L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Législatives 2007: On demande de “vrais” partis

Législatives 2007: On demande de “vrais” partis

La course pour les élections législatives, nonobstant les regroupements circonstanciels que l'on voit tant du côté de la mouvance présidentielle que de l'opposition va se dérouler de façon "parcellaire" pour nombre de partis politiques. En effet, après les corrections opérées par la CENI, seuls quatre partis iront en compétition à travers les 45 provinces du pays. Les autres se contenteront de quelques provinces, voire d'une portion congruë du territoire ; ce qui donne un aperçu de leur représentativité réelle et repose, du même coup, la sempiternelle question de "l'assainissement" du landerneau politique. Fondés, pour la plupart sur des objectifs électoralistes pour ne pas dire fruit du ressentiment personnel de leur géniteur, nombre de partis politiques ne le sont que de nom, le terme de "groupement d'intérêts" (économiques ?) leur convenant mieux. Et, ce sont ces "partillons" qui sont les plus aptes à inonder la presse, chaque fois que la démocratie est "atteinte dans ses fondements". Une rhétorique bien huilée que l'on sort souvent à dessein, les appels du pied qui la sous-tendent étant visibles comme une verrue au milieu du visage. Cette opposition de salon, adepte du verbiage s'est depuis longtemps discréditée auprès du "pays réel" dont elle se réclame pourtant à cor et à cri. A preuve, les scores qu'elle se ramasse à chaque scrutin, et qui sont le fait de sa faiblesse structurelle et de son manque de moyens qu'autre chose. Qu'on le veuille ou non, le processus démocratique burkinabè s'est affiné avec le temps et même si elle traîne certaines "scories" comme cette possibilité de voter avec plusieurs documents, les moyens de fraude vont considérablement diminuer. Bien sûr, il y a toujours moyen de "faire quelque chose", mais en dehors du fait qu'aucune démocratie n'est parfaite, l'honnêteté commande de dire que toutes les obédiences politiques "font quelque chose" lorqu'elles en ont l'occasion. On ne fait pas de la politique sans morale, mais on la fait plus en fonction de ses intérêts, ce qui, somme toute, est un sentiment bien humain. Il y a donc urgence pour les partis de l'opposition notamment à comprendre que "l'alternance" dont ils se gargarisent ne peut intervenir dans cette cacophonie où les alliés d'hier deviennent des ennemis irréductibles aujourd'hui avant de se réconcilier avec forces embrassades demain. Et, comme la limitation par le haut ne semble pas être à l'ordre du jour, c'est de leur "sens" politique que le salut devrait venir. A moins que ce méli-mélo ne leur profite, chacun flétrissant le "roi" en public pour aller quêter ses faveurs loin du regard du peuple qu'il prend pourtant à témoin sur les dérives de celui-ci. En définitive, la politique alimentaire a pris le dessus sur la défense des idéaux et les “mutants” continueront à peupler le paysage tant qu'il n'y aura pas une nouvelle race de politiciens. C'est cela aussi l'apprentissage de la démocratie.

Boubacar SY

Sidwaya du 5 avril 2007



05/04/2007
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