L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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"J'ai subi un préjudice d'environ 70 millions de F CFA !"

ZACHARIA SAWADOGO, MAIRE DE NONGREMASSOM

"J'ai subi un préjudice d'environ 70 millions de F CFA !"

 

Comme indiqué plus haut, le maire de Nongremassom a été victime des manifestations du jeudi 28 février. Nous l'avons rencontré à son domicile au lendemain des faits.


"Le Pays": Vous avez été victime d'actes de vandalisme lors des violentes manifestations du 28 février. Quels commentaires cela vous inspire-t-il?

 

Au départ, on avait appris qu'il s'agissait d'une manifestation contre la vie chère. Mais je me rends compte maintenant qu'il s'agissait d'un mouvement qui était organisé, coordonné et avec des cibles. J'ai été personnellement visé, mes biens et moi-même. Je ne sais pas pourquoi. Ils s'en sont pris à mon imprimerie qu'ils ont saccagée. Les dégâts sont énormes. Mais moi je suis un croyant et je m'en remets à Dieu. Mais ce qui est étrange et que je regrette, c'est l'amalgame que les manifestants ont fait. Je suis certes le maire de l'arrondissement de Nongremassom. Mais avant, d'être maire, j'étais et je demeure toujours commerçant, imprimeur. L'imprimerie qui a été saccagée, je l'ai créée il y a une vingtaine d'années. Ça fait seulement 8 ans que je suis maire. C'est dommage que les gens confondent le bien privé au bien public. Je ne suis pas le seul imprimeur à avoir construit un immeuble. En tant que journaliste, vous connaissez certainement la valeur d'une imprimerie. Je voudrais donc que mes adversaires politiques et tout autre bon entendeur sachent que j'ai une autre activité. Les manifestants ont été tenté de saccager ma villa que j'habite depuis 1998. Je n'étais pas un chômeur avant d'aller à la mairie. C'est vraiment regrettable que les gens pensent que j'ai pillé l'argent de la mairie.

 

Vous avez parlé d'adversaires politiques; est-ce à dire que vous accusez quelqu'un?

 

Etant donné que les manifestants ne se s'en sont pas pris qu'aux seuls biens publics comme ce fut le cas à Bobo par exemple, je me dis que ça a été organisé et guidé contre mes biens privés. Donc, je suis sûr qu'il s'agit de règlements de compte. Puisque vous savez que tout homme politique a des adversaires politiques. Je ne peux pas citer de nom mais je sais que l'acte a été commandité par mes adversaires.

Quelle estimation faites-vous du préjudice que vous avez subi en terme monétaire?

Si vous voulez un chiffre, ça va être de l'à- peu près parce que nous sommes encore en train d'évaluer. Mais déjà je peux vous dire que ce que j'ai perdu, ce n'est pas moins de 70 millions de francs CFA


Allez-vous porter plainte?


Oui, je vais porter plainte contre x, dans l'espoir de faire la lumière sur ce qui s'est passé, même si je n'espère pas obtenir un quelconque dédommagement. Je veux savoir ce que l'on me reproche! Je vais prendre mes responsabilités d'abord en tant que citoyen, puis en tant que maire. Il faut que les gens sachent qu'en tant que citoyen, je peux m'organiser pour me défendre. Parce que je ne peux pas tolérer qu'un vandale vienne piller, casser et saccager mes biens privés! Je veux faire comprendre que mon imprimerie n'a rien à cirer avec la mairie. Que ça soit clair!


On avait annoncé une victime décédée dans l'arrondissement, lors des échauffourées. Qu'en est-il?

 

En tant que premier responsable élu de l'arrondissement de Nongremassom, et sentant venir les choses, j'avais, par avance organisé des jeunes volontaires qui, le 28 février, ont tenté de barrer la route à ces casseurs et brûleurs de pneus. Il y a eu des affrontements et on m'a rapporté par la suite qu'il y a eu un blessé. Très vite, la rumeur avait annoncé la mort de deux personnes et on avait accusé un de notre organisation d'avoir poignardé l'une des victimes. Mais je tiens à rassurer les populations qu'il n'y a eu aucune victime décédée. Et il y a eu un blessé à qui nous avons rendu visite à l'hôpital. Vivement qu'il guérisse promptement et qu'il nous rejoigne sur les chantiers du développement.

 


Que pensez-vous de cette option de la violence à travers le pays pour, dit-on, lutter contre la vie chère?

 

C'est une tournure qui n'arrange personne. Bien au contraire, ça nous complique la vie. Je suis commerçant et je connais la grève des commerçants. Elle consiste à fermer les boutiques et les magasins. On négocie avec le gouvernement. Si on n'obtient pas satisfaction on ouvre de nouveau les commerces. Mais un commerçant ne connaît pas de violence, il ne pille pas! C'est très dangereux. A Nongremassom, nous nous sommes organisés pour limiter les dégâts. Vous pouvez constater que dans l'arrondissement, il n'y pas eu de feux tricolores cassés, ni de gros dégâts matériels. Mais le maire que je suis a été accusé d'avoir créé une milice. Je demande à la population de garder son calme et de trouver une autre voie de recours pour approcher le gouvernement. Sinon la violence ne fait que compliquer la situation.

 

Propos recueillis par Paul-Miki ROAMBA

Le Pays du 3 mars 2008



03/03/2008
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