ses portes.

A l'occasion, une compétition de sports de mains est en train d'être concoctée afin que le joyau réponde à sa mission.

A nos sportifs maintenant de le mériter.

 

La loi est en examen à l'Assemblée nationale et ne va certainement tarder à être votée.

Le retour des vignettes pour les usagers de la route est en effet annoncé pour janvier 2008.

Des soucis en perspective donc pour ceux des Burkinabè qui mangeaient déjà la vache enragée.

 

A force de crier, les ex-travailleurs de la Société Fadoul Technibois ont fini par être entendus.

Ce pourquoi, à travers les lignes qui suivent, ils manifestent leur gratitude à l'Observateur paalga, qui a été à leurs côtés tout au long de leur combat :

"Monsieur le directeur,

Suite à la publication dans votre organe le 27/08/07 dans le n° 6956, d'une information faisant état d'une marche du collectif des travailleurs licenciés de la Ste Fadoul Technibois sur le consulat du Liban et le ministère du Travail et de la Sécurité sociale pour la satisfaction de leur plate-forme revendicative en 5 (cinq) points, le collectif a l'honneur de vous informer, pour que les habitants de Laye le sachent, que la publication a eu un écho favorable.

Eh bien, monsieur le Directeur, le collectif a été reçu par plusieurs personnalités pour en savoir davantage et nous notons parmi elles le premier responsable des travailleurs burkinabè, le ministère du Travail et de la Sécurité sociale, himself, et son staff le 1er octobre 2007 à 17 heures à son cabinet. Ensuite, ce fut le tour de la Direction régionale du travail et de la sécurité sociale du Centre de nous recevoir. Pour le moment, le collectif se félicite du fait que l'un des cinq points de sa plate-forme est en étude à l'Inspection du travail et la partie Fadoul Technibois est convoquée pour le 19/11/2007 pour la reprise du calcul des droits légaux après réclamation faite par les ex-travailleurs licenciés. Nous comptons organiser une conférence de presse pour de plus amples informations pour les habitants de Laye.

Nos sincères remerciements à vous et à vos collaborateurs".

 

Le Secrétaire général

Dieudonné Nitièma

 

Et pour terminer, cher Wambi, n'oublie pas d'informer ton oncle Pagnimdi, qui coule une retraite paisible à Laye, que le vieux Ouédraogo Inoussa Edgar de Tèma qu'il connaît bien marie son fils ce samedi.

Sauf erreur ou omission de ma part, il a, entre autres fonctions, été directeur général de la Société voltaïque d'électricité (VOLTELEC, l'ancêtre de la SONABEL) de 1974 à 1978, DAAF de la défunte CEAO de 1978 à 1988 et expert de la Commission des communautés européennes, conseiller technique principal à l'Institut national de la statistique de l'ex-Zaïre (aujourd'hui RDC) de 1990 à 1992.

Et tu sais, cher cousin, à qui le garçon de cet ingénieur statisticien économiste à la retraite se marie ? A la fille de Niampa Boukary Jacques, maire de Titao, par ailleurs directeur des Infrastructures à la présidence du Faso, que ses intimes appellent affectueusement "Colonel-major".

Dis à ton oncle qu'il est cordialement invité à la bénédiction nuptiale, qui aura lieu à l'église Jean-XXIII à 9 heures suivie du mariage civil à 11 h à l'hôtel de Ville de Ouaga puis du lunch à 13 heures au SIAO.

 

L’Observateur Paalga du 16 novembre 2007



16/11/2007
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