L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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La rébellion bande ses muscles au Niger

Niger

La rébellion bande ses muscles

 

On se souvient encore. C'est le 15 avril 1995 que les accords établissant une paix censée être définitive entre le gouvernement du Niger et l'Organisation de la résistance armée avaient été paraphés à Ouagadougou.

Et leur signature solennelle, à Niamey, le 24 avril 1995, ramena en effet pour un certain temps la paix dans cette partie du continent.

Mais, douze ans après, en février 2007 exactement, les rebelles nigériens reprenaient les armes. Et depuis, le pays d'Hamani Diori est devenu un théâtre d'affrontements entre l'armée régulière et les rebelles du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ).

Après s'en être pris à des cibles militaires, ces derniers, qui semblent être animés d'une inébranlable détermination, ne manquent aucunement de génie pour faire dans les coups d'éclat. Ainsi, pendant que le MNJ s'attaque aux symboles de l'Etat que sont les préfets, gouverneurs et autres responsables administratifs nigériens, pour ramener Tandja autour de la table de négociations, l'homme fort de Niamey reste arc-bouté sur sa position initiale : ne jamais traiter avec un "ramassis de bandits et trafiquants d'armes et de drogue". La situation s'enlise et le pays paie une note salée.

Alors, jusqu'où iront Tandja et son équipe avec cette attitude de l'autruche, qui s'obstine, advienne que pourra, à occulter la réalité ? Ce n'est certes pas en traitant les rebelles de ramassis et de bandits armés qu'ils deviendront du jour au lendemain de doux agneaux !

Bien au contraire ; car, depuis quelques jours, le MNJ semble avoir franchi un palier supplémentaire dans sa lutte contre le régime en place. Et cette volonté de voir Niamey envisager sérieusement la résolution de cette crise par la voie pacifique semble exclure Paris de ce schéma.

En effet, pour le MNJ, la France, qui a pris fait et cause pour le gouvernement nigérien, se doit d'observer une attitude de neutralité.

Et pour les rebelles, il ne saurait être question de laisser le maître d'hier réussir son remake du Tchad en invoquant un "fumeux accord logistique".

Certes, du côté de l'armée nigérienne, tout en  requérant l'anonymat, un officier supérieur a admis du bout des lèvres que l'armée a effectivement reçu "une formation, du matériel et un soutien logistique de Paris aux termes d'un accord de coopération militaire" ; mais quoi qu'il en soit, Paris doit savoir que le Niger et le Tchad, ce ne sont pas tout à fait les mêmes réalités. La France, qui peut être écoutée d'une oreille attentive par Tandja, devrait plutôt exhorter ce dernier à ouvrir la négociation avec le MNJ.

En un an de rébellion, le bilan officiel affiche une cinquantaine de militaires nigériens tués et de nombreux biens détruits.

Un lourd tribut que  ne peut se permettre ce pays.

 

Boureima Diallo

L’Observateur Paalga du 22 février 2008



22/02/2008
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