L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Le réveil d’une branche morte (Courant CNPP/PSD du CDP)

Courant CNPP/PSD du CDP

Le réveil d’une branche morte

De la Convention nationale des patriotes progressistes (CNPP), il ne reste aujourd’hui qu’un vague souvenir depuis que ce parti social démocrate (PSD) s’est, avec une dizaine d’autres formations et de particules, dilué corps, âme et biens dans l’Organisation pour la démocratie et le progrès/Mouvement du travail (ODP/MT), au pouvoir, pour enfanter dans la douleur ce qui s’appelle depuis février 96 Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP).

En son temps d’ailleurs, que de regrets la presse ainsi que l’opinion nationale et internationale n’avaient-elles pas nourris en assistant, impuissantes, à l’effondrement de ce qui était la deuxième force politique sur l’échiquier national et leader incontesté de l’Opposition burkinabè au sortir des années d’exception ?

Hélas, les ambitions personnelles et individuelles, ajoutées à la goinfrerie politique des puissants du moment, ont eu raison des principes et des idéaux, et bonjour la camisole de force dont se vêtiront les nouveaux convives à la table du seigneur de Ziniaré au nom de "l’approfondissement du processus démocratique".

Mais ces initiés de luxe ne tarderont pas à se faire rappeler qu’ils doivent, pour emprunter une célèbre formule de l’inénarrable Dim Salif Sawadogo, se contenter de boire le lait au lieu de vouloir compter les veaux. D’où la décantation et le musellement qui transforma petit à petit certains caciques de la défunte CNPP/PSD en militants de seconde zone, bientôt relégués à la périphérie du parti.

C’était là le prix somme toute logique de la compromission, les ouvriers de la 25e heure étant, les uns après les autres, tombés au bas de l’échelle après avoir été hissés au sommet de la pyramide. La chute est d’autant plus douloureuse et spectaculaire. Les touristes de la CNPP/PSD l’apprendront ainsi à leurs dépens quand ils seront bannis de l’Exécutif, mis sur le banc de touche au CDP avant de se voir interdire toute chance d’accéder à l’Assemblée nationale lors des dernières législatives.

Quelque deux années viennent de s’écouler après cette disgrâce royale et voilà que la branche morte de la CNPP/PSD tente de se réveiller à travers ce réquisitoire adressé à Roch Marc Christian Kaboré, et dont notre confrère "Le Pays" a eu la primeur dans son édition du week-end écoulé. Les signataires de ce brûlot, qui aurait pu être écrit par les chantres du tékré, ne laissent guère indifférent, puisqu’ayant été de tous les combats aux temps forts de la Coordination des forces démocratiques (CFD). Jugez-en donc :
 Pierre Joseph Tapsoba, ancien ministre, ancien député, secrétaire à la formation politique du CDP, membre du Bureau exécutif national ;
 Oubkiri Marc Yao, ancien ambassadeur, ancien premier vice-président de l’Assemblée nationale, 2e vice-président du CDP chargé des Relations extérieures, membre du Bureau exécutif national ;
 Moussa Boly, ancien député, ancien questeur de l’Assemblée nationale, secrétaire chargé de l’Emploi et de la Formation professionnelle, membre du Bureau exécutif national ;
 René Emile Kaboré, ancien ministre, député, membre du Bureau politique national ;
 Rakiswilgri Mathieu Ouédraogo, ancien ministre, membre du Bureau politique national ;
 Amadé Taho, ancien député, membre du Bureau politique national.

Ce sont ceux-là donc qui, aujourd’hui, reprochent au Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) « l’abandon du dialogue et du débat au profit d’une dérive autoritaire et sectaire ; la perte progressive et importante de la confiance des militants vis-à-vis de la direction du parti ; la peur, le manque de courage de beaucoup de militants dans l’expression et la défense de leurs idées ; la non-reconnaissance du mérite militant, à force de faire la promotion par copinage de gens inconnus comme militants au détriment de ceux qui se battent au quotidien sur le terrain politique ; la création et la suscitation de "vraies fausses crises" avec pour simple objectif l’humiliation de camarades pourtant dévoués à la cause du parti ; la division et l’exclusion avec une volonté non avouée, parce que non avouable de saper les fondements de la politique du président ; l’arbitraire dans l’établissement des listes électorales... » et nous en oublions.

Autant de griefs donc contre le parti du "tuk guili" par les anciens fiancés et qui ne manqueront pas d’alimenter la chronique les jours à venir. C’est un secret de polichinelle, on s’offre toutes les libertés quand on n’est plus lié, mais pourquoi maintenant, au moment où aucun observateur de la scène politique nationale n’ose parier le moindre kopeck sur l’avenir du parti présidentiel, qui s’annonce houleux quand le moment sera venu pour Blaise de tirer sa révérence ? Seraient-ce les prémisses de l’implosion tant annoncée du CDP ? En tout cas, depuis que Salif Diallo, premier vice-président du parti, ci-devant ministre d’Etat en charge de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques, chef suprême du CDP dans la région du Nord et fidèle des fidèles voilà maintenant un quart de siècle, a entamé lui aussi sa traversée du désert une certaine nuit pascale, les clairons du parti ont commencé à se taire.

Pour sûr, l’installation, en fin de semaine dernière, de la Fédération des associations pour la paix avec Blaise Compaoré (FDFAP/BC) en grande pompe n’est pas sans rajouter à la controverse ambiante aux portes de Kosyam. Alors, que la branche morte de la CNPP/PSD au sein du CDP se lamente et veuille recentrer le mode opératoire de la gestion du CDP ; ouvrir la voie à des réformes internes, voilà qui ressemble à la chronique d’un divorce annoncé. C’est d’ailleurs souvent de cette manière que se terminent les mariages de raison, mais comme le disent les juristes, nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude. D’ailleurs ce courant des rénovateurs version CDP parviendra-t-il jamais à faire bouger les lignes sans l’aval du grand sachem, dont le mutisme, qui confine au laisser-aller et au laisser-faire, commence à trop peser sur sa cour ?

Bernard Zangré

L’Observateur Paalga du 28 avril 2008

 



28/04/2008
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