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Indépendance de la presse : Le FILEP fait des propositions

Indépendance de la presse

Le FILEP fait des propositions

Débuté le 11 avril 2007 à Ouagadougou, à l’occasion de la IIe édition du Festival international de la liberté d’expression et de la presse (FILEP), le colloque international sur la liberté de la presse s’est achevé vendredi 13 avril 2007. Les participants ont proposé des voies et moyens pour consolider ou acquérir l’indépendance des médias.

“Renforcer la collaboration entre organisations de journalistes et organisations de défense de droits humains, mettre en place un système d’alerte des journalistes, former les acteurs de la société civile et des médias”, tels sont entre autres les recommandations prises par les participants au colloque international sur la liberté de la presse, vendredi 13 avril 2007 à Ouagadougou. Un colloque inscrit au menu de la IIe édition du Festival international de la liberté d’expression et de la presse (FILEP), laquelle a été lancée le 11 avril passé. Ainsi huit thèmes relatifs à la liberté de la presse ont été développés. “L’état des lieux de la liberté d’expression et de la presse en Afrique”, “l’environnement socioculturel des médias et la liberté d’expression et de la presse”, “quelle synergie entre les organisations de défense des droits humains et les organisations de défense des médias”, sont quelques uns des sujets abordés. Ceux-ci ont été épluchés par des journalistes, des directeurs de publication ou des représentants d’organisations de journalistes ou de défense des droits de l’Homme. Le directeur de publication de “L’Observateur Paalga”, Edouard Ouédraogo, par ailleurs président de la section burkinabè de l’Union internationale de la presse francophone (UPF) s’est ainsi entretenu avec les festivaliers sur “les expériences des médias indépendants en Afrique et leur contribution dans le processus démocratique”. Il s’est appesanti sur deux points : la dépénalisation des délits de presse et l’aide de l’Etat aux médias. En ce qui concerne le premier point, le conférencier a expliqué que la dépénalisation ne signifie pas soustraire les journalistes des sanctions judiciaires. Il a préconisé de remplacer le terme en question par “déprisonnement”. Toute chose qui a été adopté par l’assemblée. Quant au second point, M. Ouédraogo l’a abordé à travers deux questions : “Est-ce qu’un journal indépendant doit accepter l’argent public pour son développement ? et “est-ce décent d’accepter cet argent” ? Pour l’essentiel, on retiendra que l’aide aux médias n’est pas propre aux pays africains. De plus, elle n’entame en rien l’indépendance de ceux-ci. Toutefois, la forme sous laquelle elle est donnée et son utilisation ne sont pas toujours efficientes.

La liberté, une quête permanente

Le ministre chargé des relations avec le Parlement, Adama Fofana, qui a présidé la cérémonie de clôture du colloque, s’est réjoui de ces échanges entre hommes de médias d’une part et hommes de médias et défenseurs des droits humains d’autre part. Il a dit sa satisfaction d’autant plus que le thème principal du FILEP à savoir “Sauver la liberté d’expression et de presse pour renforcer la démocratie” s’incarne dans l’engagement quotidien des journalistes qui exercent parfois leur métier au péril de leur vie. M. Fofana a alors rendu hommage aux “ouvriers et ouvrières” de la plume et des micros avant de relever que la liberté de la presse requiert une bonne situation économique des médias. L’Etat, les partenaires de la presse et ses acteurs pourraient, de son point de vue, soutenir les médias en les aidant notamment dans la production, la distribution des journaux, et la réglementation de l’accès à la manne publicitaire.
Par ailleurs, il a salué l’acceptation mutuelle de la presse et de l’Etat dans un cadre de coexistence pacifiée préalable à l’évolution harmonieuse de la liberté d’expression et de la démocratie. Pour Mahirou Ahmadou, directeur de radio Dounia au Niger, cette liberté n’est pas toujours une réalité en Afrique particulièrement dans sa partie Ouest. Il a affirmé avoir tiré beaucoup d’enseignements des débats et des témoignages au colloque. “Les échanges vont nous permettre de poursuivre le combat pour la démocratie”, a laissé entendre M. Ahmadou. Même son de cloche pour le directeur de publication du journal “L’Inspecteur”, le Malien Ali Diarra qui a avancé que la rencontre de Ouagadougou a permis aux journalistes de mesurer les enjeux de la liberté d’expression et corriger le tir, afin de relever les défis à venir.

Séraphine SOME

Sidwaya du 16 avril 2007



16/04/2007
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