L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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«Le CDP pourra réaliser ses fantasmes législatifs et constitutionnels»

GROUPE DU 14 FEVRIER

«Le CDP pourra réaliser ses fantasmes législatifs et constitutionnels»

Le Groupe du 14 février, un regroupement de partis d’opposition, a tenu une conférence de presse le 22 mai dernier au siège du PAI à Ouagadougou. Ses principaux leaders ont décrié la victoire du CDP aux récentes législatives qu’ils disent entachée de fraudes, et manifesté leur inquiétude quant à l’usage que le CDP fera de sa majorité écrasante dans la future législature.

Philippe Ouédraogo, secrétaire général du PAI (Parti africain de l’indépendance) et président du mois du Groupe du 14 février, était entouré pour sa première conférence de presse post-législatives, mardi, de personnalités en vue comme Ali Lankoandé (PDP/PS), Issa Tiendrébéogo (GDP), Me Bénéwendé Sankara (UNIR/MS), Sambo Issouf Ba (PDS), Nestor Bassière (UPS) et Kader Nacro (PFID). Le Groupe du 14 février prédit un scénario catastrophe avec la majorité écrasante obtenue par le CDP à l’issue des législatives du 6 mai. Pouvant se prévaloir de sa majorité de plus de 3/4, « le CDP super-majoritaire, à en croire Philippe Ouédraogo, pourra donner suite à ses fantasmes législatifs et constitutionnels ». Ainsi, le parti pourra « changer encore le Code électoral afin de renforcer sa domination au parlement, modifier la Constitution pour faire sauter le verrou de la limitation des mandats, monopoliser le bureau de l’Assemblée et modifier le règlement de l’institution pour soumettre encore plus le parlement à l’exécutif, monopoliser la représentation extérieure de l’Assemblée dans les instances internationales, étouffer par des règles strictes les débats dans l’hémicycle ». Visiblement, l’opposition vraie dont se réclament Philippe Ouédraogo et les siens est impuissante face à une telle perspective puisqu’elle n’a que 10 députés. L’ADF/RDA, avec ses 14 élus, est exclue des rangs de l’opposition et ne saurait revendiquer un quelconque statut de chef de file de l’opposition, selon le G14. C’est plutôt l’UNIR/MS qui se croit investie de la légalité pour occuper ce rang. De ce fait, celui-ci dit ne compter nullement sur le parti de l’éléphant pour espérer un quelconque semblant d’équilibre. D’où cette observation très amère des conférenciers : « La démocratie burkinabè a subi un net recul : nous sommes simplement revenus à la situation de 1997 avec toutes les frustrations et les folies meurtrières qu’elle a engendrées, et qui ont justifié la naissance du groupe du 14 février ». A présent qu’il n’a pas d’espace d’expression suffisant au parlement, que va faire le G14 ? Sans dévoiler leurs prochaines stratégies de lutte, les dirigeants du G14 ont souligné la nécessité pour « pour tous les démocrates, où qu’ils se trouvent, et pour tous les partis d’opposition, de lutter sans relâche pour faire réellement avancer la démocratie et ses valeurs au Burkina. » Ils ont aussi évoqué l’obligation qui incombe à ces partis de s’unir pour « constituer une force cohérente, plus puissante et plus crédible ». L’opposition, qui est partie en rangs dispersés aux récentes législatives en dépit de quelques alliances, tire les leçons de son incapacité à mener une lutte cohérente. C’est ainsi que le G14 a fait un clin d’œil à la société civile et aux médias, pour s’associer à lui pour les luttes futures.

Le G14 rend par contre le pouvoir et la CENI responsables en grande partie de son échec aux élections législatives. A la CENI, il reproche des dysfonctionnements sur le fichier électoral, les pièces d’identification et les cartes électorales, la remise tardive des spécimens des bulletins de vote, la possibilité de retrait des cartes d’électeurs par lots, les manipulations dans les désignations des présidents des CECI, etc. Quant au pouvoir, le G14 lui tient rigueur d’avoir révisé le code électoral à son avantage, d’avoir organisé des fraudes comme les inscriptions multiples et les soustractions de cartes d’électeurs. Conclusion du G14 : « La victoire du CDP est celle de l’immoralité politique : elle ne reflète pas les choix des électeurs et exprime le refus profond par ce parti du principe de la souveraineté du peuple. »


Par Mahorou KANAZOE

Le Pays du 23 mai 2007



23/05/2007
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