Gens de maison : Une forme d'esclavage moderne
Gens de maison
Une forme d'esclavage moderne
Les vigiles, concierges, servantes, techniciennes de surface et cuisiniers travaillent dans des conditions assimilables à un esclavage moderne. Pour dénoncer cette situation d'injustice, l'Union des gens de maison du Burkina (UGMB) a organisé une conférence de presse qui a connu la participation de centaines de femmes. C'était le 19 juillet 2007 à la Bourse du travail à Ouagadougou.
Personne n'est dupe. Pour l'Union des gens de maison du Burkina (UGMB), les servantes, les concierges, les techniciennes de surface (nettoyeuses), les vigiles, et nous en oublions, sont "sauvagement exploités" par les employeurs. Les griefs énumérés à l'encontre des sociétés de gardiennage sont les suivants : absence de contrat de travail ; non-respect du SMIG (les salaires tournent autour de 20 000 FCFA) ; défaut de déclaration à la Caisse nationale de sécurité sociale ; abondances des heures supplémentaires mais non rémunérées ; non-octroi de repos hebdomadaire, ni de congés annuels ; hostilité des patrons à la liberté syndicale ; irrégularité du payement des salaires ; et le chapelet est toujours long.
Bon nombre de sociétés de nettoyage se rendent coupables d'arriérés de salaires qui peuvent souvent aller jusqu'à 8 mois. Certains employeurs sombrent dans l'escroquerie, c'est le cas de Valérie Sanou du "Service d'entretien et de nettoyage (SEN)". En effet, selon le secrétaire général de l'UGMB, Gabriel S. Sebgo, près de 1 800 femmes sont tombées dans une arnaque de SEN. Ces dernières se sont inscrites, qui pour 15 000 FCFA, qui pour 10 000 FCFA, qui pour 7 500 FCFA pour intégrer ce service. Ce qui fait un total d'environ 14 millions de FCFA. Pourtant, après plusieurs mois de dur labeur dans des lycées et collèges, elles n'ont perçu aucun kopeck. Le cumul des arriérés s'élèverait à 162 millions de nos francs.
Une superviseuse de Valérie Sanou, Mariam Sinaré, a souligné que plusieurs femmes n'ont plus leur foyer à cause des conditions de travail à elles soumises. Ce millier de travailleuses attendent donc que justice leur soit rendue.
Les conférenciers ont déploré le fait que les employeurs de tous les secteurs profitent de l'ignorance des gens de maison pour les soumettre à de rudes traitements qui s'apparentent à un esclavage de type moderne.
Des textes existent cependant, qui régissent ce domaine d'activités. D'où l'appel pressant du syndicat aux autorités de tutelle, afin qu'elles portent un regard attentionné sur le sort des gens de maison, qui luttent pour leur survie. Pour eux, l'Etat devrait agir davantage en faveur de ce secteur d'activités dont l'importance dans une société moderne n'est plus à démontrer.
En attendant, l'UGMB s'engage désormais à résolument lutter pour donner un visage humain à ces métiers.
Abdou Karim Sawadogo
Emile Gandèma
(Stagiaire)
L’Observateur Paalga du 20 juillet 2007
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