L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Il faut sauver le lac Bam

Kongoussi

Il faut sauver le lac Bam

 

Effroyable évolution !

En quarante ans, oui, en seulement quarante ans, le lac Tchad est passé de 25 000 à 5 000 kilomètres carrés.

Soit une perte des quatre cinquièmes de sa superficie, sous l’effet conjugué de l’ensablement et de la désertification.

Alors, si rien n’est fait pour endiguer le phénomène, l’une des plus grandes retenues naturelles d’eau d’Afrique disparaîtra au cours des deux décennies à venir.

La communauté scientifique internationale appelle à une mobilisation générale pour sauver ce qui peut encore l’être.

Mais sur la même bande sahélienne, un drame  semble cacher un autre, pourtant de même nature :  en effet, au Burkina Faso, dans la province du Bam plus précisément, se profile également à l’horizon la pire catastrophe écologique jamais vécue de mémoire de Burkinabé.

Le lac Bam, le plus grand réservoir naturel d’eau de notre pays, est également menacé de disparition du fait de l’ensablement et de l’envasement.

En un quart de siècle, «Wend-kuni», le don de Dieu, comme on le désigne à Kongoussi (chef-lieu de la province du Bam), a perdu le tiers de sa profondeur. Et selon certaines prévisions, son assèchement total pourrait intervenir dans moins de 20 ans à cause de l’accélération du processus.

Au niveau local, de multiples actions communautaires ont lieu pour freiner le phénomène. En vain, car les populations n’ont ni les moyens ni les compétences nécessaires pour lutter efficacement contre le péril.

Les solutions «techniques appropriées» restent, quant à elles, toujours au stade d’études.

Tic-tac. Tic-tac. Le temps passe. Le lac se meurt. Avec lui, une source de revenus pour plusieurs milliers de personnes.

Pourra-t-on sauver «le poumon économique» de toute une région du «cancer écologique» qui le ronge chaque jour davantage ?

 

Que serait l’Egypte sans le Nil ? Un vaste désert, répondent eu chœur tous les livres d’histoire et de géographie consacrés au pays des pharaons.

Que serait Kongoussi sans le lac Bam ? Cette question lancinante, Oscar Sawadogo, président de l’Association Zood-Nooma pour le développement (AZND), refuse de se la poser. Pas plus que ne se la posent les autres habitants de la province du Bam.

Tant l’éventualité de la disparition du plan d’eau est synonyme, ici, d’apocalypse. Point barre.

«Le lac est la source de vie de la province du Bam», ressasse, l’air grave, le responsable de Zood-Nooma.  Membre du comité local de l’eau (CLE) de Kongoussi, structure chargée de veiller à la bonne gestion des ressources hydriques de surface, l’ex-maire de la commune perçoit, mieux que plusieurs de ses concitoyens, la gravité de la menace qui plane sur le «poumon économique» de la capitale du Bam. En atteste la présence de plusieurs rapports d’études, les uns aussi alarmants que les autres, soigneusement rangés  dans le grand secrétaire du bureau du président de l’AZND. Depuis toujours, il a alors fait de la lutte contre l’envasement du lac la mère de toutes ses batailles. Tout comme les autres associations de développement et ONG basées dans la province du Bam. Une coalition dont les actions restent, jusque-là, comme une goutte d’eau dans…le lac, tant le «cancer écologique» que constitue l’ensablement a atteint aujourd’hui un stade critique.

Etat des lieux.

 

Dans moins de 20 ans, le lac va disparaître si…

 

On ne se lassera pas de le répéter. En un quart de siècle, le lac a perdu le tiers de sa profondeur. A certains endroits, les sondages révèlent une diminution de près de moitié.

Et le pire est à redouter.

L’étendue d’eau, longue d’une vingtaine de kilomètres en saison sèche et de quarante-cinq en hivernage, pourrait disparaître au cours des deux décennies  à venir.

Ce n’est pas de la prédiction. Mais plutôt de la prévision d’hydrologues, chiffres à l’appui : tout autour du lac, les terres cultivables sont alternativement exploitées en saison sèche pour la production maraîchère et en saison pluvieuse pour les cultures vivrières. Ce retournement continu des sols sur une profondeur de 10 centimètres, par exemple, entraîne chaque année et par hectare un dépôt de 1000 mètres cubes  de boue dans les fonds du lac. L’équivalent de 125 chargements de camion. Et quand on sait que l’ensemble des superficies emblavées est d’au moins 1300 hectares, une simple opération arithmétique suffit pour se rendre compte de l’ampleur de l’envasement : 13 millions de mètres cubes de boue par an. «Le danger est réel et très perceptible aujourd’hui. Le lac est menacé de disparition», conclut, indices en mains, le directeur provincial de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques du Bam, Elie  Dianda.        

Pascal Sawadogo est pêcheur de métier. Il lui arrive parfois de mettre sa pirogue, «vieille d’une quarantaine d’années»,   au service de rares clients  qui désirent passer d’une rive à l’autre.

Des données techniques sur l’évolution du comblement du réservoir naturel d’eau il n’a certainement jamais entendu parler. En revanche, le jeune homme dispose de son propre moyen d’observation du phénomène : autrefois, la grande perche, de plus deux mètres, qui sert à propulser sa barque disparaissait de moitié sous l’eau. Aujourd’hui, à moins d’un mètre de profondeur, le bois d’appui  s’enfonce dans la boue. «Si ça doit continuer comme cela, certainement que nos enfants ne verront pas le lac», dit Pascal en gémissant. Même hantise chez Joseph Patouem, qui pleure, lui, pour ses petits-enfants, à venir. Natif de Bango, quartier situé à la lisière du lac, il se souvient de l’époque où une luxuriante végétation cernait tout le pourtour du point d’eau. Le petit gibier y était abondant et les battues fréquentes. «Avant, toutes les berges étaient couvertes d’une flore très dense. Les riverains y mettaient le feu pour débusquer des lièvres et des agoutis. Les champs de nos parents s’étendaient jusque-là [il indique l’emplacement actuel des cultures maraîchères]. Le lac, à cette époque, ne tarissait jamais à quelque endroit que ce soit», s'en souvient, très nostalgique, le vieux Patouem. Saisi par un sentiment de culpabilité, il reconnaît : «Nous sommes en partie responsables du malheur qui frappe aujourd’hui à nos portes. En détruisant le kuilkanka [appellation moaga du couvert végétal en bordure du lac et qui signifie  protecteur d’eau], nous avons favorisé, sans le savoir, la catastrophe».

En effet, parce que cette flore jouait le rôle de protection naturelle du lac, sa destruction au profit des périmètres irrigués a provoqué une perturbation de l’écosystème, dont la conséquence directe est l’accélération du  processus d’envasement.

Par ailleurs, les versants des collines environnantes, autrefois protégés par un couvert végétal dense, fondent aujourd’hui sous l’effet d’une érosion intense, qui charrie, chaque année, d’énormes quantités de boue vers les fonds lacustres.

Il en est de même des berges, aujourd’hui dénudées et devenues alors de véritables passoires pour toutes sortes de résidus.

Sous l’effet de la pression démographique, les rives sont prises d’assaut pour l’exploitation  de périmètres irrigués. Cela, en dépit de l’existence de textes réglementaires interdisant toute activité à moins de 100 mètres des rivages.

Pire, depuis quelques années, on observe le développement de pratiques culturales qui jurent avec les efforts de protection du lac.

De quoi s’agit-il ?

Nous voulons parler de ces procédés qui consistent à faire des cultures de décrue en déplaçant les parcelles jusque dans le lit du lac à chaque fois que l’eau se retire. «C’est une véritable nuée de nouveaux types d’exploitants qui s’est abattue autour du lac. Toutes les berges sont aujourd’hui grattées par des canaux dont les espacements n’excèdent guère 10 mètres»,  dénonce, le directeur provincial de l’Agriculture.

 

Les autorités communales ont fermé les yeux

 

Même si au moment de notre passage deux adeptes de ces pratiques néfastes se trouvaient derrière les barreaux de la police locale, il n’en demeure pas moins que pour une partie de la population, l’administration communale a fermé les yeux sur l’extension des cultures de décrue. Une opinion que semble partager le président de l’AZND : «Beaucoup d’actions de sensibilisation ont été menées. Mais les résultats escomptés ne pourront être atteints que lorsque le pouvoir local se mettra au sérieux quand il est question de la survie du lac».

Même son de cloche au niveau du comité d’irrigants des secteurs 6 et 7 : «Dans les discours, on perçoit la volonté des autorités locales. Mais très souvent, entre ce qui se dit et ce qui se fait, il y a de grands écarts. Quand on élabore des textes, il faut veiller à leur application», regrette Edmond Sawadogo, secrétaire général dudit comité. 

Qu’en pense le conseil municipal ? Nous ne le saurons malheureusement pas, le maire de la commune de Kongoussi, Daouda Zoromé, quoique informé à l’avance de notre arrivée et du sujet de reportage, n’ayant pas  répondu à nos sollicitations malgré nos multiples relances. «C’est mieux de rentrer à Ouagadougou, on se reverra un autre jour», nous a-t-il lancé lors de notre ultime appel téléphonique.

Alors que des natifs accusent les «étrangers» de pratiques culturales peu conformes aux exigences de préservation de l’eau, des voix s’élèvent pour stigmatiser certains comportements des propriétaires terriens : «Le problème ici, reconnaît de nouveau Joseph Patouem, c’est que parmi nous, il y a des gens qui cèdent leurs terres aux nouveaux exploitants [contre de l’argent] et préfèrent passer leurs journées dans les cabarets». «De grâce, mentionnez cela dans votre journal», nous a-t-il supplié.  Aveu de complicité indirecte des autochtones s’il en est besoin. Quelques heures auparavant, le directeur provincial de l’Agriculture a embouché la même trompette sur la complicité des autochtones. Même perception chez le professeur Albert Patoin Ouédraogo, chef du village de Bango et considéré comme l’un des plus fervents défenseur de la survie du lac : «Il faut que les autochtones arrêtent de céder les terres à tout vent aux nouveaux arrivants dont le seul souci est de se faire de l’argent».

 

Faut-il détruire la digue ou pas ?

 

A l’érosion intensive des versants des collines et aux méfaits de certaines pratiques agricoles s’ajouterait, comme cause de l’envasement, la digue routière, construite dans les années 40 par la mission catholique. Aujourd’hui complètement submergé par l’eau, l’ouvrage a pendant longtemps servi de point de passage reliant Kongoussi-Est (Bam) à Kongoussi-Ouest. Au fil du temps, les tunnels, de 3 à 4 mètres de diamètre, qui laissaient passer l’eau, auraient fini par être bouchés par de la terre, des tiges et des branches d’arbres. Si fait que la vase, qui était autrefois charriée par les courants d’eau jusqu’au fleuve Nakambé, s’accumule  progressivement au pied de la digue. «Sauter cette digue, qui  est devenue un véritable bouchon, sera un début de solution au problème de l’envasement», assure donc le professeur Albert Patouin Ouédraogo, que nous avons rencontré à Ouagadougou. Echo favorable dans les locaux de la direction provinciale de l’Agriculture de Kongoussi, d’où le premier responsable du service renchérit  : «La digue est devenue un élément majeur de l’envasement. Il faut la défaire et reconstruire, en lieu et place, un pont sur pilotis».

Dans son étude sur les causes éventuelles du comblement du lac, l’ingénieur Sibiri Traoré pointe, lui aussi, du doigt le muret : «La digue qui franchit le lac a dû jouer le rôle de mur qui arrête l’eau qui se décante». Au passage, il met en cause le déversoir bétonné qui ferme l’étendue d’eau à son extrémité sud et les nombreux barrages réalisés en amont du lac.

Mais allons voir du côté de la Direction générale du génie rural (DGGR), sise au ministère de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques. Là, des voix s’élèvent pour réfuter toute relation de cause à effet  entre la présence de la digue et l’envasement du lac : «La digue routière, c’est ce que nous appelons seuil. L’envasement n’est pas dû au seuil, c'est-à-dire à la digue routière. Au contraire, elle freine la vitesse d’arrivée de l’eau, donc elle diminue  l’intensité de l’érosion», soutient, pour sa part, le DG du génie rural, Ambroise Ouédraogo (Lire encadré).    

Un débat scientifico-technique qui est certainement loin de passionner les populations locales, elles qui attendent  plutôt  une solution rapide et pratique pour sauver «Wend-Kuni», le lac, de la boue. «Dans tous les documents qui ont été transmis à notre comité, la question du lac est inscrite en trait de lumière. Mais nous n’y avons rencontré aucun passage qui définit  les actions concrètes à entreprendre. A plusieurs reprises, nous avons  rencontré les autorités locales pour en savoir davantage. Mais chaque fois, c’est la même chose : personne n’a de réponses à fournir», s'en désole Edmond Sawadogo, obligé depuis quelques années, comme nombre de riverains, d’abandonner ses champs en bordure du lac en raison des fréquentes crues d’un lac dont le lit s’est transformé en assiette plate.

Face à l’adversité, des initiatives  paysannes locales, soutenues par des associations et des ONG, ont vu le jour pour ralentir, à défaut de pouvoir enrayer, la progression de la menace qui plane au dessus des eaux prestigieuses du Bam. Sont de celles-là le reboisement des berges et la construction de cordon pierreux tout au long des rives.

En attendant les solutions scientifiques, toujours à l’étude à Ouagadougou, en Israël et en Australie. (Lire encadré).

«Certes, il faut des études préalables à toute recherche de solutions durables. Mais nous autres, utilisateurs du lac,  sommes pressés. Le plan d’eau est en danger et pourrait s’assécher d’ici là», fait remarquer Albert Patoin Ouédraogo, dont les propos résument à souhait la situation : la nécessité d’approfondir les études mais également l’urgence d’une solution sous peine que ce ne soit un jour le médecin après la mort.

 

Alain Saint Robespierre

L’Observateur Paalga du 6 mars 2008

                

    Encadrés lac Bam

 

Encadré (1)

         «Pour le moment, il n’y a aucune solution précise»

                             Ambroise Ouédraogo, DG du génie rural

 

 Y a-t-il aujourd’hui des solutions pour sauver le lac Bam ?

 

A l’heure actuelle, nous sommes toujours dans la  recherche de financements pour faire les études de réhabilitation. Ces études se font avec le soutien de partenaires israéliens et australiens.

Les solutions envisagées sont de trois ordres :

- Le rehaussement : scientifiquement, c’est la solution la plus optimale. Elle consiste en une augmentation de la hauteur du seuil [appellation technique de la digue routière en question]. Son coût est estimé à 100 millions de FCFA. Cela entraîne un gain en eau de 30 à 40 millions de mètres cubes. Mais l’inconvénient ici, ce sont les risques d’inondation.

- Le récurage : chaque année, ce sont 112 000 mètres cubes de boue qui se déposent dans le fond du lac. Le récurage consiste à enlever cette boue. Mais c’est une option très compliquée, délicate et très coûteuse :  à peu près 5 milliards de FCFA.

Généralement, nous n’aimons pas la solution de récurage, qui coûte cher et constitue une opération très risquée, car il est possible, dans cette opération, de trouer la couche imperméable.

-Enfin, il y a les mesures d’accompagnement comme la protection environnementale (4 milliards de FCFA), la plantations d’espèces adaptées pour stabiliser l’érosion, l’organisation des usagers en comité de gestion et de préservation de l’eau et l’aménagement de 500ha de terres supplémentaires.

Le coût de l’ensemble des mesures est estimé à 15 milliards de FCFA.

 

Mais concrètement, entre le rehaussement et le récurage, quelle sera l’option finale ?

 

Les études sont en cours et nous sommes à un stade d’avant-projet sommaire. Pour le moment, il n’y a aucune option définitive de solution. Mais dans un an, nous serons situé là-dessus et je pourrai vous en parler. On pourra aussi faire un melting-pot. C'est-à-dire qu’au lieu de rehausser le seuil d’un mètre, on le fait de 50cm et au lieu de récurer l’ensemble du lac, on le fait seulement par endroits.

 

Vous envisagez d’augmenter la hauteur de la digue routière alors que pour beaucoup, elle est la cause majeure de l’envasement et pour cela, ils préconisent sa destruction.

 

Ce que vous appelez digue routière, nous l’appelons seuil. Mais c’est la même chose. L’envasement n’est pas dû au seuil, c'est-à-dire à la digue routière. Il est plutôt dû au ruissellement et aux actions anthropiques.  Mieux, cette digue freine la vitesse d’arrivée de l’eau et donc diminue l’intensité de l’érosion. Si on saute ce seuil, on va perdre plus des 2/3 du réservoir. C’est clair. Les gens observent les phénomènes puis établissent des liaisons parfois malheureuses... La destruction de la digue ne résoudra pas le problème de l’envasement. L’eau arrive déjà avec de la boue. Donc la digue, en arrêtant cette eau-là, arrête forcément tout ce qu’elle contient. C’est tout.

A.S. R. 

 

Encadré (2)

Les poissons meurent comme des mouches

 

Jadis réputé pour ses eaux très poissonneuses, le lac Bam est confronté aujourd’hui à une chute vertigineuse de son potentiel halieutique. Du coup, ce sont plus de 800 professionnels de la pêche, organisés en groupements,  qui voient leur principale source de revenus (à peu près 45 millions de francs CFA/an) se réduire comme peau de chagrin. En attestent les statistiques fournies par la Direction provinciale de l’agriculture, de l’hydraulique et des ressources halieutiques de Kongoussi.

De 800t/an entre les années 60 et 80, la capture des poissons est tombée de nos jours à moins de 80t/an.

Une situation dont la cause principale est la disparition de la faune aquatique, due à l’usage excessif et inapproprié de pesticides et d’engrais sur les parcelles de cultures maraîchères.

Des exploitants agricoles, malgré l’interdiction de la pratique, emblavent les terres jusque dans les lits du lac lors des périodes de décrue. Ils capturent l’eau à partir de canalisations creusées de façon anarchique et qui se terminent chacune par un puisard dans lequel sont directement versés les pesticides. Et c’est ce mélange qui est répandu, à laide d’arrosoirs, sur les cultures maraîchères comme la tomate. Une véritable pollution aquatique d’autant plus que l’eau des puisards, mixée aux produits chimiques,  reflue inexorablement vers le lac.

Au regard de la grande ampleur du phénomène, les services techniques compétents ont recommandé que des tests soient effectués pour déterminer la qualité actuelle des eaux du lac.

Autre facteur de la baisse des ressources halieutiques, c’est la disparition quasi-totale de la flore aquatique.

L’extinction des nénuphars a privé les poissons d’une importante source d’alimentation et provoqué l’exposition directe de leur milieu de vie aux rayons du soleil.

A tout cela s’ajouterait, selon certains riverains du lac, des formes et des moyens de pêche dont les effets sont néfastes au développement et à la reproduction des poissons. Il s’agirait, par exemple, de l’utilisation de moustiquaires ; «ce n’est plus de la pêche, mais plutôt une battue au cours de laquelle aucun poisson, pas même les alevins, n’a aucune chance de survivre», déplore Edmond Sawadogo, secrétaire général du comité d’irrigants des secteurs 6 et 7 de Kongoussi.

 

A.S.R. 

 

Encadré (3)

Des effets perceptibles

 

Au stade actuel de l’envasement, les populations locales ressentent déjà durement les conséquences du comblement progressif du lac.

Sous l’effet du comblement, le lit du lac s’est transformé en « assiette ». Une situation qui a provoqué l’étalement des eaux, surtout en saison pluvieuse. De 2000 à nos jours, le niveau de débordement atteint, selon les endroits, 500 à 1000 mètres. D’où la fréquence des inondations, ces dernières années, des champs de bordure et des habitations des populations riveraines. Submergés alors par l’étalage des eaux dès la tombée des premières pluies, plusieurs hectares de champs de culture pluviale sont  aujourd’hui abandonnés par leurs propriétaires.

La diminution progressive du potentiel hydrique, du fait de la   réduction de la profondeur du lac, a provoqué des effets induits sur les revenus des maraîchers.

En effet, le retrait rapide des eaux du lac en saison sèche grève les coûts d’exploitation maraîchère des utilisateurs de moyens d’exhaure comme les motopompes et les conduites PVC. La consommation en carburant est d’autant plus élevée que les motopompes capturent l’eau sur des distances de plus en plus grandes.

A.S.R.



05/03/2008
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