L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Gouvernement Tertius : Emu comme un nouveau ministre

Gouvernement Tertius

Emu comme un nouveau ministre

 

La nouvelle est finalement tombée dans la soirée du dimanche 10 juin 2007, à travers le décret n°2007-381 portant composition du gouvernement du Burkina Faso. Maintenant que le suspense est levé, les Burkinabè commencent à mettre un visage sur le nom de chaque nouveau venu de l’équipe Tertius Zongo, surtout avec ce premier Conseil des ministres qui a eu lieu hier matin 11 juin 2007 à la présidence du Faso.

 

Dès 9 heures, dans la cour de l’auguste bâtisse sise au quartier Koulouba, c’était un ballet ininterrompu de véhicules de tous les modèles et de tous les types D'immatriculations reconnues au Pays des hommes intègres. Le jeune ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme, Vincent T. Dabilgou, lui, est par exemple arrivé avec une voiture qui porte une plaque d’immatriculation de couleur verte. En fait, il était à bord de son véhicule de service du PNUD où il gérait au compte du Burkina un projet sur le renforcement des capacités des communes urbaines. Explication de l’intéressé : «Je viens de ce pas de mon bureau». 

Naturellement, pour une telle rentrée, les nouveaux élèves recrutés ont tenu à venir très tôt et bien avant le maître des lieux. Qui est fou ? Il ne faut tout de même pas donner une image de canard boiteux dans un concours où il y a toujours beaucoup d’appelés mais peu d’élus. Et pour faire bonne mine, la tenue des grands jours était comme de rigueur. A propos de ponctualité, le constat était que certains anciens ministres, confirmés à leurs postes, sont arrivés après leur chef, le Premier ministre, Tertius Zongo, violant de ce fait l’ordre de préséance protocolaire. Remarque d’une personne visiblement agacée et très bien introduite dans les arcanes du pouvoir : «Nous leur avons toujours fait la remarque, mais pour certains il n’y a rien à faire». Comme quoi il y a des retardataires partout.

Il faut reconnaître que l’équipe du protocole d’Etat, qui accueillait anciens et nouveaux ministres sur le perron de la Présidence, a grandement facilité la tâche aux journalistes. Aussitôt après s'être extirpé de son véhicule, le nouveau  ministre est conduit devant une place avec en arrière-plan un arbuste décoratif pour la séance de photos et aussi pour répondre à quelques questions des professionnels de la plume et du micro. Avec ce dispositif, pas d’échappatoire possible. Même les «après», répétés à tue-tête par Guéda Jacques Ouédraogo, ministre chargé de Mission auprès de la présidence du Faso et de la Prospective économique, ne lui ont été d’aucun secours. Avec cette complicité tacite des hommes de Léon Yougbaré,  le directeur du protocole d’Etat, même le bleu  le moins bavard qui débarquait est si bien acculé qu’il est obligé de lâcher une phrase,  même si les propos soutirés sont parfois d’une banalité affligeante, à l’instar de cette formule qui revient comme un refrain : «Je remercie les autorités du pays  pour la confiance placée en moi».

Mais en cette matinée de lundi, il n’y en avait pas seulement pour les nouveaux. L’on peut noter également l’arrivée remarquée de vieux renards de l’exécutif, comme Alain Yoda, Salif Diallo, Kader Cissé, Djibril Bassolet, Jean Baptiste Compaoré,  Seydou Bouda, etc. Le premier, bombardé ministre d’Etat, est gonflé à bloc pour lutter contre le Sida, le palu et d'autres maladies difficiles à éradiquer.

Quant à Jean Pierre Palm, qui reste à son poste des Sports, il s’est, à sa descente de voiture, d’abord exprimé sur l’improbable qualification des Etalons à la CAN 2008 en utilisant à notre avis la méthode Coué : «J’ai espoir… j’ai espoir. Mais si on ne se qualifie pas, chacun devra prendre ses responsabilités ». Avec le tempérament de feu qu’on lui connaît, il a violemment réagi à l’évocation du bien-fondé ou non de la décision de révoquer l’ancien entraîneur du onze national : «Ecoutez ! Ce n’est pas Saboteur qui a fabriqué le football au Burkina. Il a fait plein de bêtises, et ce que l’on vit aujourd’hui est arrivé à cause de lui».

Djibril Bassolet, naguère ministre de la Sécurité, est aujourd’hui chef de la Diplomatie du pays des hommes intègres. Mais que l’on ne compte surtout pas sur lui pour savoir s’il s’agit d’une promotion ou pas. «C’est à vous de voir et de faire l’analyse», a-t-il lâché avec son sourire énigmatique habituel.

Après l’accueil par le protocole avec la formule de «Monsieur le ministre» qui a fait certainement plaisir à plus d’un, les nouveaux membres de l’exécutif ont été introduits dans la salle du conseil des ministres, où ils ont été rejoints par leurs devanciers. Puis a débuté une séance de travail avec le président du Faso et le Premier ministre. Elle a été momentanément interrompue pour une photo de famille. Après quoi les journalistes ont évacué les lieux.

Pour ces nouveaux ministres, l’on peut donc dire que le premier  jour de classe a été des plus chargés. Reste à savoir si le maître frappait beaucoup.

Ce matin à 11 heures, le Premier ministre animera un point de presse au cours duquel il reviendra sur les conditions d’accouchement ainsi que les priorités de son gouvernement.

 

Issa K. Barry

San Evariste Barro

L’Observateur Paalga du 12 juin 2007



12/06/2007
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