L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Frontière nigéro-burkinabè : Le choix de la raison

Frontière nigéro-burkinabè

Le choix de la raison

Le Burkina Faso et le Niger ont décidé de recourir à la Cour internationale de justice de la Haye pour résoudre le litige frontalier qui les oppose. Cette initiative salutaire permet de sauvegarder les relations de bon voisinage, pour peu que chacun accepte l'arrêt de la cour. Le Burkina Faso, qui partage 3 000 kilomètres de frontière avec six voisins, n'est pas à sa première expérience en matière de conflits frontaliers. C'est donc faire preuve de clairvoyance. Les bruits de bottes à la frontière bénino-burkinabè et surtout les regrettables guerres entre le pays des Hommes intègres et le Mali (1974 et 1985) demeurent encore vivaces dans les mémoires. Aussi, après cette amère et douloureuse expérience, et convaincu que la guerre n'est pas une solution sage pour résoudre un différend, le Burkina Faso a fait un choix raisonnable, la même CIJ ayant été sollicitée pour délimiter la frontière Mali-Burkina.

En Afrique, de façon générale, la gestion des frontières est source d'incompréhension et de différends. Les tracés frontaliers hérités de la colonisation n'ont tenu compte ni des données sociologiques, ni des relations entre les populations vivant de part et d'autre. Des villages séparés par une borne partagent parfois la même langue, les mêmes rites.
Pourquoi alors en arrivent-ils à oublier cette confraternité ? Les politiques y sont parfois pour quelque chose. Au-delà des véléités territoriales, certaines zones frontalières présentent des enjeux économiques de taille : pétrole, métaux précieux....

L'ambiguïté des cartes dessinées par l'administration coloniale est un facteur aggravant. Les populations frontalières oublient parfois les relations de sang qui les lient pour se laisser aveugler par des supposés intérêts économiques. C'est dommage pour des peuples liés par l'histoire et la géographie et condamnés à vivre ensemble. C'est aussi la preuve, que l'intégration se conçoit sur le papier, mais s'applique difficilement sur le terrain.

Assétou BADOH

Sidwaya du 22 mars 2007



21/03/2007
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