L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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“J’ai servi le président avec fidélité, celui-ci m’a lâché”

André Compaoré, ancien dircab de Maurice Yaméogo

“J’ai servi le président avec fidélité, celui-ci m’a lâché”

A 77 ans, il aurait pu couler aujourd’hui une retraite heureuse après plusieurs décennies de services rendus à la nation. Au lieu de ça, il est presque réduit à la ramasse, lui qui a pourtant occupé de hautes fonctions dans l’administration publique voltaïque.

Depuis qu’il a été condamné en mai 1969 par un tribunal spécial pour sa « fidélité » à l’ancien président Maurice Yaméogo, dont il fut le directeur de cabinet, André Adama Compaoré a tout perdu :
 radié de la Fonction publique, il ne jouit pas aujourd’hui d’une pension de retraite ;
 condamné à la confiscation de ses biens, sa villa, la seule, qu’il a construite sur prêt bancaire BND, lui a été retirée ;
 sa parcelle à Bobo-Dioulasso ainsi que celle de sa femme à Ouagadougou ont été saisies ;
 son compte BICIAB a été gelé. Avec en prime, la prison et l’humiliation. Victime dans le passé d’un règlement de comptes, comme il ne cesse de le clamer, M. Compaoré se dit aujourd’hui confronté, seul, à une nouvelle forme d’injustice. Bénéficiaire de la grâce présidentielle en 1991 comme beaucoup d’autres agents civils de l’Etat condamnés par des tribunaux d’exception, il attend toujours, résigné, sa réhabilitation administrative et la restitution de ses biens. Suite à sa lettre ouverte adressée au directeur du Trésor public et publiée dans notre édition du vendredi 21 au lundi 24 mars 2008, nous avons rencontré le 28 mars 2008 à son domicile de Koulouba, cet ancien fonctionnaire qui avait, en son temps, refusé des pourboires que lui proposait l’entreprise en charge de la construction de l’hôtel Indépendance. Sa forme physique est chancelante, mais sa mémoire est restée intacte. C’est à cœur ouvert qu’il s’est prêté à nos questions, faisant au passage moult révélations.

Dans votre lettre ouverte adressée au ministre des Finances et du Budget, vous avez écrit que vous avez été jugé puis condamné sans fondement. Qu’est-ce à dire ?

• J’ai été jugé et condamné par un tribunal spécial le 8 mai 1969. Au cours du procès, on ne m’a pas posé de questions. On m’a tout simplement introduit dans la salle, à côté de l’ancien président Maurice Yaméogo. Et là, le commissaire du gouvernement, le juge Jean Marie Apiou, m’a dit : « Vous serez condamné pour votre fidélité au président Yaméogo ». En revanche, le président du tribunal, Charles Sériba Traoré (Ndlr : qui fut plus tard président de la Cour suprême), lui, m’a confié : « Monsieur Compaoré, je ne sais pas ce qu’on vous reproche, mais votre dossier est vide ».

Et de fait le juge Apiou avait alors ajouté : « C’est vrai que Monsieur Compaoré n’a rien détourné, mais il faut le condamner pour sa fidélité au président Yaméogo ». J’ai tous les dossiers ici, vous pouvez vérifier ce que je dis (Ndlr : Une pile de document était en effet posé devant lui).

Sur ces entrefaites, j’ai demandé la parole, qui m’a été refusée. Et c’est ainsi que j’ai été condamné (Ndlr : à la confiscation de ses biens, à la radiation de la Fonction publique et il a purgé une peine de quatre ans et demi d’emprisonnement).

A vous entendre, ce fut un procès très expéditif.

• Le 14 janvier (Ndlr : après les événements du 3 janvier 1966) dans la soirée, on est venu m’arrêter chez moi après une longue perquisition. J’ai été convoyé en camion à Bobo-Dioulasso, où j’ai été jeté en prison le lendemain vers 4 heures du matin. Aux alentours de 8 heures, un officier supérieur est venu me voir dans ma cellule et il m’a dit exactement ceci :

« On a renversé le président Maurice Yaméogo parce qu’il a envoyé des troupes militaires dans un pays étranger pour des missions ponctuelles. Et une fois la mission terminée, le pays en question a remis, en contrepartie, un montant de 750 millions de francs CFA pour l’armée. Et le président a détourné l’intégralité de la somme. Voilà la raison du coup d’Etat ».

Est-ce vrai que des soldats voltaïques avaient été envoyés en mission à l’étranger ? Et est-ce vrai que leurs frais de mission ont été détournés par le président Yaméogo ?

• Je peux affirmer que c’était vrai ; il y avait des militaires voltaïques qui étaient partis à l’étranger. Par contre, pour les 750 millions, je n’en avais pas entendu parler jusqu’au jour de mon arrestation.

Dans quel pays avait eu lieu cette fameuse mission ?

• C’était en Côte d’Ivoire. Plus précisément au niveau de la partie frontalière avec notre pays. Mais pour les 750 millions, je le répète, je n’ai jamais été mis au courant de ça.

Quel était l’objet de cette mission ?

• Selon l’officier supérieur en question, la mission était de contenir des troubles en Côte d’Ivoire, sur demande du président Houphouët-Boigny. Je crois à ce qu’il m’a dit, puisqu’il faisait partie de la troupe militaire envoyée à cette mission. Il sait donc ce qu’il est allé faire en Côte d’Ivoire à cette époque.

Qui était cet officier supérieur qui vous a fait cette révélation ?

• Je ne veux pas révéler son nom, parce qu’il est toujours en vie. Il a poursuivi en disant que moi j’ai été arrêté parce que j’ai profité de cet argent, qui était destiné à l’armée.

J’ai rétorqué à l’officier que c’est lui qui m’apprenait tout ça. Je ne savais pas que Maurice avait détourné de l’argent. Moi en tout cas je n’ai rien reçu. Après deux ans passés derrière les barreaux à Bobo-Dioulasso, on m’a fait revenir à Ouagadougou pour les commodités de l’enquête. Les résultats de ces investigations sur ma gestion sont là et m’ont mis hors de cause de tout détournement. Les enquêteurs ont fouillé chez moi, dans ma belle-famille et même chez mes parents à Koubri.

Au procès, il n’y avait aucun chef d’inculpation. C’est dans la rue que j’apprenais qu’on me reprochait ceci et cela. Ce qu’il faut aussi savoir, c’est que le président Maurice lui-même n’a pas reconnu ce qu’il m’a demandé de faire sur ses propres instructions. J’ai effectivement donné de l’argent à des personnalités sur ordre du président. Tous les bénéficiaires, toujours vivants au moment du procès, ont avoué avoir perçu de l’argent de ma part, mais sur ordre du président Yaméogo. Les instructions étaient données en leur présence.

Etaient-ce des instructions verbales ou écrites ?

• C’était verbal. (Assise à côté de son mari, Mme Georgette Compaoré, adjointe administrative à la retraite, qui intervenait de temps à autre, précise que les instructions étaient verbales parce que le président ne voulait laisser aucune trace). Effectivement, Maurice ne voulait laisser aucune trace. Mais ça ne pouvait pas continuer comme cela. Lui-même avait fait prendre des textes pour me dire comment les fonds devaient être gérés. Le président était l’ordonnateur et moi j’exécutais les dépenses.

J’ai aussi donné de l’argent à certains membres de la famille Yaméogo. Il faut le dire. Un soir, alors qu’il s’apprêtait à se rendre aux Etats-Unis d’Amérique, le chef de l’Etat m’a ordonné de remettre 700 000 francs à son épouse, qui devait l’accompagner.

Une autre fois, c’était à l’occasion de la fête nationale du 5-Août. Il m’a encore fait remettre à sa famille la somme de 700 000 pour, a-t-il dit, la préparation de plats africains. Mais au procès, le président a tout nié. Je ne fais que citer quelques cas.

Le jour de notre audition, coup de théâtre : Maurice ne reconnaît pas m’avoir ordonné de donner de l’argent à des gens. Il a même demandé qu’on me condamne à la confiscation de mes biens. (Précision de Mme Compaoré : « Heureusement pour mon mari, les enquêteurs sont tombés, lors de la perquisition de notre domicile, sur les souches des chéquiers sur lesquels figuraient les noms de chaque bénéficiaire »).

Pourquoi par chèque si, comme vous le dites, le président ne voulait pas qu’on laisse des traces ?

• Je faisais des chèques pour des besoins de justification. Je fais sortir de l’argent des caisses de l’Etat, il fallait bien que je rende compte au Trésor. Maurice lui-même avait édicté des règles de gestion. Il disait que pour chaque dépense effectuée, il me fallait un relevé bancaire. C’est pour tout cela que j’émettais souvent des chèques. Il y a même eu des moments où Maurice s’opposait à l’émission des chèques.

Il disait alors : « Non, non, ne faites plus ça. Prenez l’argent en votre nom et remettez-le aux bénéficiaires ». Le président est mort et je ne voudrais pas souiller sa mémoire. Souvent, sous forme de plaisanterie, il me disait : « Ah ! Directeur, si ça chauffe, moi je dirais que je ne suis au courant de rien ». Même l’argent que j’ai eu à remettre à ses enfants et à d’autres membres de sa famille, sur ses instructions, il a nié m’avoir ordonné de telles sorties d’argent.

Donc l’argent n’était pas remis en liquidité, mais plutôt sous forme de chèque ?

• Oui, c’était toujours par chèque. Voilà, Maurice était donc un type comme vous le constatez quoi : un patron qui donnait des ordres puis, par lâcheté, ne les reconnaissait plus. Même les enquêteurs se sont rendus compte par la suite que le président niait l’évidence.

Un autre fait qui m’a beaucoup abasourdi vraiment, c’est l’accusation selon laquelle j’aurais remis 300 000 francs à Marcel Yaméogo, un frère de Maurice, pour préparer un coup d’Etat qui devait aboutir à l’assassinat de Lamizana et de toute sa famille, neutraliser le gouvernement et mettre l’armée en pièces. Qui peut croire à une telle monstruosité ? Est-ce qu’avec 300 000 francs on peut exécuter un tel plan ? Malheureusement, le président Lamizana a cru à ce mensonge.

De quoi s’agissait-il exactement ? J’ai donné 300 000 francs au nommé Marcel. Le 4 janvier 1966, c’est-à-dire au lendemain du coup de force contre le président Yaméogo, je me suis rendu à mon bureau pour ramasser mes affaires. Parce que je m’étais dit que tout était fini pour nous. Mais contre toute attente, je rencontre Lamizana dans mon bureau. Alors je lui dis : « Mon général [NDLR : grande que Lamizana a obtenu quand il était au pouvoir] je suis venu pour récupérer mes affaires ».

Et il me réplique : « Non, vous ne partirez pas. Je vous maintiens comme mon directeur de cabinet ». Je n’ai pas trouvé à redire. Je suis resté dans mon cabinet. Cinq minutes après les propos du général, Maurice Yaméogo m’appelle au téléphone depuis Koudougou et me dit de partir. Je lui demande pourquoi puis je raccroche.

Le 14 janvier, Marcel Yaméogo est venu me voir. Il m’a dit qu’il était avec Lamizana, qui venait de lui confier qu’il a pris un engagement vis-à-vis de Maurice Yaméogo : restituer le pouvoir au président déchu dès que la situation se sera calmée.

Marcel me dit que Lamizana l’envoyait prendre 300 000 francs avec moi pour organiser des prières afin que son engagement soit tenu dans de bonnes conditions. J’ai répondu que le général ne m’a jamais parlé d’un tel projet. Mais il a insisté pour que je lui remette la somme, en promettant de retourner voir Lamizana pour qu’il m’appelle pour confirmation. Finalement je l’ai cru et j’ai débloqué les 300 000 francs. J’ai attendu le coup de fil du général. En vain. Le même soir du 14 janvier, j’ai été arrêté. Je reconnais que j’ai fait preuve de naïveté. Mais vous savez, si vous n’êtes pas fripon, vous ne savez pas qu’il en existe.

Je ne comprends pas pourquoi Lamizana lui-même a pu croire que je préparais un coup contre sa personne.

Mais ce que je ne comprends également pas, c’est que les autorités aient refusé la confrontation avec Marcel, que j’ai exigée. Quelques jours avant le procès, j’ai réitéré mon exigence et c’est là qu’on m’a appris que Marcel était mort. Devant le tribunal, on n’a pas pipé mot de ce prétendu disant coup d’Etat. J’ai été condamné, j’ai fait quatre ans et demi de prison. A la fin du procès, on m’a seulement signifié que je suis condamné solidairement avec Maurice Yaméogo. Pourtant je devais être jugé sur ma gestion. A mon avis, le général Lamizana a été l’instrument de la vengeance de mes ennemis.

Quand vous parlez de la vengeance de vos ennemis, pensez-vous, entre autres, à Maurice Yaméogo, qui aurait ourdi cette machination pour empêcher tout rapprochement entre vous et le président Lamizana ?

• Ah ! Moi, je crois qu’il y a eu complot contre ma personne. Monté par qui ? Je ne le sais pas. Mais je me rappelle qu’à la fin du jugement, Maurice m’a fait un grand sourire de satisfaction.

Le président du Faso vous a gracié et a même ordonné la restitution de tous vos biens et votre réhabilitation administrative. Mais jusque-là, à part votre villa, dont vous réclamez les loyers [payés par l’ambassade d’Allemagne mais versés au Trésor public de 1966 à 1995], le décret présidentiel n’est toujours pas suivi d’effets pour ce qui est de votre cas. Par contre, Maurice Yaméogo s’est vu restituer tous ses biens. Comment vous expliquez cette situation ? Franchement, moi-même je n’y comprends plus rien. On m’a dit de fournir les dossiers. Je me suis exécuté. Et jusqu’à l’heure où je vous parle, pas de réponse. Pourquoi on ne me restitue pas mes biens ? Je ne saurais quoi vous répondre.

Je me suis adressé au cabinet du président, je me suis adressé au comité chargé de la gestion des indemnisations des victimes, en vain. Pour trouver ne serait-ce qu’un interlocuteur pour comprendre ce qui se passe, c’est la croix et la bannière. Chaque fois, c’est la même chose : « Votre dossier est quelque part. Veuillez patienter ». Et c’est comme cela depuis 1991.

A part la villa, est-ce qu’il y a d’autres biens qui vous avaient été confisqués et qui ne vous sont toujours pas restitués ?

• Oui, en plus de la villa, il y a d’autres biens qui ont été confisqués : par exemple une parcelle à Bobo-Dioulasso, que je réclame, une autre, située dans la zone résidentielle de Ouaga, mon compte BICIAB, à l’époque c’était BNP, que je réclame également.

Pour ce qui est de la villa (Ndlr : où s’est déroulé le présent entretien, en face de l’archevêché), on me l’a restituée, mais les loyers de 1966 à 1995 ne m’ont pas été reversés.

J’ai été injustement radié de l’Administration. La Fonction publique m’avait convoqué pour remplir des fiches de renseignements. Je me suis exécuté. Après, on m’a appris que mon dossier s’est égaré. En 96, j’ai recommencé. Par la suite, le directeur général du personnel m’a dit que la grâce présidentielle ne s’appliquerait pas à moi, parce que le tribunal spécial qui m’a jugé est la chose que le tribunal de droit commun.

Mais les textes sont là et c’est clair. Je vous les lis : « Conformément à l’ordonnance 91 080 Pres. du 30 décembre 1991 qui stipule : "Art. 1 et 2 : il est institué une mesure de réhabilitation administrative au profit des agents civils de l’Etat condamnés par les tribunaux d’exception à la détention ayant entraîné la perte de salaire, les sanctions prises à l’encontre de ces agents sont annulées". Je suis visé par ces articles, mais à la Fonction publique, on dit que je ne suis pas concerné.

J’ai été jugé par un tribunal spécial et le directeur général du personnel trouve que c’est comme si j’avais comparu devant un tribunal de droit commun. Tout cela me laisse penser que des agents de l’Etat agissent selon leurs fantaisies.

On m’avait aussi dit de reconstituer tout mon dossier pour le déposer à la présidence. J’ai tout fait.

(Récit de Mme Georgette Compaoré : à l’époque nous résidions toujours à Abidjan. Alors c’est moi qui suis venue déposer le dossier de mon mari le 22 octobre 1991. C’était d’abord à l’ENAM. On m’a dit d’aller faire remplir la fiche par mon mari. Je suis repartie en Côte d’Ivoire pour ensuite revenir le 26 novembre 1991 avec la fiche, dûment remplie, que je devais déposer au premier ministère. On m’a dit qu’avec les élections, il n’y avait pas le temps, mais de revenir au mois de janvier. Ce que j’ai fait. C’est moi qui ai déposé tous les dossiers, parce qu’à l’époque on n’avait toujours pas de maison à Ouagadougou).

Avez-vous bénéficié de l’assistance d’un avocat lors du procès ?

• Il y a eu un avocat commis d’office en la personne de maître Vimal. Il me posait des questions pendant l’enquête. Par la suite, il m’a dit qu’il ne pourrait pas me défendre parce que mon cas était politique alors que lui est habitué aux affaires civiles. Le jour du procès, c’est maître Emile Sawadogo qui a assuré ma défense.

Vous avez adressé à travers les colonnes de notre journal une lettre ouverte au directeur général du Trésor public. Vous a-t-il répondu ?

• Non, jusqu’à la date d’aujourd’hui, il ne m’a pas répondu. J’espère qu’il y aura une réaction. Tout ce que je dis peut se vérifier. Je suis patient. J’attends de voir quand il va réagir et comment il va réagir.

Quelle opinion avez-vous de l’administration publique d’aujourd’hui ?

• A notre époque, quand un président donnait des ordres, même verbales, on les exécutait à la lettre. Mais aujourd’hui, le président prend un décret et des agents les exécutent selon leur bon vouloir. C’est un scandale. Cette maison m’a été restituée officiellement en 1995. Mais dans les faits, c’est en 1998 qu’on me l’a remise. C’est-à-dire trois ans après. Allez y donc comprendre quelque chose ! Durant tout ce temps écoulé, j’ai tourné de bureau en bureau. Les gens me fuyaient finalement.

J’ai été contraint de retourner en Côte d’Ivoire, puisque je n’avais pas où dormir. Par bonheur pour nous, Madame la présidente (Ndlr : Chantal Compaoré) était de passage à Abidjan. Nous l’avons abordée. Elle nous a référé au directeur de cabinet du président, qui était à l’époque M. Mohamed Topan. Lui, à son tour, nous a introduit auprès du ministre des Finances d’alors, M. Tertius Zongo. C’est ainsi que j’ai pu entrer en possession de ma villa.

Nous n’allons pas terminer cet entretien sans évoquer l’un de vos plus beaux souvenirs. En mai 1980, alors que vous étiez le chargé des relations extérieures de l’ex-multinationale Air Afrique, vous avez convoyé le pape Jean Paul II à Accra, Ouagadougou et Abidjan. Quel a été exactement votre rôle lors de ce périple papal ?

• A l’époque, la compagnie africaine la plus fiable, c’était Air Afrique, que le Saint-Siège a loué. Dès lors, tout ce qui touchait à la sécurité, à la santé, à l’alimentation et à bien d’autres choses du pape relevait de notre compagnie. J’ai été tout simplement désigné pour accompagner le souverain pontife et m’occuper de tout ce dont il aurait besoin. Dans l’avion, il avait sa cabine à part. Il mangeait très peu, mais priait beaucoup. Il était très ascète.

Quand il sortait de sa cabine, c’était pour s’entretenir avec l’équipe de journalistes à bord. A la fin de la tournée ouest- africaine, je l’ai raccompagné jusqu’à Rome. Et c’est là que ma mission a pris fin… Je n’ai pas pu nouer de relations avec le pape, parce que c’est très difficile. Lorsque l’avion s’est immobilisé sur le tarmac de l’aéroport de Rome, chaque membre de l’équipage en a profité pour faire des photos avec le souverain pontife.

Entretien réalisé par

Alain Saint Robespierre

L’Observateur Paalga du 2 avril 2008



02/04/2008
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