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Législatives au Togo : Première victoire : pas de non-partant officiel

Législatives au Togo 

Première victoire : pas de non-partant officiel

 

Exception faite de la polémique née autour de la caution à verser pour les candidats à la députation, fixée à 200 000 FCFA et jugée excessive  par certains acteurs du dialogue intertogolais, lors du 9e comité de suivi de l’Accord politique global (APG) tenu à Ouaga le 31 août dernier, de nombreux observateurs s’accordent pour dire que le processus politique commencé en juillet 2006 par la désignation de Blaise Compaoré comme facilitateur de cette palabre togolaise s’achemine vers un dénouement heureux. Car, sauf erreur ou ommission, depuis 1994, c'est la première législative digne de ce nom. Une première victoire, car tous les acteurs politiques sont partants pour ce jeu démocratique, en attendant de voir venir.

Certes les dernières grandes inondations, qui ont frappé les régions des  plateaux et celles des savanes, ont non seulement fait repousser la rentrée scolaire (proximité du scrutin oblige aussi), mais également failli perturber le timing du scénario électoral. Le chef de l’Etat en personne a dû s’engouffrer dans son hélicoptère pour  aller compatir aux souffrances des quelque 34000 sinistrés.

Une sortie sociale, mais aussi à fort relent politique, puisque le jeune Faure Gnassingbé en a profité pour rappeler à ses compatriotes la portée des législatives du 14 octobre prochain. Ainsi le président a rencontré les chefs coutumiers à Kpalimé pour leur dire de jouer leur partition, eux qui sont accusés à tort ou à raison de souffler sur des braises lors des scrutins : «Vos actions quotidiennes, vos rapports avec les administrés ainsi qu’avec les responsables politiques et de la société civile doivent s’inscrire résolument dans les voies tracées par l’APG, signé le 20 août à Ouagadougou». D’aucuns ont vu dans ce propos une véritable mise en garde des têtes couronnées qui sont souvent au centre de guéguerres pré et postélectorales. Du reste, ce même message a été adressé aux préfets, accusés carrément d’être à la remorque du pouvoir.

Démagogie ou réelle volonté du premier magistrat togolais de montrer qu’il tient vraiment à se faire un nom et surtout à organiser un scrutin propre ? En tout cas  après la fin du dépôt des listes des candidats, intervenue le jeudi 13 septembre, Faure a pris dans la foulée deux décrets en conseil des ministres : l’un convoque le corps électoral le dimanche 14 octobre 2007 pour les élections législatives, et les bureaux de vote s’ouvriront de 7 heures à 17 heures sur toute l’étendue du territoire national, sauf dans la commune de Lomé ou les bureaux fermeront à 18 heures. L’autre décret stipule que la campagne s’ouvrira le samedi 29 septembre 2007 à minuit et s’achèvera le vendredi 12 octobre à minuit.

Alea jacta est donc, comme diraient les latins. Les Togolais sont conscients qu’il leur faut «encore et toujours de la sagesse pour s'en sortir définitivement» (lire Regard sur l’actualité du 21  août 2007). Et chaque camp fourbit ses armes, car personne n’ignore l’enjeu de cette compétition : la cohabitation pour  le camp présidentiel avec un premier ministre  issu de l’opposition (scénario redouté par les thuriféraires du Rassemblement du peuple togolais, RPT) ou la majorité confortable  pour Faure, qui sera vraiment fort pour appliquer son programme. Sans oublier qu’une législative réussie  permettra de nouveau au Togo, sevré depuis 1993 pour cause de déficit démocratique d’être biberonné par l’Union européenne. Ce sera aussi la fin des 22 engagements souscrits par le Togo depuis 2003 avec ce partenaire stratégique.

La précampagne, qui a débuté, augure déjà des joutes à la hauteur des ambitions de chaque chapelle politique :

- l’Union des forces du changement (UFC) tient déjà meeting sur meeting et a investi 162 candidats pour briguer les sièges en jeu. Parmi eux : Gilchrist Olympio, son leader charismatique, ou son non moins célèbre secrétaire général, Jean-Pierre Fabre. Le processus issu de l’APG a tenu son pari ;

- Solitoki Esso, le SG du RPT, lui aussi cultive un certain optimisme quant à l’issue du processus, car pour lui également chaque acteur a joué sa partition, surtout la CENI, qui a ferraillé pour relever  les  défis qui avaient pour noms : recensement et confection de cartes d’électeur avec photo numérisée.

Les mêmes tonalités se font entendre de la part du Comité d’action pour le renouveau (CAR) du premier ministre, Yaovi Agboyibo, ou encore de l’homme au verbe acéré, Léopold Gnininvi, patron de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA)  et de Zarifou Ayeva, président du Parti des démocrates pour le renouveau (PDR).

On le voit, les législatives de ce 14 octobre sont celles de tous les espoirs et de tous les dangers, car après la calamiteuse présidentielle d’avril 2005 les Togolais veulent montrer qu’ils peuvent rééditer ce qui s’est passé en 1994, où plusieurs partis se sont affrontés à la loyale avec  à la clef une victoire dans un mouchoir de poche de l’opposition radicale, à qui serait revenue la primature si certains opposants modérés, (notamment l’Union du travail et de la démocratie, UTD, d’Edem Kodjo et certains partis croupions) n’avaient pas rejoint avec armes et bagages le RPT.

Pour le moment, chaque parti espère engranger le maximum de sièges des 81 à pourvoir. Qui sera majoritaire au soir du 14 octobre ? Togolais, aux urnes et donnez votre verdict !

 

La rédaction

L’Observateur Paalga du 17 septembre 2007



17/09/2007
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