L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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"Je ne suis pas du RPC mais rien ne me l'interdit" (Zéphirin Diabré)

Zéphirin Diabré

"Je ne suis pas du RPC mais rien ne me l'interdit"

 

On l'a toujours connu fort en thèmes mais depuis qu'il a quitté le gouvernement burkinabè il y a une dizaine d'années pour atterrir au PNUD puis à AREVA, il s'était comme imposé un devoir de réserve, notamment sur les questions de politique intérieure.

Mais Zéphirin Diabré semble avoir repris sa liberté de parole et répondant à notre sollicitation lors de son dernier passage à Ouaga, il n'a pas fait dans l'esquive et la langue de bois.

En tout cas de l'uranium nigérien aux 20 ans de renaissance démocratique au Burkina Faso,  en passant par les flèches assassines qui lui étaient destinées aux législatives 2007, le Rassemblement populaire des citoyens (RPC)  dont on dit qu'il est le parrain ; la Révolution d'août ; la corruption et les obstacles à l'alternance démocratique en Afrique, le chairman Afrique Moyen-Orient du géant français du nucléaire, AREVA, crache ses vérités comme s'il en avait gros sur le cœur.

 

Comment vous portez-vous et comment se déroule votre carrière dans le secteur privé ?

 

-  Je vais très bien. Ma carrière au sein du groupe AREVA se déroule aussi très bien.

 

 Le groupe AREVA est depuis quelque temps au centre d'un certain nombre de polémiques : tantôt c'est le Président Tandja du Niger qui vous accuse de soutenir les rebelles du MNJ, tantôt c'est le président Bozizé de Centrafrique qui vous accuse d'avoir pris illégalement possession de ses gisements d'uranium. Qu'est-ce qui se passe ?

 

• Dans les accords qui nous lient au Niger, nos installations minières sont protégées par  les forces de sécurité. Cette protection donne lieu à un versement mensuel de perdiems. Ces perdiems étaient gérés par un officier, le capitaine AJITAR, qui commandait l'escadron basé sur le lieu de nos installations. Brusquement, cet officier a choisi de rejoindre la rébellion, avec bien entendu le reliquat des sommes qui lui étaient régulièrement versées.

 

C'est ça l'histoire. Le montant total des perdiems que nous  avons versés se situent entre  75 et  80 millions de francs CFA, sur une période d'environ un an. J'imagine qu'au fur et à mesure que ces versements étaient faits, les soldats étaient payés. Combien restait –il sur le compte au moment de son départ ? Je n'en sais rien.

 

Je ne suis pas expert en rébellion, mais   je suis sûr qu'on  ne monte  pas une rébellion avec 80 millions de francs CFA ! 

J'ai eu maintes fois l'occasion de présenter notre version des faits.

Nous n'avons aucun intérêt à participer à la déstabilisation du Niger.

 

Je dois dire que le président Mamadou Tandja a fait montre d'une grande retenue et d'une  grande sagesse dans cette affaire. Je tiens à saluer ici la grandeur d'esprit, le sens  de la responsabilité et la tolérance toute africaine   avec lesquels il a géré et continue de gérer ce malentendu. Dieu merci,  la confiance est rétablie.

 

Oui mais c'est maintenant le MNJ qui semble vous accuser d'avoir pactisé avec le gouvernement de Tandja. Il semble qu'ils menacent même de s'en prendre à vos intérêts ?

 

-  Comme toutes les organisations internationales publiques ou privées, quand nous travaillons   dans un pays, nous discutons avec  l'Etat. Or c'est le pouvoir en place qui peut parler et  agir au nom de l'Etat.  Nous ne pouvons pas discuter avec des forces parallèles, qui ne représentent pas l'Etat. Cela dit, nous ne portons pas de jugement de valeur sur telle  ou telle  partie. Et nous ne nous ingérons pas  dans les débats politiques  internes. C'est l'attitude que nous adoptons partout, que ce soit au Niger ou ailleurs.

 

On dit aussi que vous achetez l'uranium à un prix très bas ?

 

-  En fait pendant longtemps, le prix de l'uranium était très bas parce que le nucléaire n'était plus à la mode. Ce n'était pas la faute d'AREVA. C'est la loi du marché. Depuis 5 ans, le nucléaire est revenu à la mode, et les cours de l'uranium commencent à remonter.

 

Dans un tel contexte, nous comprenons tout à fait que  nos partenaires nigériens demandent une révision à la hausse de son prix d'achat. C'est légitime. Les ressources minières du sous-sol africain doivent profiter aux populations africaines.

La semaine dernière, nous avons augmenté de près de 50% le prix d'achat de l'uranium. La question est donc réglée.

 

Et la Centrafrique ?

 

-  Le groupe AREVA y a racheté une compagnie minière canadienne qui s'appelle URAMIN. Cette compagnie possédait des gisements d'uranium en Afrique du Sud, en Namibie,  en RCA et dans d'autres pays à travers le monde.

 

Pour nous, automatiquement, tous ces gisements deviennent notre propriété. Les autorités d'Afrique du Sud et de Namibie nous ont laissé prendre possession  des  gisements qui se trouvent dans leurs pays. Et les travaux d'exploitation vont être lancés bientôt.

 

Par contre, nos partenaires centrafricains estiment que nous ne pouvons pas entrer en possession du gisement qui se trouve sur leur territoire,  parce que notre transaction pose un certain nombre de problèmes juridiques. Je respecte tout à  fait leur position.

 

Les discussions ont commencé. Je me dois ici de saluer la grande disponibilité et l'esprit d'ouverture du gouvernement centrafricain et plus particulièrement  de Son Excellence le président François Bozizé.  Sous son autorité et avec ses conseils avisés, je suis sûr que nous allons trouver rapidement un terrain d'entente.

 

Depuis un certain temps vous  semblez distribuer des centrales nucléaires à droite et à gauche : Chine, Libye, Algérie, etc. Or rien ne vient dans  notre sous-région. Pourquoi ?

 

-  D'abord parmi tous ceux que vous citez, le seul pays où nous avons signé  récemment des accords de livraison de centrales nucléaires, c'est la Chine.  Pour le reste, ce sont des discussions sur  des intentions  de coopération.

Ensuite, nous répondons à la  demande des pays. Si un pays de la sous-région est intéressé par le nucléaire, nous sommes prêts à discuter.

 

Beaucoup d'observateurs s'inquiètent qu'un pays comme la Libye puisse posséder la technologie nucléaire, eu égard au passé de ce pays et à son implication dans les actes terroristes...

 

-  Pour ce qui nous concerne, avec la Libye, il n'a jamais été question de livraison de centrale nucléaire. Nous n'en sommes pas encore là. Les échanges que nous avons eus à ce jour  avec elle portent sur des demandes d'informations. La partie libyenne recherche des informations sur  la possibilité de dessaler l'eau de mer  avec l'électricité produite par une centrale nucléaire, pour faire de l'irrigation à très grande échelle.

 

Deuxièmement, AREVA vend du nucléaire civil, qui sert à produire de l'électricité. Nous ne sommes pas impliqués dans le nucléaire militaire, qui sert à  la fabrication de bombes atomiques

Troisièmement, je ne sais rien des implications ou des non- implications libyennes dans les histoires de terrorisme.

 

Pour accéder au nucléaire, il y a surtout des protocoles à ratifier et à respecter. Le reste relève  d'une décision  politique.

Cela dit, à supposer même que ce que vous dites soit  vrai, rien n'empêche de croire que les comportements ont changé.

 

Si un chat revient de la Mecque et dit qu'il a vraiment changé, il faut malgré tout  lui accorder le bénéfice du doute. Et attendre de voir s'il va recommencer à bondir sur les souris. Si on doit gérer les affaires du monde en figeant les pays, les régimes ou même les individus dans des caractérisations qui n'évoluent pas, on ne fera jamais de progrès.

 

Pensez-vous vraiment que le nucléaire pourrait être une solution aux problèmes énergétiques du Burkina et si oui y a-t-il des projets dans ce sens ?

 

-  La production d'électricité d'une   centrale nucléaire dépasse  très largement les besoins actuels d'un pays comme le Burkina. Et il faut savoir qu'une centrale nucléaire coûte excessivement cher. C'est trop cher pour un seul pays. Sans compter la question de sa maîtrise technique.

 

De mon point de vue, la meilleure solution serait une formule régionale, dans le cadre de l'UEMOA. Surtout que le processus de sa mise en œuvre est très long. Si notre sous-région décidait aujourd'hui de se doter d'une centrale nucléaire, il ne faut pas espérer pouvoir l'inaugurer avant 10   ans au moins.

 

Vous nous avez habitués à faire des virages dans votre carrière sans crier gare. Combien de temps comptez-vous rester chez AREVA et quelle est la prochaine étape ?

 

-  Je ne sais pas.

 

Au cours de l'année qui vient de s'écouler, votre nom a été beaucoup cité dans le débat politique, notamment à propos du RPC. Une imposante délégation du CDP  s'est même rendue dans votre fief à Manga pour vous accuser, en des termes à peine  voilés,  d'être à la base de la création de ce parti. Vous avez gardé le silence malgré tout le battage médiatique autour de cette affaire. Pouvez-vous nous expliquer aujourd'hui de quoi tout cela retourne ?

 

-  Je  n'étais pas au Burkina lorsque cette mission a été menée. Je l'ai appris en lisant la presse et en écoutant les commentaires des gens, quand  je suis passé par ici quelque temps après. Dans ce pays, il faut faire beaucoup attention lorsqu'il s'agit de propos rapportés.  A-t-on parlé de moi ? Je n'en sais rien. Et même si c'était le cas,  cela ne me poserait  aucun problème. Si on parle de vous, c'est que vous êtes quelque chose.

 

En tout cas nous sommes en démocratie, donc la liberté d'expression est garantie pour tout le monde.

Il   faut toujours savoir faire  preuve de maturité, de retenue et de pondération.  Si au stade où je suis aujourd'hui je ne peux pas entendre des gens  parler de moi, même m'insulter, et pouvoir me maîtriser et me taire, c'est que je n'ai encore rien appris de la vie.

 

D'ailleurs je souris quand je relis aujourd'hui les propos que la presse prêtait à certains des excités politiques qui s'agitaient ce jour-là comme s'ils étaient des prophètes : «Le RPC sera écrasé» ; «je vais quitter ma province pour venir m'installer ici à Manga et faire la campagne» ; «même s'il faut amener la BCEAO ici, l'argent coulera à flots».

 

Et patati et patata… Finalement on n'a rien vu du tout ! Zéro ! Certains devraient avoir honte aujourd'hui !

Que voulez-vous que je réponde à des sottises de ce genre !

Quand on a atteint un certain niveau, il faut faire beaucoup attention à ce qui sort de votre bouche !

 

Je dois dire d'ailleurs que je n'entends plus  ceux qui faisaient des déclarations incendiaires ce jour-là. Peut-être que, comme le murmurent les sages de chez moi, ils ont eu un autre problème tellement  gros à gérer, qu'ils ont oublié le RPC et Zéphirin Diabré. (Rires aux éclats).

 

Oui mais l'opinion nationale s'est demandé ce qui se passait exactement. Parce qu'en fait, cette mission vous a pratiquement désigné comme un opposant à abattre. Êtes-vous  devenu un adversaire pour  le régime ? Ou certains au sein du régime ont-ils peur de vous ?

 

-  Vous exagérez ! Pour moi il s'agissait de propos de campagne électorale. Et  puis, de toute façon, posez-leur la question. Ce sont eux qui peuvent vous répondre.

Moi je n'ai pas de problème avec qui ce soit au Burkina. Je n'en ai même pas le temps. Et je ne me préoccupe pas des excitations des uns ou des autres.

 

Depuis 10 ans j'évolue en dehors des circuits politiques ou administratifs du Burkina.  Si de là où je suis, je peux aider mon pays à avancer, notamment dans le domaine minier ou énergétique, je n'hésiterai pas un seul instant à le faire. Maintenant, s'il y a des gens à qui ma position actuelle  pose problème, eh bien c'est leur affaire ! Comme dirait René Char : "vis ta vie, suis ton  chemin, à force de te  voir, ils s'habitueront !"

 

Après cet  épisode, certains pensaient que vous alliez  vous engager tout de suite  dans le combat politique à la tête du RPC.

 

-  Même si je veux faire de la  politique, c'est à moi d'en choisir le lieu et le moment. Je ne laisserai  pas  à   d'autres la possibilité de  m'imposer cela.  Si j'ai envie de faire la politique, je la ferai quand je l'aurai décidé, et je serai  maître de mon calendrier. Je ne vais pas commencer  à m'exciter comme un dindon, tout simplement  parce qu'on a  évoqué mon nom dans une réunion publique à Manga !

 

D'autant que sur le fond je ne vois pas où est le problème !

A supposer   que je sois vraiment «le parrain» du RPC, à supposer même que je sois président-fondateur du RPC ou de je ne sais quel autre parti politique, où est le problème ? Où est le problème ?

 

Est-ce que j'ai volé ? Non.  Est-ce que j'ai tué ? Non ! Créer un  parti n'est pas un délit, donc ce n'est pas quelque chose qui donne lieu à accusation.

 Je crois savoir que nous sommes en  démocratie. En tant que citoyens, nous sommes tous libres  de penser ce que nous voulons, de nous associer avec qui nous voulons, de faire de la politique si cela nous intéresse,   de militer là où nous voulons, de partir si nous le décidons, etc.,  tant que nous sommes en conformité avec la loi.

 

 Il  y a près d'une centaine de partis politiques qui vont et  viennent dans ce  pays, dirigés par des citoyens de  toutes sortes. Est-ce qu'on leur a interdit de faire la politique ? Non ! Est-ce qu'on leur a coupé  la tête ? Pas à ma connaissance. Est-ce qu'il y a une loi qui dit que   Zéphirin Diabré ne doit pas faire de la politique? Pas que je sache. Donc, où est le problème ?

 

Bon, après ce beau discours, maintenant dites-nous : êtes-vous membre du RPC ? En êtes-vous le parrain ?  Bref, quelles relations avez-vous avec ce parti ?

 

-  A l'heure où je vous parle, je ne suis pas membre du RPC ni d'aucun parti politique. Si je l'étais, je  l'aurais dit, puisqu'encore, une fois,  je ne vois pas où  est le problème. Si je veux faire de la politique, je n'ai pas à me justifier ni à en rendre compte. Tout au plus, peut-être vais-je aller vers certains pour les en informer par courtoisie ou pour nouer une alliance. Mais ça, c'est une autre affaire.

 

Ceux qui sont au RPC  n'ont pas besoin de parrain pour faire la politique. Les gens font la politique dans la poursuite de leurs ambitions et de leurs intérêts. Et ils savent comment s'organiser pour y arriver. Si je veux faire de la politique, je ne demanderai pas  à d'autres de le faire pour moi. D'ailleurs je suis trop bien instruit par l'expérience pour savoir, comme disent les Mossis, que la meilleure course au marché, c'est celle qu'on fait soi-même.

 

La vérité, c'est que je connais très bien les responsables  du RPC qui évoluent dans ma province. Ce sont d'ailleurs d'anciens CDR reconvertis à l'ODP/MT et puis au CDP. Ils m'ont fortement soutenu du temps où je faisais la politique. Ils faisaient partie de mon camp.

 

A l'approche des élections législatives passées, ils ont calculé qu'ils  n'avaient pas de chance de  mettre  un des leurs  sur la liste CDP de la province. D'où l'idée de tenter leur chance ailleurs. Certains sont allés au RPC, d'autres sont restés au CDP, d'autres encore ont rejoint un autre parti.

 

C'est leur droit. Ce n'est pas parce que moi je ne fais pas  de la politique qu'eux sont obligés de s'asseoir. Et ils ont bien fait. Si on ne t'aime pas quelque part, ne force pas pour y aller. Cherches- toi, et va briller ailleurs.

 

Eux au moins, ils ont eu le courage de partir, plutôt que de rester, de subir et de se morfondre en privé comme c'est le cas de certains.  Si tu es fort dans ta base, pourquoi accepter de travailler gratuitement pour un autre candidat, impopulaire et imposé par les caciques de ton parti ? Pourquoi ?

De toutes les façons, leur audace a payé. Comme quoi parfois, il faut savoir dire non !

 

Oui mais on dit que c'est grâce à votre soutien, notamment financier, et l'utilisation de votre nom pendant la campagne électorale. Sinon comment en deux mois un parti qui vient de naître, dirigés par des inconnus,  peut  arracher un siège au Zoundwéogo ?

 

• Je ne sais pas s'ils ont utilisé mon nom, mais même s'ils l'ont fait,  je n'en fais aucun  problème. De toute façon, pour un politicien tous les moyens sont bons pour obtenir ce qu'il cherche. Et puis je n'ai jamais interdit à quelqu'un au Zoundwéogo de dire qu'il est mon ami ou mon ennemi.

 

Comment expliquez-vous le fait que la création du RPC ait   semé une telle panique dans votre fief ?

 

-  Je n'en sais rien.  Posez votre question à ceux qui sont paniqués. C'est vrai qu'il y a de quoi se poser des questions quand on voit des gens qui aiment dire qu'ils sont stoïques et qu'il n'y a rien au village perdre leur sang froid  pour une affaire comme celle-là ! En politique on apprend tous les jours !

 

A votre avis, maintenant que le RPC a montré sa force au Zoundwéogo, va-t-il chercher à s'implanter dans les autres provinces du pays ?

 

-  Posez la question aux responsables du RPC.

 

Alors vous-même, allez-vous revenir en politique ?

 

-  A la vérité, je  n'y ai  même pas encore pensé. Et puis je ne sais pas si la question se pose pour des gens comme moi.  Je ne suis pas  un politicien de carrière. Et je n'ai pas d'ambition politique ou administrative particulière. D'ailleurs vous l'aurez remarqué à la manière dont je me suis organisé jusque-là.

 

De toutes les façons, je vis au Burkina, pas au Guatémala ni au Bhutan. Donc si je dois faire la politique, ce sera devant vous ici.

 

Pensez-vous revenir un jour au CDP ou travailler avec ce parti ?

 

-  A ma connaissance, je n'ai aucun conflit ni avec le  CDP en tant que parti, ni avec ses militants. J'étais militant du CDP à un moment donné. Je ne le suis plus. Je suis libre de militer dans un parti comme d'en démissionner. Si cela pose problème à certains,  eh bien tant pis !

 

Je vous l'ai déjà dit dans ces colonnes : je garde un très bon souvenir de mon militantisme  au CDP et j'ai une profonde estime pour les militants du CDP avec lesquels j'ai évolué. J'ai même des amis très proches qui  militent toujours au  CDP. De la même manière,  j'ai des amis très proches qui militent dans d'autres partis.

 

Pour le reste, en politique, les chemins se croisent et se décroisent en fonction des circonstances, des intérêts et des rapports de forces. Nous appartenons tous à la même génération politique. Et je ne suis pas sectaire. Malgré la différence de leur pelage, disent les Mossis,  les veaux d'une même saison n'ont aucune  difficulté à se retrouver pour aller brouter le même pâturage. Mais chacun dans sa ligne !

 

Il y a  de cela quelques semaines, on a assisté à deux  commémorations politiques importantes : les "20 ans de renaissance démocratique sous la houlette de Blaise Compaoré", et le 20e anniversaire de l'assassinat de Thomas Sankara. Comment avez-vous apprécié ces deux commémorations ?

 

-  Je n'étais pas au pays lors de ces commémorations. L'essentiel est que tout se soit bien déroulé de part et d'autre. On avait craint  à un moment donné qu'il y ait  une certaine tension, mais finalement chaque camp a pu se faire entendre. C'est le plus important.

 

Certains estiment que la véritable date de notre retour à la démocratie, c'est l'adoption de la constitution du 2 juin 1991.

 

-  Si on se situe sur un plan stricto sensu juridique, on peut comprendre leur argument, même si on ne l'approuve pas. Mais situons-nous plutôt sur le terrain politique. Dès lors qu'il n'y a pas eu de rupture de régime, et que l'adoption de la constitution est l'aboutissement d'un processus politique  initié après les événements de 1987, je crois  que la polémique n'a pas lieu d'être. Le plus important, c'est de parler de la qualité et des insuffisances de notre système démocratique, et de voir comment les améliorer. C'est à ça que doit servir une commémoration ou un  bilan.

 

Pour lire la suite de l'entretien cliquez ICI



17/01/2008
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