L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Immigration clandestine : L'équation à plusieurs inconnues

Immigration clandestine

L'équation à plusieurs inconnues

 

Nombreux sont les jeunes qui fuient leur pays pour l'eldorado européen ou américain, mais pas toujours dans de bonnes conditions de voyages. C'est cette situation qui est analysée à travers cet écrit.

 

L'immigration clandestine est de nos jours une épine sous les pieds des pays d'Europe et d'Afrique. En effet, qu'elle soit clandestine ou "subie" ou qu'elle soit légale ou "choisie", l'immigration reste une préoccupation majeure que partagent les pays riches du Nord et les pays pauvres du Sud. Pour l'Afrique, en particulier, elle se pose en obstacle au développement. En effet, faut-il le rappeler, l'immigration occasionne considérablement la fuite des bras valides et des cerveaux qui constituent respectivement la force de travail et l'intelligentsia indispensables pour asseoir un développement durable sur le continent. Par conséquent, une lutte acharnée doit s'imposer à tous les niveaux contre le phénomène dont les formes dévastatrices évidentes sont d'ordre à maintenir l'Afrique dans le retard et le sous-développement. Cependant, s'il est à noter avec désespérance la croyance chimérique des jeunes en ce que l'Europe est un eldorado où, dans l'espoir d'un mieux-être,  les uns et les autres se laisse aller à l'exil  par tous les moyens y compris les plus suicidaires et inhumains au péril de leur vie en traversant le désert à pied ou en embarquant en haute mer, il convient en revanche de relever les causes connues du phénomène sur les  plans politique et socio-économique. Aussi pouvons-nous sans affirmer sans risque de nous tromper que le manque de perspectives rassurantes à l'horizon, le chômage, la pauvreté humaine et matérielle, les conflits armés, contraignent les milliers de jeunes africains à l'exode vers les pays occidentaux non sans, ce faisant, des conséquences dommageables pour l'Afrique. Car, outre quelques rares avantages générés dans une moindre mesure, l'émigration clandestine se caractérise par de multiples inconvénients aussi considérables que lourds à supporter pour les pays. Les capitaux rapatriés par la diaspora africaine, bien que utiles dans certains cas comme la survie des familles, l'investissement dans les PME, PMI et le secteur informel, la plus value y relative reste insignifiante et beaucoup marginale pour constituer des bases économiques solides capables d'impulser un développement véritable. Pis, l'Afrique perd une partie de sa ressource humaine qualifiée au profit de l'Europe. En effet, comme l'a été la traite négrière, le caractère massif, irrégulier et incontrôlable de l'émigration clandestine enlève à l'Afrique les compétences indispensables pour soutenir l'innovation et le développement endogène. De ce qui précède, il convient de situer les responsabilités. En effet, aussi bien les dirigeants des pays riches d'Europe et d'Amérique que ceux des pays pauvres du Sud, notamment d'Afrique, sont accusables d'une façon ou d'une autre. Les premiers pour la réduction drastique de l'aide au développement, le maintien de la dette et l'iniquité dans le commerce international concernant particulièrement les injustices subies sur le marché par les matières premières africaines. Sans oublier les nombreuses barrières multiformes qui se dressent aux Africains quand ils veulent se rendre en Europe, même dans les conditions régulières, en dépit du droit international des personnes consacré par l'article 13 de la déclaration universelle des droits de l'homme qui garantit le libre établissement et la non-entrave à la circulation des personnes et des biens. Quant aux seconds, ceux-ci doivent être accusés pour la mal gouvernance, le manque de démocratie et l'absence,  de perspectives rassurantes pour la jeunesse. Ainsi donc, au regard de l'état des lieux très préoccupant et après une analyse minutieuse de la problématique, le REPLIC, d'une part, se félicite du plaidoyer sur l'immigration clandestine fait par le Président du Faso, Son Excellence Blaise Compaoré, dans son discours d'ouverture de la conférence des chefs d'Etats de l'UEMOA tenue dernièrement à Ouagadougou. Puis d'autre part :

- Exhorte les dirigeants africains à accorder une place de choix à la question de l'immigration sous toutes ses formes;

- propose aux pays d'organiser des foras nationaux de la jeunesse en rapport spécifiquement à l'immigration clandestine afin de recueillir les avis avec propositions concrètes des jeunes sur la question;

- suggère la tenue d'une conférence des gouvernements de l'espace CEDEAO sur l'immigration clandestine et ses conséquences aux fins de trouver des solutions à même de l'endiguer.

 

Pour le Bureau exécutif national

Miriam Téné Samaké

Présidente  

L’Observateur Paalga du 13 février 2008



13/02/2008
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