L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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La Banque Mondiale et le FMI à la barre

Ciné droit libre

La Banque Mondiale et le FMI à la barre

 

Pris dans l'étau de la dette et de l'ajustement structurel, le continent africain, qui se retrouve avec ses services publics bradés, lutte pour sa survie. Ainsi l'ont voulu la Banque Mondiale, le Fonds monétaire international, l'Organisation mondiale du commerce et le G8.

C'est de ce problème existentiel que traite le film "Bamako" d'Abderrahmane Sissoko, dont la projection a consacré l'ouverture de la 3e édition du Ciné droit libre, le mercredi 4 juillet 2007 au Centre culturel français.

 

Que sert la liberté d'expression si les œuvres de l'esprit sont inaccessibles aux populations, qui ont besoin de savoir pour agir? Pour la 3e année consécutive, Ciné droit libre (CDL) offre l'occasion, du 4 au 8 juillet 2007, de suivre des films, engagés, à polémique, et même censurés en trois (3) lieux que sont : le Centre culturel français, le Ciné Wemtenga et l'Université de Ouagadougou.

Cette édition a pour thème : "Emigration, liberté d'expression et démocratie en Afrique : quel lien ?".

Vingt-deux (22) films sont au programme dont voici quelques intitulés: "Identité/ identité pour l'Afrique", "Les maux de la faim", "Sankara, l'homme intègre", "Sales affaires du pétrole", etc.

"Bamako" du réalisateur malien Abderrahamane Sissoko a été le film d'ouverture le mercredi 4 juillet  2007 au Centre culturel français. Cette œuvre a mis en relief le drame, dû à la dette et au Programme d'ajustement structurel, que vit le continent noir. Face à cette situation cruelle, des représentants de la société civile africaine intentent un procès aux institutions financières internationales que sont la Banque Mondiale et au FMI, qu'ils jugent responsables de ce malheur qui frappe l'Afrique. Le procès se déroule à Bamako dans une cour  au milieu des habitants, qui vaquent à leurs occupations, attentifs ou indifférents aux débats. Au cours de ceux-ci, la partie civile fait remarquer qu'à peine 20% de nos budgets sont consacrés aux services sociaux de base alors que près de la moitié de ces budgets est destinée au remboursement de la dette ; privant ainsi les peuples africains des droits fondamentaux, comme ceux à la santé, à l'éducation, à l'alimentation, à l'emploi,  et nous en oublions.

Les accusés que sont les institutions financières internationales  font à leur tour remarquer que ce ne sont pas elles qui organisent la corruption qui sévit dans nos Etats.

La partie civile, après une prestations brillante qui lui a valu des ovations de l'assistance, a demandé au tribunal de condamner les Institutions de Breton Woods à des travaux d'intérêt général pour l'humanité.

La marraine de cette manifestation, Aminata Dramane Traoré, a déploré l'absence en Afrique d'une société civile responsable. Dans nos Etats, a-t-elle souligné, tout se vend et s'achète, et la bataille des idées n'a pas cours. Principale concernée par cette situation, la jeunesse doit, pour cet ancien ministre de la Culture, revisiter les armes du combat en vue de se frayer un chemin. Cette projection a connu la participation de personnalités politique comme Bénéwendé Sankara, Ali Lankoandé, Philippe Ouédraogo pour ne citer que ceux-là.

Au cours des débats, beaucoup se sont interrogés sur le prix à payer par l'Afrique pour enfin sortir de sa léthargie.

 

Abdou Karim Sawadogo

L’Observateur Paalga du 6 juillet 2007  



06/07/2007
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