L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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La vraie rentrée de l'équipe Tertius Zongo

Gouvernement

La vraie rentrée de l'équipe Tertius

Les vacances sont bel et bien terminées pour le gouvernement du Burkina, et la rentrée gouvernementale a été effective le 5 septembre dernier. Cette traditionnelle rentrée des classes du gouvernement s'est, une fois de plus, opérée à travers un Conseil des ministres. A l'ordre du jour de ce Conseil, plusieurs sujets sont inscrits. Le projet de nouvel aéroport, la campagne agricole, les collectivités locales, la loi sur la politique foncière, la formation des jeunes, l'examen de la loi de finances, la mise en place des Conseils villageois de développement (CVD), etc. Bref ! des dossiers aussi divers que variés. Le plus gros de ces dossiers reste l'examen de l'avant-projet de loi de finances. Des membres du gouvernement s'expriment ici sur les dossiers qui les attendent.

Blaise Compaoré, président du Faso : Autant on a du plaisir à aller en vacances, autant on en a à retrouver les dossiers qui sont nombreux et qui nous attendaient. Pour le dernier trimestre, les dossiers qui nous tiennent à coeur sont d'abord le budget qu'il faut présenter à l'Assemblée nationale. Ce sera donc le tout premier dossier de ce Conseil.

Tertius Zongo, Premier ministre, chef du gouvernement : Je crois que le plus gros dossier du Conseil, c'est le projet de loi de finances, parce que, vous savez bien, que la session du mois de septembre de l'Assemblée est consacrée à l'examen de la loi de finances. Ce matin, nous allons commencer à examiner l'avant-projet, car, comme vous le savez, on ne l'adopte jamais en un seul Conseil. Tout le monde se plaint et veut plus de moyens. Nous allons commencer aujourd'hui, et peut-être que nous terminerons au prochain Conseil. Nous allons aussi examiner la loi de finances rectificative pour l'exercice 2007, parce qu'on approche de la fin de l'année, et nous voyons un peu plus clair sur ce que nous aurons comme recette et dépenses. Nous allons réaménager le budget 2007. Nous examinerons également ce qu'on appelle la loi de règlement 2006, c'est-à-dire, faire le compte-rendu de l'exécution budgétaire de l'année 2006, parce que le Parlement doit contrôler l'action du gouvernement. Nous soumettrons toutes ces opérations réalisées en 2006 très rapidement au Parlement. Donc, rien que des finances à ce Conseil. J'ai eu peut-être des vacances parce que je n'étais pas là. Je suis venu d'une manière très rapide des Etats-Unis, et il était indiqué que je me fasse plus courtois en repartant présenter mes respects à tous ces gens qui m'ont accueilli pendant cinq ans et qui ont été très disponibles. Je suis reparti faire le tour des administrations et des amis du Burkina pour présenter mon au revoir parce que je sais que j'aurai encore besoin d'eux.

Gilbert Noël Ouédraogo, ministre des Transports : Comme vous le savez, c'est la reprise, et nous avons beaucoup de dossiers en instance, dont les plus importants sont l'avant-projet de budget, la loi rectificative pour ce qui est de l'ensemble des dossiers du Conseil. Concernant le ministère des Transports, les dossiers les plus importants concernent le réaménagement de l'aéroport de Ouagadougou et le projet de nouvel aéroport sur lequel nous sommes en train de travailler. Pour les vacances, je suis resté en famille au village, mais j'ai eu aussi l'occasion d'aller à l'extérieur pour découvrir, pendant quelques jours, le continent africain.

Salamata Sawadogo/Tapsoba, ministre de la Promotion des droits humains : Pour ce premier Conseil, il y a énormément de dossiers. Je n'ai pas personnellement introduit de dossiers à ce Conseil. Ce sera certainement pour la semaine prochaine. Je n'ai pas pris vraiment des vacances, parce que, juste avant les nominations, j'avais beaucoup d'engagements que j'ai tenu à honorer pendant le mois d'août. J'ai travaillé la dernière semaine, mais, de façon très relaxe, à Ouagadougou.

Salif Diallo, ministre d'Etat, ministre de l'Agriculture, de l'Hydraulique et des Ressources halieutiques : Comme vous le savez, nous suivons la saison hivernale, et là, il y a quelques sujets de préoccupation. Nous avons sur l'ensemble du territoire une pluviométrie extrêmement favorable, et cela cause des inondations. A la date d'aujourd'hui, nous avons environ sept mille hectares que nous avons perdus, du fait des inondations. Comparé aux 3 000 000 d'hectares emblavés, ce n'est pas une cause de perte considérable de récoltes prévisionnelles. A ce jour donc, nous restons optimiste quant au bilan céréalier à réaliser, si les pluies continuaient jusqu'en octobre, et nous pensons que ce sera le cas. Nous pensons également avoir un bilan céréalier excédentaire, mais, comme vous le savez, dame nature n'est pas toujours maîtrisable. Nous espérons les pluies jusqu'au mois d'octobre, et à partir de ce mois, nous pensons que cette année, nous aurons une bonne campagne agricole.

Soungalo Ouattara, ministre délégué chargé des Collectivités territoriales : Les collectivités locales en général se portent très bien, s'agissant de leur mise en route. Nous sommes restés très actif ces derniers temps sur certaines questions, notamment les inondations dont les populations ont été victimes dans certaines collectivités. Nous avons eu à leur apporter le soutien nécessaire ainsi que celui du gouvernement. J'ai passé mes vacances auprès des miens, à Bobo Dioulasso, dans la province du Houet et également à l'extérieur du pays.

Issaka Maïga, ministre délégué à l'Agriculture : J'ai passé mes vacances dans les champs où j'ai pu constater que la saison est très bonne à tout point de vue. Il pleut suffisamment, et l'état végétatif aussi est très bon. Je pense donc qu'il y a de l'espoir. C'est vrai que nous avons fait le point des inondations qui sont quand même très importantes, mais la plupart d'entre elles se sont produites dans les bas-fonds. Comme les paysans n'avaient pas l'habitude d'avoir une bonne pluviométrie, ils se sont concentrés sur les bas-fonds, et ont été victimes des inondations. A ce niveau, il peut y avoir récupération après le retrait des eaux. Cela dépend de la durée des inondations. Au niveau du ministère, d'une manière générale, les dossiers qui nous attendent sont la loi sur la politique foncière qui doit voir le jour. Avec tous les conflits dont vous avez entendu parler, il y a lieu de mettre l'accent là-dessus.

Justin Koutaba, ministre de la Jeunesse et de l'Emploi : Pour ce premier Conseil des ministres, nous n'avons pas de dossier. Par contre, nous recommençons avec des grands projets et programmes tels que la formation des 5 000 jeunes à l'entrepreneuriat par an, la formation des 10 000 jeunes aux métiers par an que nous allons commencer en ce mois de septembre. Il y a également des grandes rencontres internationales de jeunes de l'UNESCO au Burkina, et une rencontre consultative des jeunes de la CEDEAO en septembre et en octobre. Par rapport à mes vacances, vous savez que pour un ministre de la Jeunesse, avoir des vacances au moment où les jeunes eux-mêmes sont en vacances, ce n'est pas évident, parce qu'en général les activités des jeunes se situent au mois de juillet et d'août. Nous avons donc voulu une proximité avec eux.

Odile Bonkoungou, ministre de l'Enseignement de base et de l'Alphabétisation : Concernant la gratuité des manuels scolaires, il n'y a pas que la réaction des libraires. Il y a plus intéressant que ça. Ce qui compte pour nous, c'est d'alléger la charge des parents d'élèves dans le cadre de la scolarisation de leurs enfants. Pour ce qui est des libraires, nous pensons que la réflexion peut être menée pour voir plutôt comment nous pouvons promouvoir l'industrie du livre au Burkina. Pour le Conseil de ce matin, nous ferons un point sur la distribution des manuels scolaires que nous avons entamée depuis le 27 août et qui se poursuit très bien. Beaucoup de circonscriptions ont déjà été dotées en manuels scolaires, et nous attendons la rentrée des classes pour que chaque enfant entre en possession de ses manuels. Concernant la date de la rentrée, celle du 17 septembre est pour la rentrée administrative ; la rentrée pédagogique est prévue pour le 1er octobre. Je me suis très bien reposée pendant les vacances, ici à Ouagadougou et ailleurs.

Hyppolite Lingani, ministre des Infrastructures et du Désenclavement : J'ai passé de bonnes vacances mais je ne suis pas sorti du territoire national. J'étais à Bobo Dioulasso et je suis revenu pour suivre l'état de dégradation du réseau routier, à Ouagadougou. Pour cette rentrée gouvernementale, les grands dossiers sont essentiellement le bitumage avec le financement du MCA (Millenium challenge account). Nous allons essayer d'atteindre les 1 200 km de bitumage prévu dans le cadre du MCA. Il y a aussi les deux échangeurs que nous devons démarrer porte de l'est et porte de l'ouest, et qui passent en Conseil ce matin. L'un dans l'autre, nous pourrons lancer les chantiers. Les mesures urgentes ont été prises pour éradiquer le problème d'écroulement de certaines infrastructures suite aux inondations. Vers Fada, il y a un certain nombre de dégradations que nous sommes en train de rattraper. Ces grands ouvrages, il faudra les reprendre à la fin de la saison pluvieuse. Actuellement, il s'agit de prendre des mesures d'urgence pour que le trafic ne soit pas interrompu.

Clément Pengwendé Sawadogo, ministre de l'Administration territoriale et de la Décentralisation : A mon avis, les congés d'un ministre ne sont pas forcément paisibles. Le meilleur repos pour un ministre, c'est quand il a le moins de problèmes possibles. Si vous avez quelques jours dits de repos, loin de votre bureau, et que les problèmes vous rattrapent, vous ne vous êtes pas vraiment reposé. Nous avons effectivement eu ces quelques jours de repos, mais cela correspondait aussi à une période où il y a eu beaucoup de secousses, d'inondations, de perturbations, quelques conflits agriculteurs-éleveurs. Autant de questions qui ont fait que ces congés sont passés très vite mais aussi dans l'ardeur. Concernant la descente du gouvernement à Gogo, dans ce genre de situation, il faut un travail préliminaire. En fonction des situations, il peut être de bon ton qu'un ministre se déplace sur le terrain dès les premiers moments. Ici, il s'agit d'un conflit, et, en la matière, avant qu'un ministre ne se présente, on doit maîtriser les tenants et les aboutissants. Ce n'est pas le même cas que lorsqu'il s'agit d'une inondation, parce que là, il faut aller réconforter des populations en détresse suite à des calamités naturelles. Pour le cas de Gogo, il s'agit d'un conflit, et on ne peut pas juste y aller les premiers moments, présenter ses condoléances et repartir. Il faut analyser la situation et lui apporter les solutions qui conviennent. Pour le faire, il faut d'abord voir clair dans ce qui s'est passé, et c'est ce que nous avons fait. Nous ne sommes pas allés au tout premier moment mais nous avons envoyé des missions qui ont fait un travail préalable, et, comme vous l'avez constaté, la rencontre du 31 août a été très ouverte. Pour ce qui est des autres chantiers, nous sommes à pied d'oeuvre sur la décentralisation qui est un chantier de fond de mon département. Dans les jours qui viennent, nous assisterons, sur l'ensemble des villages du Burkina, à la mise en place des Conseils villageois de développement (CVD). C'est un autre niveau d'organisation qui vient en renforcement à la décentralisation. Ce sont des structures villageoises mises en place sous l'égide des conseils municipaux, et nous nous attellerons à accompagner les conseils municipaux pour que ces structures voient le jour d'ici fin octobre 2007.

Mamadou Sanou, ministre du Commerce, de la Promotion de l'entreprise et de l'artisanat : Le décès du directeur général de la Chambre de commerce, Hamadé Ouédraogo, constitue un grand choc pour nous, d'autant plus que cela fait la 3e perte que nous enregistrons en l'espace de 2 semaines. C'est une perte immense pour nous, parce qu'il était une des chevilles ouvrières de la Chambre de commerce. Il était parvenu à constituer le trait d'union entre les anciens et les nouveaux, et son remplacement va être difficile pour nous. Les dossiers sur lesquels nous allons nous pencher sont, entre autres, principalement la rencontre gouvernement-secteur privé prévue fin septembre. Il y a la réforme des textes sur le commerce, sur le code des investissements, et un certain nombre de dossiers concernant le biocarburant...

Filippe Sawadogo, ministre de la Culture, du Tourisme et de la Communication : Je n'ai jamais été sensible à de telles possibilités de rattraper le retard que nous avons perdu pendant les vacances. Pour nous, elles ont été des moments de travail. Qui veut voyager loin ménage sa monture, et un long voyage commence par le premier pas. Nous devons y faire attention, afin d'aller le plus loin possible. Il faut donc s'organiser, et cela est indispensable pour la conduite d'un département. Les vacances ont été mises à profit pour faire un travail qui était nécessaire, puisque rien ne sert de courir, il faut partir à point.

Alain Yoda, ministre d'Etat chargé de la Santé : Nous avons le budget qui est la base de tout, et des dossiers non moins importants qui concernent l'administration du territoire. Au niveau de la santé, nous sommes tout le temps sur la brèche, avec les dossiers habituels des formations sanitaires, de la prise en charge sans prépaiement des urgences médicales, les constructions des CSPS, le suivi de la construction du CHU de 600 lits. Pour ce qui est de la méningite, nous allons présenter un plan de préparation de riposte pour la saison 2007-2008, mais, en général, c'est au mois de novembre que nous adoptons ce plan. Au sujet des vacances, on ne peut pas les prendre sans faire un tour dans le Boulgou, et je suis allé ailleurs également.

Pascaline Tamini, ministre de l'Action sociale et de la Solidarité nationale : Nous n'avons pas eu de vacances parce que contrainte d'aller un peu partout à travers le pays pour apporter la solidarité du gouvernement aux populations confrontées aux catastrophes naturelles, et nous sommes toujours en train de gérer ces questions.

Joseph Paré, ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique : La gratuité des manuels scolaires est une démarche qui s'inscrit en droite ligne dans le cadre de l'amélioration des conditions d'accès à l'éducation, et nous allons continuer à travailler. Tous les dossiers sont urgents à des degrés divers, et nous souhaitons qu'il n'y ait pas trop de problèmes. Mais, s'il y en a, nous travaillerons à les aplanir. Le ministre que je suis a passé ses vacances en partie à travailler, puisque nous sommes aussi des enseignants-chercheurs. J'ai aussi effectué un voyage au village et hors du Burkina, précisément là où j'ai étudié.

Assane Sawadogo, ministre de la Sécurité : Nous avons mis ces vacances à profit pour faire le tour des 13 régions pour voir les conditions de vie et de travail de nos policiers. Nous avons été ragaillardi et les avons encouragé et donné des conseils, afin d'améliorer notre action sur le terrain. J'ai peut-être eu la chance de tourner en toute quiétude puisque je n'ai pas été braqué (rires), mais le problème de l'insécurité est d'actualité, et c'est pour cela d'ailleurs que nous n'avons pas pris de vacances. Nous allons persévérer dans l'étude et l'action, et c'est ainsi que nous travaillons avec ce que l'Etat nous donne comme moyens. Mais nous disons qu'ils faut aussi une implication de la population, et nous demandons à la presse de nous aider dans ce sens pour qu'il y ait un changement de mentalité. Je crois que la conjugaison des efforts pourra venir à bout des braquages et autres fléaux.

 

Salif Sawadogo, ministre chargé des Relations avec le Parlement : Prenant nouvellement le département, j'ai mis à profit cette période pour véritablement entrer dans le fond des dossiers, la méthodologie, les procédures parlementaires. En tant que militant du CDP, ce sont des vacances qui m'ont été utiles pour préparer, d'une part le renouvellement des structures de notre parti, et d'autre part le 20e anniversaire de l'accession du président Blaise Compaoré au pouvoir. Pour ce qui est de la session parlementaire qui s'ouvre bientôt, il sera principalement question du projet de loi des finances, mais il y a bien d'avant-projets de loi qui ont été adoptés, et ce sera également l'occasion de les soumettre à l'Assemblée nationale. Je pense aussi aux projets de ratification et d'autres textes qui vont principalement marquer la vie économique et sociale de notre pays.

Propos recueillis par Antoine BATTIONO et Christine SAWADOGO

Le pays du 6 septembre 2007



05/09/2007
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