L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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La réponse du DG du CNRST

CNRST

La réponse du DG

Suite à l’article que nous avons publié le mardi 17 juin dernier, et qui s’intitule "CNRST, le ciel s’obscurcit", nous avons reçu ce droit de réponse du DG de cette institution, Basile L. Guissou, qui estime, entre autres, que celui qui veut connaître les problèmes du CNRST n’a pas besoin d’un tract anonyme. Voici ce que nous a envoyé Basile Guissou qui, vous en conviendrez, a toujours eu le courage de signer lisiblement.

Monsieur le Directeur, et Cher aîné,

Avec tout le respect que je vous dois, permettez-moi de réagir suite à la publication, le 17 juin 2008, dans le n°7156 de « L’Observateur Paalga » d’un article intitulé « CNRST : le ciel s’obscurcit », signé de deux (2) faux noms, inconnus du personnel chercheur du Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique que je dirige. Certes, il ne manque pas de difficultés internes et externes dans ce centre aujourd’hui trentenaire comme votre journal.

Depuis le 16 octobre 1979, c’est mon cadre de travail comme chercheur. Il faudra un livre pour décrire les problèmes surmontés et ceux encore à la recherche de solutions définitives et durables. Chaque agent doit y apporter sa contribution. Dieu merci, tous les travailleurs donnent le meilleur d’eux-mêmes pour faire du CNRST, l’unique structure de recherche du genre en Afrique de l’Ouest, qui présente un capital de résultats plus qu’honorables.

Toutes les sessions du Conseil Africain et Malgache de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (CAMES), chargées d’évaluer les chercheurs, enregistrent des passages de grades presqu’à 100% au CNRST. Ce n’est pas rien. Mais la vulgarisation de nos résultats, leur prise en compte dans les politiques nationales continuent de poser problème. Ici comme ailleurs, les ressources sont rares et difficiles à mobiliser.

Mais pour l’essentiel, le ciel n’est pas plus sombre ici qu’ailleurs. Les directeurs ne sont pas pires qu’ailleurs. La gestion est sous le contrôle du Conseil d’administration et les syndicats comme les délégués du personnel sont tous des membres statutaires. C’est donc clair au CNRST. Même si, pour certains « tireurs camouflés », à chaque situation difficile, comme c’est le cas actuellement pour les salaires, il faut en profiter pour « terrasser le DG et tous ces directeurs et s’installer à leurs places » en se présentant comme les « super experts en tout pour tout, partout et dans tous les régimes politiques ! ».

Dans ce Faso de savane, nous nous connaissons tous. Il n’y a pas de cache-cache possible. Tout le monde connaît tout le monde. Les « clandestins » circulent dans les rues et fréquentent les mêmes lieux que nous. Franchement, celui qui veut connaître les problèmes du CNRST n’a pas besoin d’un tract anonyme. Depuis l’an dernier, les travailleurs syndiqués ou non du CNRST ont fait la grève pour exiger la satisfaction de leurs justes revendications sur les salaires et les primes. Ils ont parlé dans les journaux et moi aussi.

Le « Sidwaya » n°5946 du mercredi 11 juillet 2007 a eu comme titre de mon interview : « Les textes ont oublié les techniciens et les chercheurs du CNRST ! ». A la télévision nationale, j’ai dit que si je n’étais pas nommé en Conseil des ministres, donc tenu de ne pas grever, je serai avec les grévistes parce que le chercheur que je suis sais que leurs revendications sont justes et fondées. L’Etat ne peut pas commettre deux (2) agents aux mêmes tâches, avec les mêmes qualifications et leur payer deux (2) salaires différents par exemple.

L’Etat reconnaît l’injustice et promet de la corriger. La lutte continue, à ce niveau, comme à d’autres niveaux, sans avoir besoin de créer clandestinement un « Institut ou un Département pour chercheurs de postes » ! Les postes de direction, ça se mérite sur le terrain, à visage découvert, dans le combat au jour le jour.

Monsieur le Directeur et cher aîné, il vous souviendra que le jeudi 27 novembre 2003, le n°6029 de « L’Observateur Paalga » publiait mon article « Ma part de vérité sur l’incendie de l’Observateur », avec votre réponse, « A mon ami Basile » en pages 8 et 9. Dans votre réponse, vous écrivez ces lignes qui sont pour moi, des leçons de sagesse profonde venant d’un éducateur d’expérience qui aurait fini (selon vos dires dans les journaux) professeur d’université, s’il n’avait pas choisi le journalisme :

« Je reconnais le Basile avec qui j’ai eu toujours plaisir depuis les années 80 à échanger librement, dans la franchise et le respect mutuel. Car, quoi qu’on dise, nous avons en commun d’être tous deux disciples de Voltaire, philosophe de la tolérance et contempteur du dogmatisme…

Par contre, je me garde des imposteurs, ces Tartuffe qui ne disent pas ce qu’ils pensent et ne pensent pas ce qu’ils disent… Je fais partie de ceux qui ont toujours refusé de jouer les imbéciles utiles dont parlait cyniquement Lénine, ces jobards au grand cœur qui se laissent instrumentaliser par des petits malins qui savent bien avancer masqués ».

Depuis 35 ans que « L’Observateur » existe, ses colonnes me sont restées ouvertes pour m’exprimer. Vous avez accepté de partager les risques avec moi. Même si vous m’avez toujours soupçonné de ruser en « bon communiste » ! Sachez que des camarades aussi de mon côté disent que vous me payez pour écrire et faire vendre votre journal ! Vous, vous savez très bien qui vous payez pour écrire.

Absent du pays, il ne m’était pas possible d’être de la fête des « 35 ans de l’Obs » ! Mais ce n’est que partie remise, puisque ça va jusqu’au 31 décembre. Je suis en route. Mon écrit vise simplement à exprimer ma totale surprise de voir publié dans « notre journal » un écrit dans lequel, lâchement, traîtreusement et sans vergogne, des anonymes, des sans-visages, sans noms, sans structures reconnues pouvant répondre, s’en prennent à cœur joie sur deux (2) pleines pages, pour injurier, mentir, accuser sans preuves, et traîner dans la boue le CNRST et ses premiers responsables.

Bien sûr, en temps de paix, tout le monde est héros. Mais à vouloir coûte que coûte vaincre sans péril, on « triomphe » aussi sans gloire. Il m’est très difficile de comprendre que vous ayez choisi d’encourager ce type de « courage » qui est à contre-courant de votre volonté soutenue jusqu’ici, de participer à civiliser le débat politique national. Bref, « Passek taale », merci.

Pr Basile L. Guissou

DG/CNRST/Ouaga

L’Observateur Paalga du 20 juin 2008



20/06/2008
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